D'autres vies que la mienne de Emmanuel Carrère

D'autres vies que la mienne de Emmanuel Carrère

Catégorie(s) : Littérature => Francophone

Critiqué par Alma, le 21 avril 2009 (Inscrite le 22 novembre 2006, - ans)
La note : 7 étoiles
Moyenne des notes : 8 étoiles (basée sur 18 avis)
Cote pondérée : 7 étoiles (644ème position).
Visites : 7 754 

Chronique d'une mort accidentelle et d'une mort annoncée

Extrait de l’ouvrage, repris en 4e de couverture :
« À quelques mois d'intervalle, la vie m'a rendu témoin des deux événements qui me font le plus peur au monde : la mort d'un enfant pour ses parents, celle d'une jeune femme pour ses enfants et son mari. Quelqu'un m'a dit alors : tu es écrivain, pourquoi n'écris-tu pas notre histoire? C'était une commande, je l'ai acceptée. C'est ainsi que je me suis retrouvé à raconter l'amitié entre un homme et une femme, tous deux rescapés d'un cancer, tous deux boiteux et tous deux juges, qui s'occupaient d'affaires de surendettement au tribunal d'instance de Vienne (Isère). Il est question dans ce livre de vie et de mort, de maladie, d'extrême pauvreté, de justice et surtout d'amour. Tout y est vrai »

D’AUTRES VIES QUE LA MIENNE est non seulement l’histoire de ces deux événements mais aussi celle de l’élaboration de cet ouvrage de commande qui révèle en même temps les protagonistes et Carrère lui-même dans ses relations avec les personnages qu’il interroge et avec sa propre famille , dans la réflexion sur ce travail d’écriture particulier qu’il compare ou oppose souvent à une de ses œuvres antérieures : L’ADVERSAIRE .

Roman de la mort et du deuil, il est aussi celui de la renaissance puisque il s’ouvre sur la proximité d’un rupture entre l’auteur et sa compagne, se poursuit par la persistance de leur lien amoureux et se termine sur l’évocation de leur bonheur soudé par la naissance d’une petite fille .

D’une écriture sobre, sans effets, qui refuse le pathétique mais qui vise à l’efficacité et la précision , la narration comporte aussi des passages pouvant paraître un peu longs et techniques sur les questions de surendettement et sur les litiges qu’elles entraînent .

Un ouvrage qui prend à la gorge mais porte un regard lucide et frontal sur le cancer et sur la mort en dehors de toute référence religieuse .

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Fadasse

5 étoiles

Critique de Pacmann (Tamise, Inscrit le 2 février 2012, 55 ans) - 22 janvier 2015

Avant d’aborder ce qui est sans doute un des livres marquants de la dernière rentrée littéraire, soit “Le Royaume”, je souhaitais me familiariser avec l’écriture d’Emmanuel Carrère, à son style, à son approche narrative.

Soit il s’agit ici d’un mauvais exemple puisqu’on n'a pas véritablement affaire à un roman, soit je n’ai simplement pas pu accrocher pour une raison ou l’autre, quoi qu’il en soit, je n’ai pas trouvé ce bouquin emballant.

L’auteur est très descriptif et relate la vie des personnages sur un ton assez détaché sans même faire l’effort de raconter une ou deux histoires du malheur lié tantôt au tsunami de janvier 2004, tantôt au drame du cancer.

Peut-être devrais-je essayer un vrai roman avant de me faire une véritable opinion, mais ici, pas de quoi fouetter un chat.

Vous êtes morts et je suis vivant

9 étoiles

Critique de Maxibapt (, Inscrit le 23 août 2009, 47 ans) - 18 janvier 2015

Livre un peu curieux en 2 parties qui ne sont pas réellement indispensables l'une à l'autre. Livre à la manière d'Emmanuel Carrère où l'auteur se met en scène pour mieux parler des autres. Livre un peu OLNI !

Si l'auto fiction est à mon avis souvent indigeste, ce n'est pas le cas chez Carrère. Elle complète et donne plus d'humanité au récit.

La deuxième partie, plus longue, m'a vraiment touché, avec même quelques larmes qui me sont montées au yeux. C'est fort, beau, triste et en même temps plein de vie. Ce livre donne envie de se battre et de se rapprocher des êtres aimés quand on est confronté à un drame. C'est quand-même pas mal, non ?

