Les rescapés du Télémaque de Georges Simenon

Les rescapés du Télémaque de Georges Simenon

Catégorie(s) : Littérature => Policiers et thrillers

Critiqué par Killeur.extreme, le 9 mars 2008 (Genève, Inscrit le 17 février 2003, 37 ans)
La note : 9 étoiles
Moyenne des notes : 9 étoiles (basée sur 2 avis)
Cote pondérée : 6 étoiles (11 333ème position).
Visites : 2 776 

un crime (presque) parfait qui découle d'une tragédie maritime

Contrairement à Conan Doyle dont la popularité de Sherlock Holmes a éclipsé le reste de son oeuvre, à part "Le monde perdu" plusieurs fois adapté au Cinéma, Simenon a pu faire d'autres romans en même temps que Maigret, dont celui qui nous intéresse en ce moment: "Les rescapés du Télémaque".

Présentation de l'éditeur
À peine le Centaure, chalutier de Fécamp, est-il arrivé au port que son capitaine, Pierre Canut, est arrêté. Il aurait tué, juste avant de prendre la mer, un vieil homme retrouvé à son domicile la gorge tranchée. Ce serait une vengeance. La victime, rescapée vingt ans plus tôt des suites d'un naufrage au large du Brésil, aurait été sur la même barque de fortune que le père de Pierre Canut. Les secouristes avaient retrouvé ce dernier mort avec le poignet entaillé par ses camarades qui avaient commencé à le manger...

Pendant tout le roman, on suit l'enquête de Charles Canut, frère jumeau de Pierre accusé du meurtre qui va essayer de découvrir le véritable assassin, bien que la famille Canut aurait eu aussi une bonne raison de tuer la victime, car il est l'un des meurtriers présumés de leur père, ce qui permet à Simenon de brosser une belle galerie de personnages, avocats, juge commissaire, armateur, patron de bar, serveuse, marins parmi les marins, les villageois qui sont tous prêt à provoquer une révolte pour que Pierre Canut soit libéré.

Simenon privilège autant l'enquête que les personnages, surtout les jumeaux Canut qui ne peuvent vivre l'un sans l'autre, et l'atmosphère, on a l'impression de vivre dans ce village et connaître les habitants, concernant le crime, il faut attendre les dernières pages pour découvrir le meurtrier et son mobile après avoir que le personnage principal ait suivi de fausses pistes.

un bon roman de plus, à lire bien sûr

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9 étoiles

Critique de Pierrot (Villeurbanne, Inscrit le 14 décembre 2011, 67 ans) - 11 septembre 2019

Cet été en vacance dans la Normandie à Bourville* très exactement, j’ai pu sillonner en autres choses, toute la côte d’Albâtre et j’ose le dire ici, que j’ai plus aimé Fécamp, qu’Etretat, même avec son aiguille creuse…Car, la perspective des falaises de Fécamp est beaucoup plus importante que celle d’Etretat qui est davantage limitée. De plus, en faisant du rétro pédalage, on peut imaginer ce que fût cette ville côtière à l’époque où Simenon la décrit. Car même fin juin le climat y est plutôt frisquet…
En préambule à ce roman .
Je ne sais pas comment travaillent mes confrères. Pour moi, l’envie d’écrire un roman lourd de soleil ne m’est jamais venue qu’en Hollande, en Norvège, voir plus haut encore, dans une petite île de l’océan Glacial, alors que j’avais faim de lumière chaude, épaissie par le chant des cigales.
De même, cet hiver, vivant au Tyrol, bien au-dessus des nuages qui écrasaient la vallée, ne voyant à perte de vue, que des champs de neige éclatante, la nostalgie m’est venue d’autres hivers, inséparables pour moi de l’odeur du « fil en six » et du hareng grillé.
J’aurais voulu débarquer à Fécamp, respirer, dès la gare, la forte odeur de poisson salé, patauger dans la boue étoilée d’écailles, frôler, dans les petits cafés du port, les pêcheurs raidis par leurs cirés et, un beau matin, repartir botté de caoutchouc, pour une campagne dans la mer du Nord.
Alors que m’entouraient de prestigieuses montagnes et que je respirais un air idéalement pur, je rêvais à ce coin de bassin où, voilà déjà quelques années, à la même époque, mon premier bateau fut lancé, par un matin si froid que l’étrave dut briser une épaisse couche de glace.
Il n’y eut qu’à fermer les persiennes et, près d’un gros poêle en faïence, à écrire « Les Rescapés du Télémaque ». Ainsi c’était le hareng qui me rejoignait au Tyrol, et les équipages des gars normands, et la ville sans cesse noircie par la pluie, quiète ou affairée, selon les marées.
Peut-être faisait-on du ski à quelques mètres de chez moi… Je n’ai pas voulu le savoir. Et les pins du Tyrol ne m’empêchaient pas de sentir la saumure.
Georges-Simenon.
Ce texte parut dans le Petit Parisien le 24 juin 1937.
Bourville *: Ville natale de la mère d’André Bourvil et d’où vient aussi son pseudonyme.

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