L'homme qui marchait sur la Lune de Howard McCord

L'homme qui marchait sur la Lune de Howard McCord
( The man who walked to the moon)

Catégorie(s) : Littérature => Policiers et thrillers

Critiqué par Dirlandaise, le 13 octobre 2008 (Québec, Inscrite le 28 août 2004, 64 ans)
La note : 10 étoiles
Moyenne des notes : 7 étoiles (basée sur 6 avis)
Cote pondérée : 6 étoiles (19 551ème position).
Visites : 4 110 

Seul sur sa montagne

On écrit sur la quatrième de couverture que Howard McCord est de la lignée de Cormac McCarthy et de Jim Harrison pour ce qui est du style de la narration et je suis assez d'accord avec cette affirmation.

William Gasper est une sorte de vagabond qui loue un container dans la cour arrière d'une station service tenue par une vieille femme de soixante-dix ans dans un petit village isolé du Nevada. Gasper est une sorte de sauvage solitaire dont la seule activité consiste à faire de longues marches dans la montagne près de chez lui nommée "La Lune" en raison de la désolation et la solitude qui y règne. Mais, à mesure que Gasper nous confie ses souvenirs, on se rend vite compte qu'il n'est pas un homme ordinaire mais qu'il a exercé pendant vingt ans une activité vraiment hors du commun. Lassé de ce travail et désirant la paix, Gasper s'est réfugié dans ce trou perdu espérant se faire oublier mais bientôt, il réalise qu'il n'est plus seul sur sa montagne et qu'un homme armé le traque. Commence alors pour lui un jeu de chat et de souris dont il connaît toutes les ficelles et qui le replonge dans un univers qu'il croyait désormais révolu. Il retrouve tous les réflexes de la survie et use de toute sa science et sa ruse afin de tenter d'échapper encore une fois à une mort qu'il a côtoyée tant et tant de fois qu'il en vient à la connaître comme une vieille amie.

Cette lecture est tout simplement passionnante ! L'écriture de McCord est puissante, d'une poésie et d'une beauté à couper le souffle. C'est un hymne à la nature sauvage et à la survie de l'homme face à elle qu'il nous livre ici. C'est aussi une plongée dans l'enfer de la guerre et de la froide cruauté du monde de l'espionnage qui ne pardonne pas et retrouve toujours sa proie peu importe à quel endroit elle se terre.

J'ai lu avec une grande avidité et un intérêt soutenu cette histoire magnifique d'un homme face à lui-même qui ne croît plus à rien sauf à sa propre survie. Sublime !

"Ces pensée ne me plaisaient pas, car je connais ma propre obsession pour la liberté et ne voyais pas en vertu de quoi je pouvais envisager de la dénier à quiconque n'entraverait pas la mienne. Une certaine dose de contradiction intime n'a rien d'anormal, car nous sommes tous tiraillés entre des facettes incompatibles du bien. Ma vie intérieure est aride et parcimonieuse. Je suis, pour autant que je le sache, le dernier de ma race. Ma famille s'est éteinte et je gagnerai moi-même l'oubli le temps venu. Je n'ai de relation intime avec personne et je suis aussi seul et libre qu'il soit possible de l'être dans ce monde."

Howard McCord est professeur et vétéran de la guerre de Corée.

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Les éditions

  • L'homme qui marchait sur la lune [Texte imprimé], roman Howard McCord traduit de l'américain par Jacques Mailhos
    de McCord, Howard Mailhos, Jacques (Traducteur)
    Gallmeister / Nature writing
    ISBN : 9782351780190 ; EUR 18,90 ; 25/08/2008 ; 133 p. ; Broché
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Roman admirable

9 étoiles

Critique de Soldatdeplomb4 (Nancy, Inscrit le 28 février 2008, 30 ans) - 22 avril 2010

Cet écrivain a énormément de style. Même si la fin surprend et, pour ma part, me laisse sur ma faim, le roman est admirable à tout point de vue. Les ambiances sont délicieuses, les personnages fouillés, la tension narrative omni-présence, et la poésie également.