Notons aussi Toutes nos envies un film + ou - inspiré du livre avec un Vincent Lindon parfait.

Carrère est vraiment un auteur à découvrir ou suivre !

Titre porteur et évocateur

8 étoiles

Critique de Lolita (Bormes les mimosas, Inscrite le 11 décembre 2001, 34 ans) - 24 mars 2014

Emmanuel Carrère nous parle d'autres vies, qui ont profondément laissé leur empreinte dans son histoire à lui. Ces autres vies, ce sont celles de deux Juliette : la première, toute jeune fille emportée par le tsunami au Sri Lanka en 2004 ; la deuxième, sa belle-soeur, magistrate et atteinte d'un cancer incurable.
Ces vies, ce sont aussi, celles de ces parents dévastés par la mort de leur enfant, mais aussi, celles des filles de Juliette, ses amis, ses collègues...

L'auteur décrit avec justesse et émotion sans tomber dans le pathos ces tranches de vie. On lit cet ouvrage un peu comme un journal, sobre, puissant et juste. Car c'est bien à partir d'un évènement ayant touché des milliers de personnes, qu'indirectement, la vie de l'auteur a elle aussi changé. Le deuxième évènement va davantage changer sa façon de voir la vie, d'appréhender le bonheur, il s'analyse et se découvre....

Un magnifique roman, qui remue au plus profond de soi.

Décousu.

7 étoiles

Critique de Tistou (, Inscrit le 10 mai 2004, 64 ans) - 10 décembre 2012

Le titre annonce la couleur : « d’autres vies que la mienne ». Emmanuel Carrère va donc nous parler d’autres vies que la sienne ? En fait oui, … et non. Puisque ces autres vies ont un sérieux lien avec la sienne propre. Et puis après tout, qu’y a-t-il de si original pour un romancier de s’épancher sur d’autres vies que la sienne. C’est son fonds de commerce, non ?!
Le problème c’est que l’ouvrage est par le fait assez décousu, et déséquilibré. Dommage, car intéressant, car bien écrit, pas seulement relatant d’autres vies mais cherchant à comprendre pourquoi d’autres vies, comment d’autres vies … Et pas des vies simples. D’ailleurs, à bien y réfléchir ce n’est pas à d’autres vies que la sienne qu’Emmanuel Carrère s’intéresse. Mais à d’autres morts. Car les deux vies dont il nous parle sont surtout deux morts. Des morts terribles, injustes …
D’abord la vie-la mort d’une toute jeune, très jeune fille, au mauvais endroit au mauvais moment. Je veux dire sur une plage indonésienne un jour de tsunami. Pourquoi Emmanuel Carrère nous en parle-t-il, me direz-vous ? C’est qu’il a vécu ce moment là-bas, qu’il a côtoyé la douleur insondable des parents qui en ont réchappé. (vous voyez, quand je vous disais qu’il s’agissait surtout de mort !)
Alors il introspecte, il décortique, et c’est très juste. En fait il exorcise. Pour lui, pour ceux qui l’ont vécu ce tsunami. Mais cette partie est somme toute assez courte dans l’ouvrage. Il va très vite embrayer avec :
La mort d’un cancer de sa belle-sœur, juge d’Instance à Vienne, dans l’Isère. Là encore, il ne s’agit pas d’un choix anodin. Il est directement touché par cette mort, via sa femme au moins … Et c’est d’autant plus mémorable pour lui qu’à l’occasion de cette mort il est amené à découvrir qui était réellement cette femme – une Grande Juge, expliquera un de ses collègues qui joue un grand rôle dans l’ouvrage d’Emmanuel Carrère – C’est donc autant un moyen de lui rendre hommage que d’exorciser là encore cette peur, ce sentiment d’injustice que nous avons le plus souvent devant la mort. Emmanuel Carrère comme les autres.
C‘est très sensible. Ca vous fait fréquemment monter les larmes aux yeux (et ce n’est pas pratique en conduisant et moi je l’ai écouté, lu sur mp3, sur la route) mais ça fait un ouvrage bancal. Cela dit Emmanuel Carrère est honnête, il ne cache rien de la genèse de cet ouvrage ni de la manière dont ce fut mené à bien.
D’autres vies que la sienne, donc …

L'amour, la mort, la justice.

