Sillage, tome 1 : A feu et à cendres
de Jean David Morvan (Scénario), Philippe Buchet (Dessin)

critiqué par Jean Loup, le 14 novembre 2001
(Vaulx en Velin - 46 ans)


La note:  étoiles
Les débuts d'une jeune héroïne de SF
Depuis un peu plus d'une dizaine d'années, les éditions Delcourt ont beaucoup oeuvré pour la maturité de la BD. Plutôt tournée vers la science-fiction et l'héroic fantasy, leur production a notamment accueilli le fabuleux triptyque des "Légendes des contrées oubliées" et la série des "Aquablue".
Deux exemples pris parmi tant d'autres et en tant que tels, totalement subjectifs. Certains jugeront peut-être que la série "Sillage", entamée avec ce premier volume "A feu et à cendres", pourrait être bientôt citée comme une des réussites de cet éditeur qui a le vent en poupe.
L'idée de départ est très originale. Un gigantesque convoi spatial nommé Sillage parcourt l'univers pour découvrir de nouvelles planètes habitables, certaines races connaissant des problèmes de surpopulation. En théorie, il suffit de découvrir une forme de vie intelligente sur une planète pour abandonner toute vélleité d'implantation. Mais en pratique, quans le madjestoet Heiliig découvre un monde qui pourrait acceuillir son peuple des Hottard, il décide rapidement de cacher à Sillage la découverte d'une forme d'intelligence inconnue : la race humaine, représentée par une jeune sauvageonne vivant dans l'épave d'un navire stellaire...
Le scénario est très bien conçu. On ne découvre ce qui se passe qu'au fur et à mesure. Les personnages ne sont pas manichéens : même Heiliig n'est pas totalement antipathique, surtout lorsqu'il expose son point de vue devant la Constituante (faut-il sauver une vie pour en condamner des millions ?). La fin est assez surprenante mais sacrément bien vue. Il y a de l'humour, de l'action, du suspense. Morvan paraît très à son aise avec cette histoire et l'on peut espérer que les prochains volumes de la série seront du niveau de celui-ci.
Côté dessin, Philippe Buchet (que l'on connaissait par "Nomad") donne une vraie ambiance à la série. J'ai parfois trouvé les couleurs un peu trop vives, mais elles collent assez bien à l'atmosphère du récit. Il n'est de toute façon pas difficile de rentrer dans cet album qui devrait faire l'unanimité sur le plan graphique.
En clair, c'est du bon ! C'est vraiment un album à lire, surtout si vous appréciez généralement les auteurs Delcourt.
Sillage Tome 1 9 étoiles

J'ai été agréablement surpris de cette BD. Je l'ai vue à la bibliothèque près de la série XIII. Quand je l'ai ouvert, les dessins m'ont tout de suite épaté. Je l'ai empruntée sans même savoir à quoi m'attendre.

L'histoire ressemble beaucoup à celle du film Avatar où une planète est envahie par des extraterrestres qui veulent s'y établir. Cependant, Sillage a une règle, c'est de ne pas occuper une planète où y habite une espèce intelligente. Une des race de ce convoi est bien décidée de s'y établir malgré la présence de Navis une jeune femme remplie de talent.

La série commence très fort avec ce premier tome rempli d'action. Les dessins sont vraiment magnifiques. C'est de la science-fiction qui me change de mon habituel Star Wars. Pour moi c'est une très belle découverte.

