Mort à la Fenice
de Donna Leon

critiqué par Sahkti, le 10 mai 2007
(Genève - 45 ans)


La note:  étoiles
Meurtrière Traviata
Un brillant chef d'orchestre est empoisonné au coeur même de la Fenice en pleine représentation. Brunetti arrive rapidement sur les lieux et constate que chacun ment, dans l'entourage du maestro. Petit à petit, les langues se délient, mais ce n'est pas forcément pour faciliter la tâche du commissaire, qui pénètre (avec difficultés) le monde de la musique et de la haute bourgeoisie.

Une trame bien ficelée, une première enquête de Brunetti sous la plume de Donna Leon qui donne envie de poursuivre l'exploration de la série, un talent certain pour décrire les atmosphères vénitiennes et les coulisses théâtrales et puis un trait grinçant dans les descriptions psychologiques des personnages... bref, tout ce que j'aime!
Ce Brunetti est bien sympathique 6 étoiles

Brunetti est une bonne pâte. Mari aimant, père de famille souple avec ses enfants, au bureau, avec sa hiérarchie, il ne cherche pas à faire de vagues. Sa méthodologie pour appréhender le coupable ? Interroger méticuleusement chaque connaissance de la victime à la recherche du moindre indice susceptible de l'aiguiller sur la bonne piste.

Ça donne une enquête assez tranquille où tout le monde peut être le meurtrier. On est à l'opéra. Chacun joue un rôle. En dehors, Donna Leon insiste sur la description des rues de Venise : l'architecture, les transports, les restaurants. On a l'air de bien y manger d'ailleurs.

Alors que Brunetti a l'air de piétiner (sa femme l'abreuve par ailleurs de suspects potentiels se basant sur un simple ressenti), toute la solution nous est balancée dans les dernières pages. Ce Wellauer était peut-être un grand chef d'orchestre mais peut-être cachait-il des secrets inavouables.

Incertitudes - - 35 ans - 15 janvier 2020


L'envers du décor 9 étoiles

La première enquête du commissaire Brunetti nous entraîne dans les dédales de la Cité des Doges et dans les coulisses de l'opéra , au milieu d'une réprésentation de la "Traviata "où l'on apprend la mort suspecte d'un célèbre chef d'orchestre.

Dépêché sur les lieux, le commissaire Brunetti est plongé dans une véritable enquête de moeurs, une histoire développée avec finesse, trait d'esprit et verve. Car, si la tradition du roman policier dans les thèmes abordés et les caractéristiques comme la présence de suspects, les mobiles d'un crime etc. sont respectés ( admirateurs d'Agatha Christie, bonjour) c'est, en plus, très bien écrit et très bien traduit par M.Desmond, également traducteur de Stephen King.

Avec un début punchy, on s'attache très vite au personnage de Brunetti, "un vieux de la vieille", fin observateur et essayant de trouver la vérité, le juste milieu.

Bien sûr, c'est de l' Agatha Christie moderne et raffinée chez Donna Leon , à la mesure de son personnage nonchalant et attachant, qui a étudié le grec, aime la famille et les bretzel vénitiens... à travers lui, c'est aussi Venise, omniprésente, qui est contée.
Des traits d'esprit, heureux, ponctuent aussi 'histoire pour mon grand bonheur : "cette première personne du pluriel allait sans aucun doute laisser la place non seulement au singulier ,mais encore à la première personne" (p.315).
Enfin, pêle mêle , l'on apprend sur les signes cabalistiques, Thycidide , l'usine de Marghera et l'utilisation du cyanure. Saviez-vous qu'il servait au développement des films ?

Caro des bois - - 10 ans - 16 février 2014


Séduit, indiscutablement ! 9 étoiles

Imaginez, pourquoi pas, un groupe de mélomanes qui sort de l’opéra et qui discute abondamment du chef d’orchestre. Ces fans de grande musique le détestent cordialement si l’on peut dire et une plaisanterie fuse : Et si on l’éliminait ? Il n’en faut pas beaucoup plus pour provoquer chez Donna Leon l’idée d’un roman policier. C’est là – du moins si on se réfère au site officiel de Donna Leon en France, http://www.donnaleon.fr – qu’il faut trouver l’origine du premier roman mettant à l’œuvre la fameux commissaire Guido Brunetti, le grand enquêteur vénitien…

Mais entre le roman et la plaisanterie de départ, il n’y a que peu de lien car chacun aura bien compris qu’avec ce titre on ne rigole plus, le maestro va effectivement s’écrouler, mort, empoisonné ! Fini la rigolade, il faut trouver le coupable avant que l’émoi dans la belle et vieille ville de Venise ne submerge encore plus sûrement les institutions que la mer dévorante pourtant…

Wellauer, un grand chef d’orchestre allemand – figure dans laquelle certains pourraient bien reconnaître un certain Karajan – est effectivement retrouvé à l’état de cadavre, dans sa loge, au moment de la reprise du spectacle, en pleine Traviata. Le cyanure a fait son effet…

Il est vieillissant, exaspérant, exigeant, moralisant, apparemment richissime et marié à une très belle, jeune et intelligente femme… de quoi mettre en appétit un commissaire gourmand, intelligent, plein de bon sens, aimant la vie et la bonne chère, mais qui cherche avant toute chose à régler cette affaire pour le mieux afin d’aller retrouver sa femme et l’ambiance délicate du foyer… à moins qu’un ami l’invite au restaurant sur la route… cas de force majeure !

Pour ceux qui ne connaitraient pas encore les romans délicieux de Donna Leon, c’est bien sûr par celui-là qu’il faut commencer. A petites touches, la romancière américaine, devenue au fur et à mesure des ans plus Vénitienne que les anciennes familles de l’illustre lagune, nous fait pénétrer une ville, sa géographie, ses us, sa culture… Elle nous fait respirer son air, fait boire son café, manger ses plats, toucher son humidité et nous invite même à une soirée mondaine où jamais vous n’auriez pu aller sans son aide…

Il faut dire que notre commissaire Guido est accompagné par une drôle de femme qui n’est pas qu’enseignante, elle est aussi la fille de… Oui, un homme qui compte, qui fait des affaires, qui sait beaucoup de choses, qui peut, parfois, aider le commissaire à ne pas commettre d’impair dans certains milieux vénitiens qui n’ont pas l’air commode…

Comme Brunetti prend tout cela avec beaucoup de distance, comme son chef est particulièrement bête, vaniteux, intéressé et soucieux de plaire au grand du monde, Donna Leon trouve un ton spécifique à ses romans entre cynisme, ironie, humour et humaniste. Un cocktail bien sympathique pour le lecteur qui m’a enchanté et qui je souhaite ouvrira à de nombreux autres amateurs de polars la route des aventures et enquêtes de Guido Brunetti !

Shelton - Chalon-sur-Saône - 63 ans - 3 mai 2012


Agréable, pour tous. 7 étoiles

Les premières aventures de l'inspecteur Brunetti nous entrainent dans l'opéra et plus précisément dans la célèbre Fenice de Venise. Ce roman montre déjà les caractéristiques des prochains, analyse psychologique des personnages, fort attachement de Brunetti ( et du lecteur, peut-être ... ) à sa famille, présence de problèmes de société, qui sont à la limite plus importants que l'énigme policière. Le tout dans une ville bien décrite par D. Leon. ce ne sera peut-être pas au goût des amateurs d'énigmes et de policiers, mais cela vaut le coup d'en lire au moins un.

Senoufo - - 61 ans - 6 août 2010