7 étoiles

Critique de Falgo (Lentilly, Inscrit le 30 mai 2008, 80 ans) - 29 novembre 2011

Emmanuel Carrère procède parfois de curieuse manière pour composer ses livres. Il dit avoir voulu affronter deux peurs: celle de perdre un enfant (première histoire), celle de perdre sa femme (deuxième histoire). Le lien entre les deux récits n'a rien d'évident. Il l'est peut-être pour l'auteur, toujours très présent dans les deux récits qu'il parsème de réflexions sur lui-même et son couple, moins pour le lecteur. Cela nous vaut deux parties. La première retrace les affres de plusieurs personnes entraînées dans la désolation du tsunami asiatique, assez banale et peu intéressante.
La seconde, par contre, entremêle la description des derniers moments d'un jeune femme atteinte à 33 ans d'un cancer incurable et la recension de ses activités comme juge de première instance. Celles-ci sont décrites avec un exemplaire souci de précision et d'exhaustivité qui permet au lecteur de comprendre la démarche des juges qui tentent de protéger des citoyens démunis contre de peu scrupuleux organismes de crédit. Là, Carrère rappelle Zola par sa capacité à décrire des situations et montrer de manière très crédible le travail proprement juridique de ces juges dans leur tentative d'associer respect de la morale et respect du droit. Dans le même temps il retrace avec une étonnante finesse psychologique tous les mouvements qui entourent les derniers moments de cette juge.
Un livre étrangement déséquilibré qui témoigne de l'originalité, de la justesse, du sens de la nuance, de la profondeur dont Carrère est capable lorsqu'il parle de la vie quotidienne d'anti-héros, de l'amour et de la mort.
Par contre Carrère m'irrite par l'imprécision de son contexte. Deux exemples.
La "clinique protestante" n'a jamais été à Fourvière, mais a déménagé il y a peu du quartier de la Croix-Rousse à la ville limitrophe de Caluire et Cuire.
Plus grave. Il s'enthousiasme en attribuant à Béatrix Beck une phrase sur l'intérêt ambigu présenté par une visite. Or celle-ci se trouve dans un recueil du 19° siècle intitulé "La plaisante sagesse lyonnaise", soit p. 58: "On fait toujours plaisir aux gens en leur rendant visite: si c'est pas en arrivant c'est en partant."
Il est vrai que l'on a complaisamment attribué à un autre Grand Flandrin une autre sentence tiré du même recueil p. 47: "T'énerve donc pas. Il faut laisser du temps au temps."

Une gêne indéfinissable...

6 étoiles

Critique de Pieronnelle (Dans le nord et le sud..., Inscrite le 7 mai 2010, 72 ans) - 6 septembre 2011

Je suis gênée concernant ce livre. Les thèmes abordés sont très forts, le premier, du domaine de l'insupportable (la perte d'un enfant), le second tout aussi insupportable mais qui nous touche tellement plus fréquemment. J'ai compris la façon de les aborder avec pudeur, même un certain retrait, mais je n'ai pu "rentrer" dans cette écriture froide qui elle, n'a pu me toucher. Il est rare que j'intervienne pour critiquer un livre que je n'ai pu finir (tout aussi rare). Aussi j'en suis mal à l'aise, je crains d'avoir confondu le fait de "rejeter" inconsciemment ces choses insupportables avec le style raide et pour moi "en dehors" de ce dont il veut témoigner. J'apprécie Emmanuel Carère, j'ai aimé "La moustache" qu'il a réalisé au cinéma et l"l'adversaire"; il n'est pas toujours facile à aborder mais toujours intéressant. Peut être que son style se prête plus au cinéma.
Mais voilà, ce livre n'est pas passé. Même le titre m'a gêné: 'D'autres vies que la mienne"; il semble vouloir dire "Moi, je découvre les autres" alors que ça me parait tellement évident, et qu'il n'est pas forcément nécessaire de connaitre les gens concernés par ces épreuves pour qu'elles nous touchent. Mais c'est peut être ce qui explique ce style qui ne veut pas se laisser envahir par l'émotion et je respecte cette façon de l'exprimer.
J'en suis désolée, d'autant que beaucoup de critiqueurs que j'apprécie l'ont aimé. Alors j'interviens uniquement pour le cas ou d'autres auraient ressenti la même chose que moi ; afin de ne pas rester sur ce sentiment de culpabilité...