Passionnant et inclassable : « L’homme qui marchait sur la lune »

9 étoiles

Critique de Parry (, Inscrit le 9 décembre 2007, 64 ans) - 11 octobre 2009

Howard Mc Cord signe un roman formidable, étonnant, bien dans la lignée de ce que proposent les éditions Gallmeister, récits de militants écolos plus verts que verts, anciens du Vietnam cherchant une rédemption, un chemin de vérité dans les canyons immenses du grand-ouest américain. (« Une guerre dans la tête » de Gary Peacok, « Le feu sur la montagne » , « Le gang de la clef à molette » d’Ed Abbey, etc.…
Ici, on est pris du début à la fin par ce récit haletant où le personnage de William Gasper, arpente depuis cinq années la Lune, cette immense montagne sauvage, « une montagne de nulle-part » en plein cœur du Nevada. Qui est ce marcheur solitaire ? Un fou délirant sur une sorcière qui l’obsède ? Un écolo pur et dur fuyant une société qu’il ne comprend pas ? Un rescapé de Corée où il fut soldat, poursuivi par ses fantômes ? Un peu tout ça en fait, et la fin du roman va nous entraîner dans une sorte de thriller auquel on ne s’attendait pas...!

« Un authentique livre culte » prétend son éditeur, sans rire …

2 étoiles

Critique de Ori (Kraainem, Inscrit le 27 décembre 2004, 83 ans) - 10 juillet 2009

Quand un ancien tueur à gages parcourt en solitaire quelques crêtes et canyons d’une montagne du Nevada (La Lune, pour les gens du cru), il se prend à nous confier ses souvenirs militaires, nous fait partager ses hallucinations, son amour des armes, son talent pour la traque, ses techniques de randonneur.

Et puis quoi ? c’est tout, ou presque !
Un presque rien, osons le dire …

Un quartier de lune peu fréquentable

7 étoiles

Critique de El grillo (val d'oise, Inscrit le 4 mai 2008, 45 ans) - 3 décembre 2008

Début envoûtant, contemplatif, on prends le pouls d'une région, la Lune, austère mais belle, sous l'oeil de William Gasper. On se laisse gentiment emporter, transporter, sous une description précise d'une zone que l'on ne connait pas , où l'on n'ira jamais.
Et puis, l'histoire prend le relais. Ce Willliam cache des choses, un passé trouble distillé au fil du livre. Sous ses faux airs de flâneur bienheureux se cache une personnalité quelque peu torturée et paranoïaque.
Poursuivi ? hanté ? on ne sait pas. On le suit dans ses délires. Sont-ils si infondés ?
Une belle plume que celle de McCord, soulignons au passage le travail du traducteur qui a fait ici du bon boulot. Roman plaisant, court, mais pas tant la réjouissance attendue.

Une traque trépidante

7 étoiles

Critique de BONNEAU Brice (Paris, Inscrit le 21 mars 2006, 35 ans) - 2 novembre 2008

Perdue en plein coeur du Nevada, la Lune est “la montagne de nulle part”, un territoire fascinant, avec ses canyons et ses rochers à pic, désintéressant le plus grand nombre, une montagne qui “se drape dans l’anonymat”. Personnage à part entière du roman d’Howard McCord, la Lune est “une montagne parfaite pour William Gasper”, un marcheur qui aime à s’y promener, équipé de ses bottes, de son sac, de nourriture lyophilisée, et d’une arme de poing.

A la question de savoir qui est William Gasper, il vous dirait qu’il ne fait rien pour gagner sa vie, qu’il vit, tout simplement. Et la plupart de son temps, cet ancien tueur de l’armée américaine le passe à arpenter la Lune, ne faisant plus qu’un avec ce paysage quasi-désertique, repensant à son passé et philosophant tout en marchant. Pourtant, cette expédition est différente des autres. Gasper sent une présence. Plusieurs, même.

Sur la Lune s’engage alors une traque lente et passionnante entre lui et ceux venus avec leurs fusils, probablement pour le faire taire à jamais. Profitant de son expérience du terrain, ravivant ses vieux réflexes de soldat aguerri, il s’assurera qu’à ce jeu du chat et de la souris, il ne finisse pas enseveli au fond d’un canyon.

Premier roman d’Howard McCord, vétéran américain de la Corée et poète récompensé, L’homme qui marchait sur la Lune vous propulse dans un paysage propre à vous faire perdre tous vos repères. C’est en suivant les divagations de ce cinquantenaire au passé peu ordinaire, parfois teintées de ses souvenirs sur lesquels plane l’ombre de Cerridwen et de son chat Palug, que vous comprendrez vraiment qui est William Gasper. D’un récit lent et ponctué de réflexions, McCord a su faire une traque trépidante, aboutissant à un acte final inattendu et impressionnant.

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