Exarkun1979 - Montréal - 40 ans - 1 mars 2013


Une grande série... 9 étoiles

Il m’est arrivé plusieurs fois de dire et écrire tout le bien que je pensais de cette série Sillage, fruit de l’imagination créatrice de Jean-David Morvan et Philippe Buchet. J’ai reçu plusieurs fois en interviews ces deux excellents auteurs de bandes dessinées, mais jamais je n’avais pris le temps de présenter leurs albums un par un. Alors que nous voyons le quinzième sortir en librairie, il est grand temps de combler cette lacune et de vous dire pourquoi cette série me fascine et m’enchante…

Mais il faut commencer par rendre à césar ce qui est à César et à mon fils JB ce qui lui revient. En effet, si Sillage est une série qui est née en 1998, c’est mon fils qui me l’a fait découvrir deux ans plus tard. Durant ces deux longues années je pensais qu’il ne s’agissait que d’une production moyenne de science-fiction, sans intérêt particulier pour moi car je n’ai jamais été très sensible à ce genre littéraire, à ces narrations qui me laissent trop souvent sans émotion. Il y est arrivé en m’en parlant régulièrement et, surtout, en laissant les albums ouverts devant moi. Oui, je l’avoue bien simplement, le graphisme de Philippe Buchet m’a fait tomber dans Sillage. Même dans ce premier album, A feu et à cendres, pourtant qui manque encore un peu de maturité et d’expérience, le dessin est plus que réussi avec un dynamisme, une énergie qui rendent la narration graphique tonique…

Certaines cases sont déjà dignes de faire l’objet de poster comme par exemple celle où Nävis – notre héroïne – est confrontée à la mort de son ami Houyo ou encore Nävis dans la pénombre page 30. Mais passons sur ce point graphique car on sait depuis longtemps que si le graphisme peut nous attirer et nous pousser à lire une bédé, c’est bien le scénario qui nous rend fidèle à une série. Une histoire faible même bien dessinée ne rend pas une série de qualité, tandis qu’un bon scénario peut le faire ! Alors, qu’est-ce qui rend Sillage de grande qualité ?

Je vais, sans aucune prétention, vous dire ce que j’y ai trouvé. Tout d’abord, un concept spécifique. Sillage est un univers peuplé d’extraterrestres et Nävis est la seule humaine. C’est elle qui est différente, c’est elle qui n’est plus chez elle, c’est elle qui voudrait, un jour, retrouver des humains. C’est certainement un retournement de situation par rapport à tous les récits de SF – romans, films ou bédés – qui montrent un petit être vert ou exotique, perdu chez nous…

Nävis est une héroïne qui va vieillir, qui va murir, tout au long de la série. Elle est dans une quête qui doit la mener, du moins on peut le penser, à retrouver un jour un humain, enfin, au moins un. Cette recherche tant physique que mentale, pousse Nävis à grandir, et c’est cela qui rend cette bande dessinée presque philosophique. Le mot est un peu fort et il ne doit pas faire peur. Si philosopher est chercher une forme de sagesse adaptée à chacun de nous pour mieux vivre tous ensemble, alors Sillage est philosophique sans aucun doute même s’il n’y a pas de référence à Platon, Pascal, Kant… quoi que…

Enfin, pour ce qui est des points forts de la série selon ma lecture, il y a ce mélange d’action – et elle ne manque pas – et de réflexion. C’est tellement bien fait que le passionné de réflexion ne se lasse pas des séquences d’action et réciproquement… Une véritable harmonie que l’on ne trouve pas dans toutes les séries du genre… Belle réussite des auteurs !

Reste maintenant à donner aux lecteurs potentiels quelques éléments sur le fond de l’histoire pour que vous sachiez ce qu’est réellement Sillage. Pour des raisons très mystérieuses au départ, un grand nombre de races vivantes se sont mis en recherche de planètes habitables pour y créer des colonies. Ce grand convoi de vaisseaux en tout genre se nomme Sillage et il est dirigé par un directoire, la Constituante. C’est parce que les spécialistes de Sillage ont trouvé Nävis abandonnée sur une planète, élevée par un robot et une tigresse, la fameuse Houyo, qu’elle est contrainte de rejoindre Sillage et que sa planète est colonisée… Dans ce vaste défilé spatial, Nävis qui a la particularité de ne pas être sensible à la télépathie – contrairement aux autres membres de Sillage – se voit obligée de devenir agent de Sillage. Dès lors, la série peut fonctionner avec à chaque album une mission et une avancée dans sa compréhension de son statut humain, de son histoire…