La force de l'épreuve

8 étoiles

Critique de Isis (Chaville, Inscrite le 7 novembre 2010, 75 ans) - 13 décembre 2010

«Ce qui ne nous tue pas, nous rend plus fort» (Nietzsche). Les épreuves de la vie font nécessairement grandir ceux qui parviennent à les dépasser, lorsqu’elles viennent les atteindre personnellement.
La famille de ces deux Juliette disparues –la petite et la grande- ayant demandé à l’auteur de se faire l’interprète de leur histoire, celui-ci va aussi tirer profit dans sa propre vie de cette double leçon de courage, en tant que témoin direct de ces deux drames.
A mi chemin entre l’essai et l’autobiographie, cet ouvrage très fort sur le cancer, la mort et surtout l'amitié et l’amour reste empreint d’une grande pudeur et d'une belle délicatesse ; même si la tristesse et le deuil sont omniprésents, l’espérance reste indéfectible : la vie triomphe au-delà de la mort à travers de nouvelles (re)naissances : l’enfant que les jeunes parents si durement éprouvés auront plus tard et celui qui viendra sceller l’union de l’auteur et de sa compagne. Certains passages pourront dérouter, non seulement par la dureté des thèmes abordés face à cette maladie encore taboue à plus d’un titre, mais encore par la technicité de l’argutie juridique largement développée par l'auteur dans quelques affaires complexes de surendettement. Il faut dire que Juliette et Etienne, tous les deux magistrats et…touchés par le cancer ont mené ensemble un double combat à la fois contre la maladie et pour la défense des clients des organismes de crédit les plus vulnérables, victimes du piège de la consommation. Une véritable croisade salvatrice dans leur cas. A lire et à méditer.

Born to be live.

8 étoiles

Critique de Hexagone (, Inscrit le 22 juillet 2006, 49 ans) - 28 novembre 2010

Je viens de terminer " D'autres vies que la mienne" , tout simplement beau. Pas de voyeurisme, mais de la simplicité, de l'authenticité dans le récit. L'auteur se place à bonne distance des sujets et ne s'immisce pas dans ce qui fait la nature des êtres. Il accompagne au delà des rivages de la vie, la famille et les défunts. De grands moments qui laissent pantois surtout quand on connait ce dont l'auteur s'est emparé. Une tâche qu'il remplit dignement. La différence de lecture peut se faire si l'on est touché par le fléau du cancer ou de la mort. Pour ma part je n'y ai vu aucun voyeurisme, je ne me suis jamais cru dans une émission de télé-réalité, mais dans la réalité. Pas de complaisance et surtout un livre qui révèle la grande dignité de certains hommes et femmes face à la mort. Un livre sur la vie, sur la joie en tout cas pour moi pas un livre sur la mort. Une belle découverte.

Magnifique, tout simplement

10 étoiles

Critique de Gabri (, Inscrite le 28 juillet 2006, 34 ans) - 29 juillet 2010

La vie, l’amour, la mort, le deuil, la maladie… Tout ça est abordé dans ce récit qui est probablement l'un des plus poignants qu’il m’ait été donné de lire jusqu’à présent. Les deux histoires auxquelles l’auteur a été confronté dans la réalité sont à elles seules extrêmement touchantes et elles l’auraient probablement été sous n’importe quelle plume. Ce sont des histoires universelles, dont personne n’est à l’abri et qui ne peuvent pas ne pas toucher.

Mais dans ce livre, l’auteur va au-delà de la tragédie et c’est ce qui en fait selon moi un récit absolument magnifique. J’ai trouvé que le ton était toujours juste, qu’on n’en mettait jamais trop, que le but n’était jamais de faire pleurer même si on pleure quand même, et que malgré tout le côté sombre de ces tragédies, l’auteur réussissait tout de même à en faire quelque chose de beau. Il raconte la vie, en quelque sorte, et même si c’est triste, on ne s’émeut pas seulement parce que la tragédie est triste mais parce que c’est raconté avec énormément de sensibilité et délicatesse. Un vrai tour de force, et mon premier coup de cœur depuis bien longtemps…

En émoi

10 étoiles

Critique de Manumanu55 (Bruxelles, Inscrit le 17 février 2005, 41 ans) - 8 juin 2010

