Le Chemin des Brumes
de Jacques Côté

critiqué par Pipierre, le 25 août 2008
( - 61 ans)


La note:  étoiles
Très classique, quelques débordements
Un grand-père et ses deux petits enfants partent en vacances. Leur disparition sera signalée par la mère des enfants, au retour de vacances. Le lieutenant Duval et son comparse Harel, de Québec, mèneront l'enquête pendant que nous suivons la quête pour la survie de l'un des fils, traqué dans le Parc des Laurentides.

Ce que j'ai trouvé intéressant de ce roman, est qu'il se situe en 1981. On y retrouve plein de références du Québec d'alors, que ce soit au niveau politique, musical, social etc , et à ce chapitre, c'est réussi et très intéressant. On retrouve notre histoire à travers l'intrigue.

La trame dramatique ne nous réserve cependant pas beaucoup de surprise: c'est linéaire et classique, dans le genre. Ce qui m'a agacé, c'est le petit Vincent, 13 ans, qui sait calculer des itinéraires comme un GPS, sait grimper une grotte à mains nues, faire du feu sans allumettes, bref, ce petit Indiana Jones ne m'était pas très crédible au début, compte tenu du malheur exceptionnel qui s'abattait sur lui.

La finale est aussi un peut trop explosive, digne d'un film d'action américain.

Les personnages sont bien bâtis et attachants.
Bref du bon et du moins bon.
Un pédophile en pleine nature 6 étoiles

Un vieil homme malade de la ville de Québec va en camping avec ses deux petits-fils, sans préciser de destination à qui que ce soit. La mère des enfants s’imagine le pire quand son père ne se pointe pas au jour prévu du retour. Elle alerte aussitôt le service de police, qui s’applique de facto à solutionner ce problème de disparition. Mais les recherches posent un dilemme parce que l’on ignore où est allé le trio. Heureusement, le signalement donné par les médias a porté fruit. Un couple, qui les a aperçus au restaurant de l’Étape dans le parc des Laurentides, a aussitôt transmis ce renseignement à la police de Québec. À partir de cet indice, Duval et Harel convergent leurs opérations vers cette réserve faunique. La toponymie jeannoise est au cœur de leur enquête, particulièrement difficile à mener en raison de la nature sauvage du territoire accidenté et parsemé de lacs.

Avec minutie, l’auteur présente en parallèle le travail policier et la fuite de Vincent, l’aîné des enfants, qui tente d’échapper au désaxé qui a tué son grand-père et son frère. Ces volets qui alternent atténuent fortement le plaisir de lire ce polar. La donne étant connue, il ne reste plus qu’à savoir comment on coincera le meurtrier. Heureusement, l’intérêt peut se maintenir grâce à l’atmosphère cauchemardesque que l’auteur a créée en conjuguant un milieu rustique à une pluie torrentielle, qui nuit à Sneak, un chien renifleur impliqué dans le dépistage d'un psychopathe rongé par la pédophilie.

Cette œuvre n’est pas aussi magique que Le Rouge idéal. Sa principale qualité réside dans l’intégration naturelle de nombreux éléments qui retracent l’année 1980, telle que vécue à Québec. Le roman s’enrichit également de plusieurs considérations sociales, mais qui, hélas, ne sont que des apartés dans une aventure trouble vécue par un adolescent plus débrouillard que Tarzan. L’invraisemblance du personnage s’ajoute à celle des auto-patrouilles lancées à toute vitesse sur des chemins pentus et brumeux érigés sommairement par les industries papetières qui abattent les arbres de la réserve. Et qu’un pédophile chasse ses proies en pleine forêt est plus qu'étonnant.

Au plan de l’écriture, Jacques Côté livre plutôt un rapport policier, qui étalerait, deux fois plutôt qu’une, les faits et gestes de tous et chacun. Nous sentons tout de même la préoccupation de l’auteur pour tout ce qui touche la déviance.

Libris québécis - Montréal - 78 ans - 9 octobre 2012


Le chemin des brumes 8 étoiles

Lorsque j'ai commencé à lire ce livre, je croyais que je lirais un livre médiocre. Ça commençait très mal avec nos deux héros participant à des jeux policiers ennuyant au Mexique et en parallèle, on suivait un grand-père et ses petits-fils dans un voyage sans intérêt. Le ton a brusquement changé lorsque deux membres de cette famille ont été tués et que le troisième a été pris en chasse dans les bois par le maniaque. Dès lors, j'étais incapable de quitter le livre.

Le positif de ce roman repose beaucoup dans le côté thriller de ce roman où le jeune est pourchassé comme un animal par le tueur. Un autre point positif, c'est l'humour typique de Jacques Côté. J'ai aussi aimé voir le Québec de 1981. J'ai apprécié la fin qui est très spectaculaire.

Pour le moins bon, il y a, comme je le disais plus tôt, le début ennuyant du roman. J'ai aussi moins aimé que le jeune garçon ait trop de facilité dans les bois seulement parce qu'il a été scout. Moi aussi j'ai été scout mais je n'aurais pas survécu une semaine en forêt tout en étant traqué.

Malgré tout, Le Chemin des Brumes a été un excellent divertissement pour moi.

Exarkun1979 - Montréal - 40 ans - 9 octobre 2012


Chasse en forêt 7 étoiles

Un épisode plus faible de la série Duval. Construit comme un thriller haletant, le rythme de la prose n'arrive pas à faire transpirer le suspense d'une traque par un sociopathe. Ce dernier est d'ailleurs dépeint sans aucune subtilité, un simple monstre de conte d'enfants.

Les invraisemblances ont bousillé mon plaisir. Par exemple, cette impossibilité de retrouver le garçon disparu dans un périmètre aussi restreint. Néanmoins, comme toujours avec Côté, le ton bon enfant et le souci du détail pertinent fait oublier les maladresses.

Aaro-Benjamin G. - Montréal - 51 ans - 1 mars 2011