Les demoiselles de Concarneau de Georges Simenon

Les demoiselles de Concarneau de Georges Simenon

Catégorie(s) : Littérature => Francophone

Critiqué par Ketchupy, le 8 septembre 2007 (Bourges, Inscrit le 29 avril 2006, 38 ans)
La note : 7 étoiles
Moyenne des notes : 8 étoiles (basée sur 3 avis)
Cote pondérée : 6 étoiles (20 211ème position).
Visites : 3 908  (depuis Novembre 2007)

Le crachin de la Bretagne

Non ! Georges Simenon n’a pas écrit que des romans policiers comme semble le penser la collection Folio en classant ce roman dans la catégorie « policier » !
Je classerai plutôt ce (court) roman en littérature dramatique.
Jules Guérec est un marin pêcheur célibataire de quarante ans, un peu simplet, étouffé par ses sœurs avec lesquelles il vit à Concarneau. Un soir, alors qu’il rentre de Quimper en voiture, il renverse un petit garçon et prend la fuite. Il va alors tenter de cacher cet acte à ses sœurs et se rapprocher de la mère de l’enfant décédé.
Je le répète : ce n’est pas une enquête policière à laquelle on a affaire mais à un « roman de l’intime et de l’égoïsme » comme le dit si bien le quatrième de couverture, ce qui est parfaitement illustré par le personnage de Jules Guérec qui ne peut qu’inspirer le mépris.
L’atmosphère du roman est assez sombre et les personnages semblent comme entourés en permanence d’une humidité grisâtre.
Un roman de sentiments, un peu dérangeant.

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Les éditions

  • Les demoiselles de Concarneau [Texte imprimé] Georges Simenon
    de Simenon, Georges
    Gallimard / Folio. Policier
    ISBN : 9782070407668 ; EUR 4,10 ; 28/01/1999 ; 148 p. ; Poche
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La vie d’un homme sous l’emprise …

8 étoiles

Critique de Pierrot (Villeurbanne, Inscrit le 14 décembre 2011, 67 ans) - 30 novembre 2018

Trop Il y avait trop de tournants, et aussi de montées, des descentes, pas très longues, mais brutales.
Il y avait aussi et surtout la question des cinquante francs qu’il fallait résoudre coûte que coûte avant d’atteindre Concarneau.
Seulement voilà : Jules Guérec n’arrivait pas à penser, du moins à penser cinq minutes durant à la même chose. Des tas d’idées venaient le distraire tandis qu’il restait immobile sur son siège, les mains au volant, le corps raidi, la tête en avant.
C’était la première fois qu’il conduisait le soir, dans l’obscurité, et ses propres phares l’impressionnaient. D’abord parce qu’ils transformaient le décor et les objets, les hommes eux-mêmes, au point de rendre l’univers méconnaissable. Ainsi, au dernier tournant, ils avaient auréolé de rayons blêmes une charrette, deux lourds chevaux, un paysan qui marchait à côté, le fouet à la main, et ce spectacle de tous les jours avait pris soudain un aspect quasi démoniaque.
Les phares lui faisaient peur aussi parce que, s’il rencontrait une autre voiture, il devait les éteindre, du moins se mettre en « code », et il craignait de tourner le bouton à fond et de se trouver un instant dans le noir absolu.
Or entre Concarneau et Quimper sévit un terrible autobus qui détruit au moins une voiture par semaine, et Guérec comptait les minutes, se demandant s’il arriverait au bout des tournants avant de le croiser.
Comment, dans ces conditions, penser aux cinquante francs ? Il dirait… Il pourrait dire qu’il avait invité des amis à boire, mais ses sœurs savaient bien qu’on ne boit pas pour cinquante francs même à cinq ou six…
Par-dessus le marché, il avait oublié d’acheter des pelotes de laine noire que Françoise lui avait demandées…
Il croyait à tout moment entendre le vacarme de l’autobus. Il penchait la tête en avant comme s’il eût pu mieux voir dans cette position, mais en réalité cela ne servait à rien. Qu’arriverait-il si le moteur s’arrêtait dans une montée ou dans une descente ?
Tout cela, c’était sa faute. Il le savait. Il n’en était pas fier. N’avait-il pas encore couru les rues pendant près d’une heure et demie ?
Il avait endossé sa meilleure vareuse de drap bleu et il s’était fait raser chez le coiffeur, si bien qu’il était parti avec des traces de poudre au-dessus des oreilles. Il avait mis sa casquette de patron pêcheur, à galon de soie noire.

La vie d’un homme vivant sous le même toit avec ses sœurs à Concarneau, on s’y croirait ! Superbe.

Un naufrage

9 étoiles

Critique de Catinus (Liège, Inscrit le 28 février 2003, 67 ans) - 21 février 2012

Les Guérec de Concarneau tiennent une épicerie près du port ; ils possèdent également trois bateaux et ont certainement quelques économies … La famille se compose de Françoise, Céline, Marthe et Jules. Les trois sœurs surveillent leur frère qui aurait un peu trop tendance à se livrer à des activités pas très catholiques, à savoir, par exemple, fréquenter ces femmes dont la spécificité (entre autres) est d’apostropher des hommes inconnus dans la rue. Puis Jules aime aussi boire (en cachette). Un jour, il est confronté à un tragique accident de la route. Céline, tout particulièrement, va découvrir ce secret que leur frère cache depuis quelques temps – sans compter que notre homme vient subitement de tomber amoureux de Marie Papin qui n’a absolument pas sa place dans la famille -. Les sœurs vont tout faire pour protéger le frangin et l’honneur familial. La fin du roman nous décrit un long naufrage assez impressionnant, le prix à payer.

Histoire bien ficelée et agréable à lire !

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