Cette lecture a été une claque pour moi, une véritable.
La première partie (le tsunami) n’est qu’une introduction. Mais déjà le lecteur est confronté à beaucoup d’émotions.
Mais alors, dans le cœur de l’œuvre, quand l’auteur rencontre de nombreuses fois Etienne, le collègue-confident, puis Patrice, le mari, on se sent vraiment inclus dans cette histoire. Des réflexions sur le cancer, sur la vie de famille, sur le droit (Juliette et Etienne étaient juges, de bons juges dit Etienne d’ailleurs, voulant changer les choses), sur tellement de domaines qui intéressent. Et puis leurs relations amoureuse ou amicale avec Juliette prennent vraiment aux tripes.
Juliette, Patrice (et ses petites filles !), Etienne… mais aussi Philippe, Delphine, Jérôme (concernés par le témoignage « tsunami »), je voudrais les connaître vraiment, voir par moi-même leur force de leur caractère…
C’est à lire, cet ouvrage. A relire aussi. Emmanuel Carrère dit avoir changé, évolué à travers cela. Ca ne m’étonne absolument pas. Des témoignages comme ceux-là, on ne peut pas passer à côté…

paye ta boite de kleenex !

9 étoiles

Critique de Luange (, Inscrite le 25 novembre 2008, 38 ans) - 29 mai 2010

ô combien c'est dur d'être imposé ainsi comme le témoin de vies meurtries par la perte... mais c'est ainsi que l'on peut prendre pleinement conscience de l'aspect cruel de l'amour ! un témoignage qui déchire les coeurs...

Des témoignages bouleversants

9 étoiles

Critique de Marvic (Normandie, Inscrite le 23 novembre 2008, 61 ans) - 13 janvier 2010

Beaucoup de talent dans la narration de ces deux drames qui ont croisé la vie de l'auteur.
De l'humanité, de l'empathie, du respect, de l'admiration pour ces gens confrontés aux drames.
Emmanuel Carrère réussit à nous faire partager au plus juste les vies, les bonheurs et les malheurs de toutes ces personnes qu'il a rencontrées.
Pas convaincue par "L'adversaire" mais complètement bouleversée par ces témoignages.

Des vies qui me touchent

10 étoiles

Critique de Pascale Ew. (, Inscrite le 8 septembre 2006, 53 ans) - 11 janvier 2010

Emmanuel Carrère se fait le « portraitiste » de ce qui lui fait « le plus peur au monde : la mort d’un enfant pour ses parents, celle d’une jeune femme pour ses enfants et son mari. La vie m’a fait témoin de ces deux malheurs, coup sur coup, et chargé (...) d’en rendre compte. » Il parle du tsunami lors de ses vacances au Sri Lanka, puis du décès de sa belle-sœur d’un cancer.

Ce livre est MA-GNI-FI-QUE ! Je l’ai lu d’une traite. Le ton est d’une grande justesse, sobre. Il parle de la Vie : parce qu’il parle de la mort, de la maladie, du handicap, ... Il parle des vies qui le touchent et lui font toucher du doigt son bonheur. Grâce à ces vies, Emmanuel a pris la décision de s’investir dans sa vie amoureuse au lieu de la laisser se déliter et se dit à présent heureux.

Je suis particulièrement touchée par ces témoignages et réflexions sur le cancer et ses causes psychiques, la juste attitude du confident, des amis et de la famille face à la fin de vie et à la mort.

De la VRAIE émotion sans pathos ... un tour de force !

9 étoiles

Critique de NQuint (Charbonnieres les Bains, Inscrit le 8 septembre 2009, 48 ans) - 8 septembre 2009

