Le cimetière des poupées de Mazarine Pingeot

Le cimetière des poupées de Mazarine Pingeot

Catégorie(s) : Littérature => Francophone

Critiqué par Laure256, le 30 octobre 2007 (Inscrite le 23 mai 2004, 47 ans)
La note : 8 étoiles
Moyenne des notes : 6 étoiles (basée sur 4 avis)
Cote pondérée : 4 étoiles (41 628ème position).
Visites : 2 946  (depuis Novembre 2007)

Quand l'amour tue

S’il n’y avait ce seul mot à deux pages de la fin (et c’est bien la seule fois où il apparaît), « congélateur », on n’aurait peut-être pas mêlé Mazarine Pingeot et l’affaire Courjault, on n’aurait peut-être pas essayé de faire vendre un livre sur du fait divers sensationnel, alors quoi, ça ne suffisait plus d’être fille de, pour remplir les tiroirs ?

Oublions tout cela deux minutes car ce court roman a de réelles qualités d’écriture, et s’il traite de l’infanticide, il traite avant tout de la violence intime d’une femme et d’un couple. Car ce n’est pas dans la grossesse ou dans le drame qui l’a conduite au quartier des femmes de la prison qu’il faut chercher, mais dans l’enfance et dans le mariage de la narratrice. Au cours d’une longue lettre à son mari, long monologue ressassant et violent dans ce qu’il dénonce, une mère tente de sortir d’elle tout ce désamour enfoui, celui de sa mère d’abord, celui de son mari ensuite. Elle ne cherche pas le pardon, il n’est pas possible, elle explique avec ses mots à elle (et ils sont forts et bienvenus) son inexistence quotidienne, sa maltraitance routinière et ses seuls rayons de soleil : la vie de ses deux enfants bien vivants, qu’elle ne reverra jamais. Et son ultime tentative pour sauver son amour : tuer son enfant nouveau-né, afin qu’il ne connaisse jamais qu’elle, et rien de la vie qui inexorablement entache.

La fin de la 4ème de couverture reprend un passage du roman, qui arrive vers la fin aussi d’ailleurs, et qui dit ceci : « Aujourd’hui on me regarde, n’est-ce pas ? On me regarde quand je me suis retirée de la scène, lors même que je n’apparaîtrai plus. Tu ne peux plus détourner les yeux, tu ne peux plus faire semblant, aujourd’hui j’existe, mais hier ? » Toute la violence du geste est dans cette phrase. Ce n’est que le cri d’une femme qui a commis le pire parce qu’autour d’elle, on s’efforçait à toujours plus la nier et la détruire, et qu’elle n’était pas assez forte pour oser leur faire face.
Dommage que la presse se soit emparée de la triste réalité pour la mêler à ce qui est ici proprement littéraire.

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MAIS ENFIN !!! ce n'est pas l'histoire de "bébés congelés"

5 étoiles

Critique de SEVE83 (, Inscrite le 10 novembre 2008, 48 ans) - 10 novembre 2008

je viens de refermer le livre. Même si je n'ai pas été une grande fan du roman pour des raisons subjectives, je dois admettre déjà que le style et le travail d'écriture sont magnifiques. Aussi, à aucun moment, l'actualité "des bébés congelés" n'a eu de place. (on ne sent même pas d'inspiration).
ce n'est d'ailleurs pas l'histoire relatée mais celle d'une femme absorbée par le regard des autres qui, de son point de vue, répond tant bien que mal aux attentes de son entourage.

un livre de trop ?

3 étoiles

Critique de Bérénice6 (, Inscrite le 20 septembre 2008, 55 ans) - 7 octobre 2008

on m'a prêté ce livre dont j'ai abrégé la lecture dès les 2/3 du récit. Trop emprunté sur les faits divers dramatiques d'infanticide, je ne vois pas quel intérêt l'auteure a eu de faire ce livre, peut-être a-t-elle été trop influencée par les infos, difficile à savoir. Par dégoût du sujet ou parce qu'il oriente vers le voyeurisme, en tout cas je déteste cela; c'est pour moi un livre inutile que Mme Pingeot a écrit. Dans quel but?.
Comme si les faits divers lus ou vus ici ou là ne suffisaient pas.

Noir, noir, noir, et encore noir

8 étoiles

Critique de Campanule (Orp-Le-Grand, Inscrite le 10 octobre 2007, 57 ans) - 6 octobre 2008

Mon Dieu, que ce livre est noir. L'histoire de cette femme infanticide est terrible. Comment Mazarine Pingeot a-t-elle pu écrire cela? Faut-il l'avoir vécu pour écrire tant d'horreurs. Cette fille, cette mère est malheureuse. Elle s’abaisse sans arrêt. Elle n'a aucune personnalité. Au départ, elle s'incline devant sa mère puis devant son mari. Elle est devenue une vraie esclave. Tout doit plaire à son mari. Pas de bruit dans la maison, une parfaite petite fée du logis, des enfants magnifiques. Elle est simplement dévouée corps et âme à son mari et à ses enfants. Un jour, un troisième enfant arrive et c'est la catastrophe. Il n'y a pas d'amour dans cette famille. Une vraie torture. En prison, cette femme meurt. Elle refuse de s'alimenter. Pour moi, elle est complètement devenue folle. Arrivera-t-elle un jour à se pardonner? J'en doute. L'histoire est très bien écrite avec ces flash-back qui nous permettent de bien comprendre la situation. La tension est au maximum. Mais un infanticide reste une horreur. Personnellement, je suis tiraillée entre le noir du livre et l'écriture magnifique ne Mazarine. C'est un livre à lire mais avec grands précautions. Il n'est pas fait pour tout le monde. Il vaut mieux être averti.

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