Shantaram
de Gregory David Roberts

critiqué par Bosnia, le 24 février 2007
( - 39 ans)


La note:  étoiles
Aventure Humaine, philosophie et aventure
Australie, 1980. Lin s’évade de prison, et atterrit sous une fausse identité dans les rues fourmillantes de Bombay, où il espère disparaître. Il pénètre peu à peu le monde secret de la «ville dorée», où se côtoient prostituées et religieux, soldats et acteurs, mendiants et gangsters.

Fugitif sans famille, Lin cherche inlassablement à donner un sens à sa vie, d’abord en improvisant un dispensaire dans un bidonville, puis à l’échec de celui-ci en faisant ses premières armes dans la mafia de Bombay.
Mais les clés du destin de Lin se trouvent entre les mains de son mentor, Khader Khan, parrain de la mafia, à la fois criminel, saint et philosophe, et surtout de Karla, femme mystérieuse, belle et dangereuse dont Lin tombe follement amoureux.
Le lecteur a l’occasion de découvrir les multiples facettes de l’Inde a travers les fascinants personnages (autochtones et étrangers) de ce roman épique.
Shantaram ou comment attraper le syndrome de l'Inde sans y avoir mis les pieds...une découverte multi-sensorielle mais surtout pleine de réflexion.

Découverte, humour, philosophie et humanité.

A lire absolument...
Des bidonvilles de Bombay aux sentiers de la guerre en Afghanistan 8 étoiles

Au travers d’une immense et passionnante épopée, l’auteur-narrateur nous raconte sa vie à Bombay, après s’être évadé des prisons australiennes.

Ce récit-roman témoigne de l’immense misère des bidonvilles de Bombay et de la résilience de leur population si particulière, tout à la fois philosophe et solidaire. Le héros nous entraînera ensuite au cœur des effrayantes prisons de l’Inde dont, pour certaines, le locataire a peu de chances de ressortir vivant. Nous ferons également connaissance avec les mafias indiennes, lesquelles, avec une cynique lucidité, distinguent le simple crime (trafics de devises et de faux papiers) du péché dans le crime (drogue, prostitution).

Le récit se terminera, avec un certain essoufflement me semble-t-il, parmi les moudjahidines indo-pakistanais au cœur de confuses guérillas contre les envahisseurs russes.

De cet excellent roman-brique de quelque 900 pages, le lecteur en ressort nourri et très documenté sur la culture indienne et sur cette population du sous-continent confrontée tout à la fois à l’opulence, la corruption et à une misère insoutenable.

Ori - Kraainem - 83 ans - 14 décembre 2012


chef-d'oeuvre absolu! 10 étoiles

Mon livre préféré, ça a été un véritable choc pour moi.

Un magnifique roman, à la fois roman d'aventures, polar, roman autobiographique, roman philosophique, roman d'apprentissage: inclassable en fait.

Les descriptions de l'Inde et des indiens sont magiques et l'écriture est tellement belle et limpide. On est plongé dans une ambiance bollywood délicieuse.

Très descriptif par contre, ça peut gêner certains lecteurs mais moi j'ai adoré.

On rit, on pleure, on retient son souffle, on se sent tellement proche de ces personnages, on a envie d'y être!

Le mot "autobiographique" ne doit pas vous faire peur car c'est très romancé et ce n'est pas du tout sous forme documentaire.

Quand on referme le livre, on ressent comme un manque et une nostalgie et on a envie d'y retourner.

À réserver aux lecteurs confirmés si je puis dire, parce que les 900 pages écrites en tout petit faut les bouffer.

Bref ce roman a changé ma vie!

Linbaba - - 35 ans - 2 août 2012


Shantaram 10 étoiles

L'histoire est très prenante. On est captivé. On découvre un pays, un culture. On a envie d'y aller.
Il fait partie de ces livres qu'on n'arrive pas à quitter. On le conseille, on l'offre et tout le monde aime.

Carine.carine - - 35 ans - 26 octobre 2011


Une autobiographie "bien" romancée 7 étoiles

J'ai pensé trouver dans cette lecture un peu de L'équilibre du monde de Mistry. En effet, l'histoire se déroule dans le même pays, en Inde, et à la même époque, dans la deuxième partie du 20ème siècle. Elles abordent toutes les deux certains thèmes communs : la corruption, les terribles inégalités sociales, les saveurs et senteurs des produits et des âmes indiennes, le banditisme, les violences... Et puis ce sont deux très gros récits d'environ 900 pages dans lesquels nous avons bien le temps de nous immerger.
Mais quelle déception après avoir lu L'équilibre du monde que de parcourir Shantaram. Il aurait fallu commencer par ce dernier pour monter en puissance. Trop de points communs pour ne pas les comparer, trop de magnificence dans le chef d'oeuvre de Mistry pour laisser une petite place à la soi-disant autobiographie de Gregory David Roberts.