J'ai lu ce livre en une soirée lors d'un nuit d'insomnie (potentiellement causée par l'addiction au livre d'ailleurs ...) et il m'a laissé sur le rivage de mon canapé, vers 3h30, aux bord des larmes. Au bord des larmes ? Bien sûr, à ces heures de la nuit, on est plus sensible qu'en pleine lumière, ceci dit, cela faisait longtemps qu'un livre ne m'avait pas produit cet effet.
Emmanuel Carrère raconte 2 drames qu'il a vécu de façon indirecte : la mort d'un enfant lors du Tsunami de 2004 au Sri-Lanka puis la mort de la soeur de sa compagne, en pleine trentaine, d'un cancer. Tout cela sent le bon gros pathos mais Carrère s'en tire en haute-voltige, sans jamais forcer le trait ou en faire trop. Il laisse entrevoir l'indicible mais aussi permet de sentir la chaleur humaine, la dignité, la force mais aussi la lâcheté, la vanité ou encore l'égoïsme.
Il joue sur l'ensemble de la palette des sentiments humains avec grâce et donne à ce roman un goût de vie pure, dans toutes ces nuances et ses mélanges.
Carrère avait déjà attiré mon attention avec 'L'adversaire', inspiré librement du fait divers Jean-Claude Romand, roman qui m'avait un peu déçu, non par l'écriture mais par son inspiration même. J'avais été marqué par ce fait divers (comme beaucoup de monde) et la liberté prise autour du sujet m'avait dérouté.
Par contre, son roman précédent, "Un Roman Russe", était de très bonne facture.
Cet écrivain est réellement une valeur sûre.

des histoires de vie, d'amour, de mort

10 étoiles

Critique de Clara33 (, Inscrite le 29 septembre 2008, 73 ans) - 13 juillet 2009

Ce livre se compose de plusieurs histoires, deux drames qui touchent une petite fille et une jeune femme toutes deux prénommées Juliette.
Emmanuel Carrère, témoin et proche de ces événements ressent une vive empathie pour ces familles endeuillées. il veut reconstituer ces vies au plus près de leur terrible réalité. Il fait témoigner les proches. Il n'hésite pas à dire tout ce que l'on cache d'habitude dans ces histoires de catastrophe, de maladie et de deuil.
C'est une "pâte" humaine qui est au coeur de ce livre: la catastrophe, le cancer, la chimiothérapie mais aussi les combats des juges pour la défense de petites gens endettés et bien sur l'amour, le vrai qui illumine ce récit (beau portrait de Fabrice, admirable mari de Juliette et père courage de trois petites filles).
Tous ces éléments nous touchent profondément. Le livre nous raconte de vraies histoires, celles qui font très peur. Des vrais gens ont souffert:des parents ont perdu leur petite Juliette, victime du Tsunami; un juge ne pourra plus jamais revivre des moments de complicité professionnelle avec une collègue; un mari a perdu sa femme adorée d'un cancer; des petites filles grandiront sans leur mère.
Je viens de terminer ce livre, lu presque d'une traite car on ne peut le lâcher. Dire que je suis bouleversée est un doux euphémisme. Je suis comme le boxeur, Ko debout. C'est dire, si j'ai été touchée par ces vies autres que la mienne, ces histoires noires où le bonheur, l'amour, la mort s'enchevètrent à un rythme fou, celui de la vie qui va et qui repart.

Cheminement intérieur de l'auteur au contact du malheur des autres

10 étoiles

Critique de Lisdoonvarna (, Inscrit le 3 mai 2009, 52 ans) - 3 mai 2009

Cette sorte d'auto-roman (se raconter soi en racontant le drame des autres) m'a passionné. C'est un livre qui pourrait sombrer dans le pathos, et qui, bien que bouleversant est en réalité très solaire. De très belles pages sur l'amitié, l'amour, la mort et le courage (celui qui permet de trouver la force de lutter, d'aller de l'avant...).

journalisme ou littérature ?

2 étoiles

Critique de Crosp (, Inscrit le 18 novembre 2007, 43 ans) - 25 avril 2009

J'aime la littérature.
Le tsunami, la mort d'une enfant, la mort tragique d'une belle-soeur et les dossiers de surendettement relèvent pour moi d'un journal d'informations et pas de littérature.
Ceci n'est donc pas un bon roman selon moi.
J'ai cherché la beauté, l'émotion.
J'ai eu l'impression en permanence d'être un voyeur dans une émission de télévision qui nous donne en spectacle des proches de victimes sans aucune pudeur.
Malaise.
Mauvais Livre.
Bonne Presse.
Je ne le conseille pas, d'autant plus que l'auteur se confesse même sur l'originie de son idée pour le livre. Il n'y a plus de mystère, plus de retenue, plus de pudeur ... cet exhibitionnisme d'émotions ultra-violentes n'a, pour moi, aucune valeur.

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