Histoire des Treize, roman 3 : La Fille aux yeux d'or de Honoré de Balzac

Histoire des Treize, roman 3 : La Fille aux yeux d'or de Honoré de Balzac

Catégorie(s) : Littérature => Francophone

Critiqué par Killeur.extreme, le 13 avril 2009 (Genève, Inscrit le 17 février 2003, 39 ans)
La note : 8 étoiles
Moyenne des notes : 7 étoiles (basée sur 4 avis)
Cote pondérée : 5 étoiles (24 649ème position).
Visites : 3 749 

"Histoire des Treize" 3/3

Ce troisième roman de l'histoire des Treize met en scène Henry de Marsay, membre de l'organisation des Treize, il tombe amoureux de Paquita, "la fille aux yeux d'or" Amour passionnel, Marsay est prêt à tuer Paquita si elle a des sentiments pour une autre personne que lui, et réciproquement, mais Paquita n'est pas libre, sa maîtresse (au sens propre du terme) la Marquise de San-Real est également passionnément amoureuse de la jeune fille...

Comme dans "Ferragus" et la "Duchesse de Langeais", "La fille aux yeux d'or" la fatalité a une place importante. Ces trois récits ont en commun des amours contrariés, à noter que si Balzac a pu raconter ses histoires, c'est parce que les Treize ont échoué dans chacune d'entre elles, d'ailleurs Balzac fera intervenir les Treize comme excuse quand un mystère aura lieu dans un de ses autres romans (ou quand une intrigue sera trop tirée par les cheveux), ça voudra dire que les Treize ont réussi. C'est dans cette série que Balzac aura l'idée de réutiliser des personnages et qu'il appliquera le principe de la "Comédie humaine".

Bien sûr les descriptions du début en rebuteront certains, mais si on les passe la récompense est grande, Balzac est décidément un grand écrivain qui a réussi à inventer son univers. Ce roman est dédié à Delacroix, Balzac ayant l'ambition d'exprimer avec des mots ce que le peintre fait avec ses pinceaux.

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Pas vraiment

2 étoiles

Critique de Monocle (tournai, Inscrit le 19 février 2010, 61 ans) - 2 janvier 2021

Avant tout, une explication sur le sens du titre : l'idée de l'histoire des treize, société secrète d'hommes « assez forts pour se mettre au-dessus de toutes les lois, assez hardis pour tout entreprendre, et assez heureux pour avoir presque toujours réussi dans leurs desseins », n'est guère nécessaire pour lire, comprendre ou interpréter la trilogie.

Le texte du troisième volet commence par une longue, très longue description du Paris. Un Paris noir, celui des ruelles obscures qui jouxtent les jardins et les parcs.
De MARSAY aperçoit un jour aux jardins des Tuileries une femme d'une beauté somptueuse. S'ensuivent quelques lettres secrètes, un rendez-vous obscur, des phrases mystérieuses, une nuit d'amour torride, des mots à ne pas dire. Ce mélange assez difficile à absorber aboutit bien sûr à la recette "amour - mort - couvent".
Qu'en penser : Pour ma part j'ai été noyé par une histoire alambiquée, décorée par des formules "passe-partout". probablement le texte de Balzac qui m'a le moins accroché.

En 1835, la critique se déchaîne contre cette nouvelle. « Ce roman est tout simplement absurde, de tout point immoral et impossible. » déclare un lecteur dans la revue de Paris.
Autre commentaire... "Eh bien ! savez-vous ce qu'imagine aujourd'hui M. de Balzac ? Savez-vous où il va prendre ses héroïnes ? quelles mœurs il nous représente ? quand le mot de l'énigme s'est enfin révélé, j'ai pensé qu'il eût mieux valu que le jour ne se fût jamais levé sur cette ténébreuse apocalypse. Il est des choses qu'il ne faut pas savoir, dont on peut fort bien parler dans un déjeuner de garçons, après le champagne, mais qu'il est tout-à-fait inutile de raconter et d'enseigner aux dames. » « Pour rentrer en grâce », Balzac doit "retrouver l'inspiration et le style d'EUGENIE GRANDET, de la FAMILLE CLAES, de toutes ces histoires qu'il conte si bien".
Dans le Petit courrier des dames (30 novembre 1835) : « Nous ne recommandons la lecture de ce monstrueux drame qu'à celles de nos lectrices dont les nerfs ne seront pas trop délicats, et encore ne vaudrait-il pas mieux s'abstenir, malgré tous les charmes de Paquita, de faire la connaissance avec elle, et surtout avec M. Henri et sa terrible sœur, qui ne peut passer, d'après le sens que nous donnons à ce mot, pour une femme de Balzac ? » Quant à Henri de Marsay, ce « n'est pas un homme du meilleur des mondes, c'est une créature infernale née du cerveau de M. de Balzac, comme presque tous ses hommes, pour faire ombre à la femme. »


PERSONNAGES :

– CHRISTEMIO : mulâtre, domestique de Paquita Valdès, compagnon de la mère de celle-ci.

– Lord DUDLEY : père de Henri de Marsay et de la marquise de San-Réal (figure dans Le Lys dans la vallée, Une fille d'Eve, Le Cabinet des Antiques, La Rabouilleuse).

– Paul de MANERVILLE : confident d'Henri de Marsay (figure dans Le Bal de Sceaux, Le Contrat de mariage, Illusions Perdues, Le Cabinet des Antiques, La Rabouilleuse).

