Le lac noir
de Hella Serafia Haasse

critiqué par Aaro-Benjamin G., le 7 août 2007
(Montréal - 50 ans)


La note:  étoiles
Amitié trahie
Il y’a de belles images dans ces souvenirs au temps de la colonisation des Indes néerlandaises. Une impression d’humidité tropicale plane sur le récit d’une enfance heureuse dans la nature luxuriante. Le narrateur, un hollandais, évoque joliment son amitié avec Oereg, un indigène de son âge. Malheureusement, les enfants grandissent – « …la baignade, désormais, se réduisait à une immersion rafraîchissante… » Et, les deux amis se séparent au fur et à mesure que le poids de leur origine devient trop lourd à porter en société.

Après l’insouciance charmante des premières pages, l’histoire souffre de lacunes. Le lac noir du titre, endroit mystérieux hanté par une sorcière, est peu exploité. Ceci aurait pu être fort intéressant. La transformation d’Oereg en fier défenseur de sa nation est mal expliquée, amenée en vitesse pour fermer la boucle. La confrontation entre le colonisateur et le colonisé ne dure qu’un instant alors qu’elle aurait due être au cœur de l’intrigue.

Un petit bouquin qui se lit d’un souffle. Agréable pour son atmosphère, mais sans plus.