Les rêves des autres de John Irving

Les rêves des autres de John Irving

Catégorie(s) : Littérature => Anglophone , Littérature => Nouvelles

Critiqué par Tistou, le 2 octobre 2007 (Inscrit le 10 mai 2004, 62 ans)
La note : 7 étoiles
Moyenne des notes : 8 étoiles (basée sur 3 avis)
Cote pondérée : 6 étoiles (20 541ème position).
Visites : 3 337  (depuis Novembre 2007)

Sept nouvelles

« Les rêves des autres » réunit sept nouvelles de John Irving écrites entre 1968 et 1993. D’intérêt et préoccupations variées, elles sont néanmoins toutes en liaison avec l’essence de l’être humain, de « l’homus americanus », qui inévitablement en vient un jour à se poser des questions existentialistes ; « pourquoi en suis-je là ?, vers quoi mon destin me pousse-t-il ? ».
Que ce soit pour celui qui acquiert un jour la faculté de rentrer dans les rêves des autres en dormant dans leurs lieux de sommeil (« les rêves des autres »),
Ou celui qui se laisse un peu cahoter par la vie comme elle vient, urologue de profession (tiens, ne serait-ce pas un recyclage des données collectées pour « l’épopée d’un buveur d’eau » ?). Qui a du mal à trancher entre ses obligations à l’hôpital, la volonté opiniâtre de son voisin à vouloir abattre son noyer qui provoque un raffut de tous les diables lors de la chute des noix sur leurs toits respectifs, et l’envie de sa jeune femme d’avoir un enfant. Le tout sur fond désabusé (« l’espace intérieur »).
Ou encore celui qui pour quitter sa femme prend la route avec sa Volvo chérie pour aligner les kilomètres comme on peut les aligner aux USA et se retrouver aux portes de l’Iowa pour mal finir (« dans un état proche de l’Iowa »).
Ou encore, plus étrange, Minna Barrett, surveillante de pensionnat vieille fille de cinquante-cinq ans, dont le seul horizon se borne à planifier la retraite chez son frère pour partager leurs maigres ressources, qui nous raconte ses sentiments feutrés et desséchés et qui se trouve confrontée, l’espace d’un été, à la tornade constituée par Clémence, femme pulpeuse et pleine de vie qui chambardera le bel ordonnancement du pensionnat (« un royaume de lassitude »).
Dans « mon dîner à la Maison Blanche », il nous livre quelques clefs permettant de cerner le John Irving homme public.
Mais c’est dans « faut-il sauver Piggy Sneed » qu’il présente sa conception de l’écrivain et de la démarche de l’écrivain :

« Ce qui va suivre est autobiographique, mais, entendons-nous bien, pour l’écrivain non dépourvu d’imagination, toutes les autobiographies sont truquées. La mémoire d’un auteur de fiction ne saurait lui fournir que des détails peu satisfaisants ; il nous est toujours possible d’en imaginer de meilleurs, de plus adéquats. Le détail juste est rarement ce qui s’est produit sans retouches ; le détail vrai, c’est ce qui aurait pu, ou qui aurait dû, se produire. Je passe la moitié de ma vie à me relire et, sur cette moitié, la moitié du temps à introduire de menus changements. La condition de l’écrivain exige qu’il sache allier l’observation minutieuse à l’imagination non moins minutieuse de ce qui ne lui a pas été donné d’observer. Quant au reste, il consiste à se colleter proprement avec le langage ; pour moi, en l’occurrence, travailler et retravailler les phrases jusqu’à ce qu’elles sonnent avec la spontanéité d’une conversation de niveau agréable. »

Puisse-t-il continuer à converser encore longtemps !

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Humour, espoir et ironie

8 étoiles

Critique de Veneziano (Paris, Inscrit le 4 mai 2005, 41 ans) - 26 janvier 2012

Ces nouvelles sont drôles et désabusées. Elles présentent de manière ironique, et à la fois pleines d'espérance, les travers de la société américaine, ses envies de performance, son hypocondrie, ses fantasmes et son conservatisme, derrière des histoires, qui, au premier abord, peuvent ne pas payer de mine.
L'ensemble est enjoué, sarcastique et non toujours dénué d'espoir d'évolutions.

Ecriture d'une efficacité redoutable.

9 étoiles

Critique de Blue_771 (, Inscrite le 8 décembre 2011, 63 ans) - 18 décembre 2011

Il ne s'agit pas d'un roman, mais de sept nouvelles dont le principal point commun est de présenter des personnages atypiques, voire burlesques.
- Les rêves des autres
- Un énergumène passe à table
- L'espace intérieur
- Dans un Etat proche de l'Iowa, ou l’itinéraire qui mène à l'état de grâce
- Un royaume de lassitude
- Faut-il sauver Peggy Sneed ?
- Mon dîner à la Maison-Blanche

Si tous les textes ne m'ont pas séduite, il me semble difficile de rester indifférente face à chacun d'eux. Certains m'ont parfois amusée, d'autres agacée ou bien encore troublée, amenée à m'interroger. Quelquefois, trop souvent, je me suis sentie frustrée par la fin de l'une ou l'autre des nouvelles, comme si l'auteur ne m'avait pas emmenée assez loin. Pourrais-je écrire avoir eu un coup de coeur pour ce recueil ? La réponse est "non ". Cependant, John Irving est un véritable peintre de l'écriture et c'est ce qui fait la force de son oeuvre. Son univers s'imprime et pendant ma lecture, il m'a semblé voir un film défiler, parfois avec une furieuse envie de détourner les yeux et pourtant quelques phrases distillées ici et là ont su m'interpeller. J'ai savouré certaines nouvelles, zappé certaines autres. Ma préférée : "Les rêves des autres".
Ecriture d'une efficacité redoutable. Personnages sont crédibles; on les sent vivre, on sait qu'ils peuvent exister. Ils ont des pensées incongrues, des comportements imprévisibles ou trop prévisibles. Ils ont des travers, ils sont humains.
Encore bravo Monsieur Irving !

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