Quelle que soit la véracité des propos et faits relatés ici, qui quoi qu'il arrive semblent un peu trop détaillés pour n'avoir pas été bien romancés, ce livre est une déception.
Alors bien sûr, il y a du positif : une certaine humanité se dégage ici et là, le fonctionnement de cette fourmilière qu'est Bombay est fort bien relaté, les personnages sont bien décrits et disséqués. Mais c'est franchement léger pour tous ces mauvais côtés : une histoire d'amour à l'eau de rose pleine de clichés extrêmement décevante qui ne semble être là que pour apporter un peu de pseudo-romantisme et surtout beaucoup d'égoïsme à notre "héros", des passages et surtout des fins de chapitre se voulant révélateurs d'une certaine philosophie de vie très légers à la limite du comique "j'y aspire de tout mon coeur plein de désirs et de défauts", "cette nuit-là, le calme qui régnait dans mon coeur était presque celui d'une paix profonde", "je fouillais les décombres de mon coeur et je reconstruisais sur les ruines"...

Cela reste un beau dépaysement dans un pays qui ne peut que captiver.

Elya - Savoie - Dauphiné - Ardèche - 29 ans - 28 juin 2011


Autobiographie d'une ville 9 étoiles

Quoi de plus prétentieux qu'une autobiographie ? Que de se dire que sa petite histoire est suffisamment intéressante pour être contée, écrite et publiée ? Parfois - le plus souvent - c'est un échec, surtout quand on est un people de 20 ans à la carrière en feu de paille. Mais, plus rarement, des auteurs ont la bonne idée de se faciliter (?) la tâche en faisant de leur vie la plus belle matière à fiction. Dostoïevski aurait pu être un de ceux-là. Roberts l'est.
En effet, on n'a pas besoin d'une imagination débordante pour trouver une intrigue quand on est un ancien junky, incarcéré dans une prison haute sécurité australienne, dont on s'évade pour se réfugier sous une fausse identité à Bombay et y vivre d'abord dans les bidonvilles - où l'on crée un dispensaire pour malades indigents - avant de se faire un chemin dans la pègre locale pour finir moudjahidin en Afghanistan. Voilà, en gros, la trame du roman.
Quelle en est la part d'autobiographie ? la part de fiction ? Nul ne le sait vraiment hormis l'auteur qui affirme de son côté que le plus gros de l'histoire relève de la fiction (et pour cause: vu le nombre de crimes auxquels il serait plus ou moins lié, reconnaître les faits lui vaudrait quelques nouvelles années de taule - parce que la condamnation et l'évasion en Australie, c'est du véridique).
Mais finalement, là n'est pas la question et la véracité des faits est tout à fait secondaire. Ce qui nous intéresse ici, c'est qu'on se trouve quand même devant un sacrément bon bouquin !
L'intrigue, brièvement exposée ci-dessus, nous fait voyager à Bombay de ses "slums" et de ses rues crasseuses bourrées de rats et de marchés aux esclaves aux bars lounge et aux salles de gym des beaux quartiers fréquentés par les expats et la pègre locale, en passant par des cachots sombres et puants à souhaits. On y rencontre des chauffeurs de taxi, des malades du choléra, des lépreux, des femmes fatales, des combattants, des tueurs, d'autres tueurs, un tueur français (cocorico !), des gangsters africains, des acteurs de Bollywood et des mannequins occidentaux, des afghans, des indiennes, des standing Babas... un florilège de personnages plus ou moins reluisants mais tous charismatiques et souvent attachants qui aiment, tuent, dealent, soignent, se shootent, meurent et surtout vivent dans une ville: Bombay, charmeuse et vénéneuse, où Roberts nous transporte littéralement, nous la rendant intime sans l'avoir jamais vu.
La Ville Dorée est en effet au centre du livre (et l'escapade en Afghanistan, pour réussie qu'elle soit, n'a pas le même charme que le reste de ces presque 900 pages), elle en est l'âme. On la découvre de l'intérieur, goûtant à tout ce qu'elle a à offrir qu'on soit riche ou pauvre, indien ou immigré, musulman, hindou ou chrétien... Une incroyable mosaïque de cultures, de destins et de personnages dont se détachent, outre Lin, le héros, Prabaker, le souriant chauffeur de taxi ; Karla, qui présente les mêmes attributs que Bombay: littéralement belle à mourir ; Abdel Khader Khan, le mystique parrain de la mafia afghane à Bombay ; et Didier, un gangster français aussi raffiné et affable que dangereux.
Certes, le roman n'est pas parfait, on pourra lui reprocher quelques bons sentiments superflus et un aspect rédemption (la traduction pour "shantaram") un peu trop appuyé. Mais quels bons moments on passe en tournant les pages de ce pavé aussi dépaysant que captivant !!
Je parie qu'il va susciter des envies de voyage... Alors lisez-le, puis réservez vos billets !

Stavroguine - Paris - 35 ans - 14 mai 2008