Le premier album permet de voir tout cela se mettre en place. Certains avaient même cru qu’il s’agissait d’un album unique tant l’histoire est complète, bien construite, agréable à lire et se suffisant presque à elle seule. Il faut dire que Philippe Buchet et Jean-David Morvan n’étaient pas certains de séduire les lecteurs et ils avaient envisagé de clore ainsi une histoire en deux albums, un permettant à Nävis d’être recueillie par Sillage, un final pour dire comment elle terminait sa vie, sa quête… ce dernier, déjà écrit a été remis à Guy Delcourt, l’éditeur, au cas où… mais depuis les lecteurs en redemandent, moi aussi, et on s’achemine plutôt vers une série en trente albums…

Dans ce premier album, la partie philosophique est illustrée par le groupe des « migreurs ». Il y a d’abord le moment où Nävis leur donne un nom – début d’une certaine existence autonome - puis la prise de conscience par Bobo de son « statut d’esclave » et, enfin, la tentative pour convaincre tous les « migreurs » de faire preuve de libre-arbitre, d’exercer leur liberté en conscience. C’est assez sympathique et cela donne une véritable profondeur à la série…

Donc un très bon premier album pour une série à découvrir et à relire pour ceux qui connaissent déjà…

Shelton - Chalon-sur-Saône - 63 ans - 29 septembre 2012


Pour les plus jeunes 6 étoiles

Je parlerai en premier lieu du dessin. Nävis est très mignonne, le trait est nerveux mais malgré le talent indéniable de Buchet, je n’ai que modérément apprécié. Tout d’abord les couleurs sont moches et varient trop d’une planche à l’autre. Ensuite, le style parfois un peu trop naïf ne m’a pas particulièrement accroché. Ceci dit, tout cela n’est qu’une question de goût personnel.
Le scénario quand à lui n’est pas trop mal mais pour un vieux briscard comme moi qui lit de la SF depuis bien longtemps, il n’y a pas de quoi s’extasier. La fin est pourtant assez réussie et c’est dans l’ensemble suffisamment attrayant pour que j’envisage de lire la suite.

Kabuto - Craponne - 59 ans - 31 octobre 2011


Fraicheur et séduction 9 étoiles

Présentation de l'éditeur

" Navire amiral de la Constituante, croiseurs d'interventions, astronefs amiraux, frégates de guerre, bidonnefs, téléportails, navettes de maintenance, prisonefs, vaisseaux pirates...
Ils sont des millions à constituer un formidable convoi spatial lancé à la recherche de nouvelles planètes exploitables. Dans ce convoi nommé SILLAGE se côtoient toutes de peuples d'origines et de croyances multiples. Mais une race y demeurait inconnue : les êtres humains. Et puis débarqua NAVIS ! Nävis est une enfant sauvage vivant dans la jungle en parfaite adéquation avec la nature environnante. Accompagnée d'Houyo, son Tigrours, elle mène une existence insouciante faite de chasse, de jeux et de repos.
Jusqu'au jour où un vaisseau spatial s'arrime à sa planète pour y réchauffer la température, sans se soucier d'en détruire la faune et la flore. Confrontée à une technologie qu'elle ne connaît pas, Nävis va tout tenter pour sauver son monde avant qu'il ne soit réduit à feu et à cendres."

Une bonne surprise que la découverte de cette nouvelle héroïne de la Bande dessinée de Science-fiction. C'est frais, c'est coloré, c'est séduisant, léger, et du coup, c'est un vrai plaisir que de s'immerger dans l'univers de Sillage. Si le ton est léger, le scénario n'en reste pas moins de qualité. On peut d'ailleurs souligner que, pour un premier tome de série, on entre directement dans l'action, ce qui rend les premières approches de cet univers plutôt captivantes. Pour ne pas gâcher la lecture, Nävis n'est pas tout-à-fait laide et ça n'enlève rien au plaisir de tourner les pages.

Oguz77 - - 42 ans - 28 janvier 2010