Les Sages de Chelm
de Isaac Bashevis Singer, Uri Shulevitz

critiqué par Sahkti, le 4 octobre 2007
(Genève - 50 ans)


La note:  étoiles
Raison ou folie
Le village de Chelm, c'est avant tout un conseil de cinq sages: Lekisch le Bon à Rien, Sender l'Ane, Zeinvel le Ramolli, Gronam le Boeuf et Treitel le Fou.
Des êtres surréalistes que Isaac Bashevis Singer a croqué avec beaucoup de férocité. Un conseil des sages pas comme les autres, qui dispose du droit de faire la guerre à qui bon lui semble, avec ou sans raisons, parfois juste parce qu'ils s'ennuient. Il leur arrive aussi de promulguer des lois bizarres sur le port des vêtements (quand on n'en porte pas, comment reconnaître un riche d'un pauvre? C'est pratique le vêtement unique ou... pas de vêtement du tout!).

Vous l'aurez compris, une fois de plus, Isaac Bashevis Singer se moque gentiment mais caustiquement du genre humain et de sa bêtise. L'abus de pouvoir porté jusqu'à l'absurde peut conduire à faire tout et n'importe quoi, sans même que les dirigeants s'en rendent compte. Etrangement actuel, n'est-ce pas?
Ce recueil ressemble à un conte, joliment illustré par Uri Shulevitz. J'ai passé un bon moment, j'ai ri et médité aussi sur les aberrations si visibles des régimes autoritaires qui se pensent démocrates.