Les absentes de Vincent Engel

Les absentes de Vincent Engel

Catégorie(s) : Littérature => Romans historiques

Critiqué par Pascale Ew., le 31 mai 2007 (Inscrite le 8 septembre 2006, 50 ans)
La note : 7 étoiles
Moyenne des notes : 7 étoiles (basée sur 2 avis)
Cote pondérée : 5 étoiles (33 280ème position).
Visites : 2 474  (depuis Novembre 2007)

Les mystères du passé et du présent

Plutôt déroutante et frustrante, la lecture de ce roman. Il est agencé en trois parties, centrées autour de trois personnages. Si les deux premiers sont liés, quand on lit la troisième partie, on a l’impression de lire un autre roman, avec de vagues liens avec les deux premières parties. On espère jusqu’à la fin, un dénouement, une explication du passé et du présent, qui ne vient jamais. Le mystère demeure, d’où la frustration lorsqu’on referme le livre.
Le premier personnage, Gioacchino Bruchola a tout pour vivre une belle vie de riche propriétaire toscan du 19ème siècle, mais il flambe toute la fortune de sa famille et finit brigand et meurtrier, en fuite. Sa vie est hantée par la haine : haine de son voisin, habile gérant de son domaine, mais surtout époux d’une femme dont il s’est pris de passion mais qui a disparu avec un amant en laissant derrière elle son jeune fils et son mari. Il meurt après avoir assassiné ce voisin. Cette partie du roman est décevante et inhabituelle : l’histoire débute comme une saga familiale, un roman fleuve, mais le héros est un anti-héros dont la déchéance ne fait que grandir.
Le deuxième personnage est Domenico della Rocca, le fils du voisin, qui, une fois adulte, part en Amérique sur les traces de sa mère. Sa vie est rongée par la mélancolie et il croit avoir des visions de sa mère ainsi que de la première femme du père de Gioacchino, qui s’est suicidée dans leur étang. Il ne découvre pas grand’chose, mais il finit par être brièvement guéri de sa mélancolie à son retour lorsqu’il rencontre la fille de Gioacchino - sans savoir que c’est elle - et qu’il l’épouse. Elle meurt peu de temps après, le temps d’avoir accompli sa mission : racheter la dette de son père. Elle apparaît comme une sainte, l’image totalement opposée de son père.
Et tout d’un coup, l’auteur passe à Baptiste Morgan, un étudiant belge contemporain, qui s’efforce de devenir écrivain. Il atterrit à Venise et se trouve mêlé malgré lui à des imbroglios mystérieux où ont l’air de rejouer les personnages du 19ème siècle décrits auparavant, mais avec des rôles différents. Il tombe amoureux de deux jeunes filles totalement différentes l’une de l’autre, mais n’arrive à en conquérir aucune d’elles. Le personnage qui l’a fait venir à Venise semble jouer avec lui, comme dans un rite initiatique qui lui permette de devenir un bon écrivain.
Le titre de ce roman me laisse un peu perplexe : je crois comprendre que les absentes sont dans un premier temps les femmes dont Domenico a des visions. Ensuite, il s’agirait des deux jeunes filles insaisissables dont Baptiste est amoureux, ou de sa mère qui se meurt ? Dans tous les cas, le fil du livre est déroutant et, je maintiens, un peu décevant après toutes ces pages. Tous ces mystères qui planent…

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Déconcertant mais cohérent

7 étoiles

Critique de Eric B. (Bruxelles, Inscrit(e) le 15 février 2001, 51 ans) - 10 juin 2012

Oui, ce livre est un tryptique, et il est indissociable de "Retour à Montechiarro", qu’il prolonge, sans en avoir toutefois le caractère captivant de bout en bout, malheureusement. Des trois parties qui le composent, seule la première m’a semblé avoir la force, la puissance noire du premier volet de cette saga, l’une de mes lectures les plus prenantes de ces dernières années. La seconde partie m’a semblé plus faible et la troisième, il est vrai, surprend, le contexte et le style changeant du tout au tout. Cette dernière partie constitue à l’évidence un autoportrait de l’auteur, à la fin de ses études à Louvain-la-Neuve, et lors d'un séjour à Venise. Elle explique tout à la fois la maturation de sa vocation littéraire, de même que le titre de l’ouvrage, l’absente étant ici la mère du narrateur, sur le point de mourir d’un long cancer. On passe ainsi, sans transition, du roman historique à l’autofiction, audace qui a de quoi décontenancer. Mais c’est aussi ce qui donne tout son sens à la démarche de l’auteur, dont les livres sont reliés les uns aux autres de manière à participer à la construction d’une ambitieuse œuvre totale toujours en cours d’élaboration (car ne doutons pas que Vincent Engel, encore jeune, est loin d’avoir dit son dernier mot).

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