Les anecdotes de Florence ou L'histoire secrète de la maison de Médicis
de Antoine Varillas

critiqué par Smokey, le 20 août 2008
(Zone 51, Lille - 38 ans)


La note:  étoiles
Texte rare
En 1662, Colbert demande à Antoine Varillas d'écrire une histoire des Médicis afin de montrer avec éclat de quelle illustre famille descendait le roi de France, dont la grand-mère est cette Marie de Médicis venue de Florence épouser Henri IV, mère insupportable de Louis XIII contre lequel elle passa sa vie à intriguer.

Varillas s'était constitutué une vision personnelle de l'histoire plus marquée par l'ampleur de vue morale que par la rigueur documentaire et le souci du détail objectivement vérifié.
L'explication de l'écrivain d'anecdotes est complète car il considère l'homme dans son entier, il observe les décisions morales, politiques et les causes psychologiques qui ont pu conduire à une décision.Il satisfait la curiosité du lecteur en révélant les ressorts cachés, anecdotiques qui font agir les acteurs de l'histoire.

Son modèle d'écrivain était Procope, d'où son style "négligé", qui est le sommet de l'art car raffinement suprême inventé par des Italiens ( comme Baldassar Castiglione).

Extrait:

"Le gouvernement de Florence était alors populaire en apparence, mais il était tempéré de sorte que les anciennes familles y avaient la principale autorité. Ces familles étaient celles de Strozzi, de Petrucci, de Barbadorus et des Albizzi. Elles n'étaient pas fort unies entre elles, mais elles avaient cela de commun qu'elles obéissaient à celui d'entre-elles qui était l'ainé, et qu'elles en éxécutaient les ordres avec le même zèle que s'il eût été leur souverain. De là vient qu'il ne fut plus difficile à leur chef de les engager à la perte de Cosme de Médicis.(...)
Il n'en fallait pas davantage, pour animer contre Cosme de Médicis un peuple, que l'on prenait par son faible, parce qu'il était extraordinairement avare. On décréta contre sa personne, on s'en saisit, et on le mit dans une prison obscure, dont on fit soigneusement garder les avenues."