Tu rêves encore
de Guillaume Le Touze

critiqué par Saint-Germain-des-Prés, le 1 novembre 2001
(Liernu - 56 ans)


La note:  étoiles
On en redemande!
Ma première expérience «letouzienne» m’avait séduite, la deuxième m'a conquise.
La psychologie des personnages est fine, loin de toute caricature et l'histoire, à la fois banale (départ, solitude, désespoir, sursaut de survie) et surprenante (… je ne vous en dirai rien, à vous de le découvrir), entraîne le lecteur dans l'univers des protagonistes, tous tellement attachants qu'on voudrait les serrer dans nos bras, les bercer ou … leur botter les fesses !
Je ne sais pas quoi faire : j'ai envie de vous raconter l'histoire de ce livre mais je risquerais de ruiner la présentation qu’en fait l’auteur, assaisonnée de quelques flash-back qui maintiennent l’intérêt…
Bon allez, voici quand même de quoi vous appâter. Marc et Christine ont un enfant : Chloé.
Marc ressent la nécessité de s'éloigner un peu pour «faire le point».
Lorsqu’il veut réintégrer le domicile conjugal, il est terrassé par ce qu'il découvre : sa femme et sa fille l’ont quitté.
Un peu lâche les premières heures (c’est ici que le battage de fesses nous démange), il n'aura bien vite d’autre issue que de tout remettre en question.
Etendue vertigineuse de tous les possibles, sa vie est à nouveau à choisir.
Quoi de plus précieux dans pareille situation que de nouvelles rencontres, de fortes amitiés qui vous sauvent la vie (au propre comme au figuré).
Voilà pour la première partie du livre.
Dans la seconde, nous retrouvons Chloé, plus âgée et passablement perturbée, en institut psychiatrique.
Elle est très liée à une autre patiente : Bénédicte.
Et nous voilà emportés dans le récit de cette autre chute, celle d’une femme mariée à un homme charmant, attentif, gentil, attentionné, compréhensif (euh, ça existe ?? - pardonnez cette réflexion sexiste, mais c'était trop tentant…-).
Leurs deux enfants sont sans problème.
Et pourtant, quelque chose se brise en Bénédicte et elle atterrit dans ce centre.
Les destins vont se croiser, jamais de façon innocente et indifférente.
Préparez-vous à ne pas pouvoir déposer ce livre sans l’avoir terminé.
Et à lire et relire la dernière page qui vous laisse tétanisé.
Vous passerez par toutes les émotions au fil du livre.
La dernière ne sera pas forcément agréable.
Mais elle a deux fonctions : à la fois elle clôt le livre, la boucle est bouclée de façon atroce et en même temps elle laisse le lecteur en suspens, l’obligeant à chercher l'explication lui-même, à revoir chaque détail du livre.
On peut refermer ce livre et le ranger dans sa bibliothèque, mais on ne peut refermer aussi aisément la porte qu’il a ouverte en nous.
C'est quand le bonheur? 8 étoiles

Marc a 40 ans, lorsque sa femme, Christine, le quitte, sans prévenir, avec leur fille Chloé. Seul au monde, il n'a pas envie de lutter et pourtant, il doit à présent reconstruire sa vie, se retrouver…une tâche terriblement difficile quand les points d'interrogation se succèdent. Un jour, égaré en montagne, Marc est sauvé par Loïc, douanier dans les Alpes. Loïc, qui tente lui aussi de cicatriser ses plaies. Il ne parvient pas à oublier la mort tragique de sa femme et de leur fils. Une amitié naît bien vite entre ses deux éclopés de la vie.
15 ans plus tard, le bonheur refera surface. Grâce au soutien de Loïc, Marc retrouvera sa fille, blessée intérieurement elle-aussi. Il trouvera également le grand amour en la personne de Bénédicte, la confidente de Chloé, une femme perdue elle-aussi. Quant à Loïc, il s'éprendra de la fragile Chloé.

Guillaume le Touze écrit ici un roman à la fois dur et sensible, s'attaquant à des sujets tels que la filiation, la séparation, l'ambiguïté des sentiments. Il crée une galerie de personnages forts, tous, quelque part, accidentés de la vie amoureuse et familiale et en perpétuelle quête de bonheur : Mention spéciale à Loïc, le bon samaritain, marchand de bonheur particulièrement émouvant, mais qui en retour ne connaît que malheur et chagrin. Les femmes de ce roman me sont toutes apparues, d'une manière ou d'une autre, terriblement égoïstes : Christine, qui part sans même une raison ; Bénédicte qui plaque mari et enfants pour atteindre à nouveau le bonheur; même Chloé…
Une très bonne découverte, en tous les cas, que cet auteur!

Nothingman - Marche-en- Famenne - 44 ans - 1 février 2006