La frontière
de Patrick Bard

critiqué par Ptixu, le 29 mai 2007
(paris - 49 ans)


La note:  étoiles
La world company vu par les mexicaines.
Patrick Bard, reporter et auteur à ses heures perdues nous livre un polar bien ficelé sur un sujet brulant d'actualité : les mystérieuses disparitions et mutilations de femmes mexicaines à la frontière entre les états unis et le mexique.

Nous suivons ici un reporter du nom de toni zambudio envoyé par son journal espagnol à Ciudad Juarez pour enquêter sur une série de meurtres perpétrée sur des femmes travaillant dans des maquilas et retrouvés mortes, violées et éviscérées dans le désert près de la frontière. Le pauvre Toni va découvrir peu à peu que les choses sont moins évidentes qu'il n'y parait et ... il ne va pas en sortir indemne.

Bard nous livre ici un polar très bien ficelé avec beaucoup de rythme et une plongée des plus sombres dans l'envers du décor de la beautiful life version world company.

Plus d'infos sur http://loisirsandco.com/blog/index.php/…
Une histoire vraie 9 étoiles

La ville frontalière de Ciudad Juarez a eu le grand déplaisir d’accueillir, en près de cinq ans, plus de 150 cadavres de jeunes femmes. Violées et assassinées par un gang local. Un épisode sanglant dans cette région frontalière américano-mexicaine. Intrigué, Patrick Bard a voulu en savoir plus. Il a d’abord fixé tout cela en images (voir la fiche de El Norte, du même auteur), puis a commencé à enquêter. Etonné que ces meurtres soient systématiquement classés sans suite, il a découvert la corruption de la police locale, le silence forcé autour de ces crimes et la dure réalité : ces femmes sont exploitées et travaillent jusqu’à en mourir, avant d’être achevées par des petites frappes au service des potentats locaux. Une histoire édifiante, que l’on pourrait qualifier de captivante si l’on ne savait qu’elle est hélas bien réelle.

Attention donc de ne pas prendre ce récit pour un simple roman policier, né de l'imagination de son auteur. Il s'agit d'une histoire affreuse, scabreuse, témoignant si besoin en était de quelle ignominie l'Homme est capable.
Au-delà de l'enquête, c'est également une profonde réflexion sur la société, à travers les maquiladoras, ces usines étrangères installées au Mexique et exploitant sans vergogne une main d’œuvre qui doit se taire.

Sahkti - Genève - 50 ans - 30 mai 2007