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un Jekyll and Hyde moderne?
Quatrième de couverture
Jean-Paul Guillaume, irréprochable professeur d'allemand depuis plus de dix-huit ans à La Rochelle, marié, sans histoires et père de deux enfants, change un matin radicalement de comportement. Il frappe un élève. Rêve en classe. Ne rentre plus chez lui et ne fait même plus semblant de supporter sa femme. Rien ne laissait prévoir un tel revirement chez cet homme qui s'était évertué depuis des années à ne montrer de lui que le profil vide d'un homme craintif. Que s'est-il passé ? Qui se cache réellement derrière cette identité ? Une sorte de Docteur Jekyll. Comment ne pas perdre pied ? Comment, après avoir contenu depuis tant d'années sa nature profonde, ne pas ressentir enfin l'indicible joie de redevenir soi-même, assassin peut-être, mais si parfaitement heureux !
Bien que classé dans le collection "Folio Policier", comme beaucoup de Simenon ce n'est pas vraiment le cas, d'autres Simenon ont une trame plus policière ("les Inconnus dans la maison", "les rescapés du Télémaques" et bien sûr les Maigret). Ici on assiste plus à un drame psychologique, car le changement de comportement du personnage et son identité réelle sont amenés rapidement, on sait qu'il a tué un homme, l'intérêt du roman et le suspense tiennent, car on ne sait pas si le personnage va être dénoncé par la seule personne qui connait la vérité, Mado son ancienne maîtresse et complice, est-ce que sa femme va le faire interner comme fou pour sauver les apparences, les témoignages des enfants, du docteur et du proviseur l'aideront probablement à faire accepter sa demande d'internement, est-ce que le personnage, qui a déjà assassiné, ne va pas réduire au silence sa famille pour éviter de retourner en prison? Vous saurez le fin mot de l'histoire en lisant ce roman.
On ne peut s'empêcher à la description de la Rochelle de faire un parallèle entre Simenon, Balzac et Flaubert, leur manière de décrire la ville de province et les habitants est assez similaire, bien que Simenon se concentre plus sur son personnage principal, son évolution (il fait plutôt un retour en arrière), ses relations familiales et professionnelles. Un court Simenon (197 pages) le titre est bien choisi car le personnage est un évadé au sens propre du terme, il s'est évadé du bagne, et en redevenant lui-même, il s'évade aussi de l'homme qu'il a incarné pendant 18 ans.
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