Le Privilège des rêveurs
de Stéphanie Janicot

critiqué par Aaro-Benjamin G., le 23 octobre 2007
(Montréal - 55 ans)


La note:  étoiles
La famille contemporaine
Roman à trois voix bizarrement situé aux USA qui commence en introduisant le personnage le plus fade, Caleb, un coach de base-ball victime d’un accident de la route, puis sa femme Salomé, une écrivaine française et leur fille adolescente, Judith, en recherche de soi.

La figure centrale, Salomé, nous parle directement, avec une franchise parfois déstabilisante. C’est le seul intérêt du bouquin, notamment lorsqu’il est question d’identité par rapport à ses origines juives. Tout le reste semble prétexte pour camoufler une auto-fiction mal assumée. On nous refait encore une fois le coup du roman dans le roman et la trame romanesque, pratiquement superposée au propos de Salomé, tient plutôt du téléroman que de la littérature.

Malgré une plume soignée et quelques jolies phrases, par exemple : « Vouloir gagner au loto n’est pas un vœu, c’est une démission. », il n’y a rien d’assez substantiel pour effacer un manque de volonté d’attaquer les sentiments. Peut-être en raison d’une crainte de tomber dans le mélo? Ainsi, le sujet premier – l’éclatement de la famille – est abordé avec cynisme, distance et désengagement, tranchant tout lien affectif aussitôt qu’il émerge chez le lecteur.