– Henri de MARSAY (1792-1838) : ce sont en quelque sorte les débuts de ce dandy parisien, qui apparaît ou reparaît dans plus de vingt romans, et y fera carrière.

– Marquis de RONQUEROLLES : voir Ferragus et La Duchesse Langeais.

– Margarita-Euphémia Porrabéril, marquise de SAN-REAL : fille de Lord Dudley, amante de Paquita Valdès, la fille aux yeux d'or. Elle se retire au couvent.

Une passion coupable

10 étoiles

Critique de Veneziano (Paris, Inscrit le 4 mai 2005, 43 ans) - 13 avril 2020

Henri de Marsay est un jeune aristocrate parisien, qui croise donc, à ce titre, le meilleur et surtout le pire de la population parisienne, de la classe ouvrière à la pègre, dont il est établi une longue description dans cette grande ville grouillante et passablement interlope. Puis notre nobliau rencontre un jour une jeune femme aux grands yeux d'or, et ils s'éprennent l'un pour l'autre en un coup d'oeil. Il fait tout pour la revoir, et la passion grandit. Or, il apprend que Paquita, jeune espagnole, doit rester au service de la personne qui l'aime et l'héberge, alors qu'Henri est prêt à tuer pour elle, voire la tuer si elle fréquente quelqu'un d'autre.
La situation se complexifie pour rapidement sentir le soufre à plein nez. Il se rend chez elle, prêt à en découdre, finit par se confronter à la marquise de San Real, une femme donc, qui couve de passion dévorante cette créature au regard si particulier. Et l'aristocrate espagnole décide de l'issue de cette histoire, qui se laisse passablement deviner.
A l'instar des deux premier opus de ce triptyque, la Fille aux yeux d'or offre un nombre impressionnant de rebondissements, dans le cadre d'un environnement fort sombre et criminogène. Balzac nous entraîne dans le mal qui habite les grandes villes, pour nous en faire explorer le pire, qui présente pourtant bien des attraits. C'est tout le paradoxe qui constitue le sel de cette trilogie, rondement menée, avec un style inimitable.

Lu à Perros-Guirec en juillet 1999, relu pour l'occasion.

Un objet très curieux mais qu'on aime bien quand même !

8 étoiles

Critique de Cédelor (Paris, Inscrit le 5 février 2010, 49 ans) - 30 mars 2020

« La Fille aux yeux d’or » 3ème et dernière histoire de « Histoire des Treize », ce que j’ignorais avant d’entamer par ce livre, qui comprend aussi « La Duchesse de Langeais », le numéro 2 de la série, que j’ai précédemment critiqué. Il me faudra donc que je lise aussi « Ferragus », premier de la série, pour bien faire, livre que j’aurai lu après les deux qui suivent.

Mais revenons à cette fille aux yeux d’or. Elle est d’une exceptionnelle beauté, voluptueuse à souhait et ses yeux sont couleur d’or. Elle se promène dans les jardins des Tuileries sous la stricte surveillance d’une duègne farouche et nombre de jeunes gens l’ont remarquée et désirée sans pouvoir l’aborder. Mais parmi tous ces jeunes gens, un seul a touché son cœur, c’est Henri de Marsay, beau et blond comme Apollon. Dans ce récit, la couleur de l’or a une grande importance. Si Balzac a fait couleur d’or les yeux de cette fille, ce n’est pas par hasard. L’or est ce qui a toujours fait remplir de désir les gens, l’or, l’argent. Le désir d’or, le désir de sexe, voilà ce qui a toujours fait tourner la société. Balzac d’ailleurs parle du fouet de l’or et du plaisir qui flagelle incessamment la société entière de haut en bas.

C’est d’ailleurs par là qu’il ouvre le récit de la Fille aux yeux d’or, par une étonnante description de la société de Paris, en partant des plus basses classes jusqu’aux plus hautes, où aucune ne réchappe à son observation à la fois cynique et lucide des travers de la multitude humaine qui compose notre capitale, à la fois pitoyable et impitoyable, et toujours d’actualité ! Un véritable morceau d’anthologie. Sans doute, veut-il décrire la réalité humaine qu’il voit toujours traversées des mêmes passions pour l’argent et le plaisir.

L’argent, le plaisir, on les retrouve dans l’histoire de la Fille aux yeux d’or qui s’ensuit. Toujours le désir de l’or, le désir de la volupté, qui agitent les hommes comme les femmes. Balzac va, avec cette histoire, loin dans la perversion et l’immoralité. Son récit verse parfois dans l’immonde. Le crime, le sexe, la soif de l’or qui corrompt. Et une fin sanglante à souhait. Dans son genre, c’est aussi un morceau d’anthologie. Je découvre Balzac capable de faire dans le scabreux, lui qui a décrit les sentiments les plus élevés et les plus purs dans le poétique « Lys dans la vallée ». Une preuve de plus de son merveilleux talent éclectique.

Toutefois, même si c’est toujours bien écrit et travaillé dans le plus pur style balzacien, l’ensemble m’a paru quand même déséquilibré, comme coupé en deux, entre une première partie d’analyse sociologique boursouflé, et une seconde partie d’un romantisme fou et extrême. Assurément un objet très curieux, qui laisse interrogatif, perplexe, mais qu’on aime bien quand même !

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