Liberté pour les ours ! de John Irving

Liberté pour les ours ! de John Irving
(Setting free the bears)

Catégorie(s) : Littérature => Anglophone

Critiqué par Missparker, le 30 novembre 2006 (Ixelles, Inscrite le 27 janvier 2006, 36 ans)
La note : 8 étoiles
Moyenne des notes : 8 étoiles (basée sur 2 avis)
Cote pondérée : 5 étoiles (21 077ème position).
Visites : 3 057  (depuis Novembre 2007)

Premier roman

Quatrième de couverture :

"Siggy et Graff, les deux narrateurs farfelus de ce roman, sont une version moderne de Don Quichotte et Sancho Pança. Seules différences : ils sillonnent la campagne autrichienne sur une énorme moto et se battent pour la libération des animaux du zoo de Vienne.
Avec sa richesse, sa vitalité, sa fraîcheur, Liberté pour les ours !, premier roman de John Irving, cache cependant une intrigue plus grave : celle qui explore l'histoire, tour à tour tragique et grotesque, de l'Europe centrale de ces cinq dernières décennies"

Le premier roman de John Irving fourmille d'inventivité et de drôlerie mais est peut-être un peu plus difficile d'accès au niveau de l'écriture...
On retrouve l'humour et la fantaisie habituels mais c'est écrit un peu différemment, ce qui m'a déconcertée dans un premier temps.

J'ai eu un peu de mal avec la première partie, mais la suite ne m'a pas déçue.

On sent que c'est le premier roman d'Irving : l'écriture n'est pas encore au point et c'est un peu fouillis mais on peut deviner les prémices de l'excellence à venir...

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Roman foutraque !

8 étoiles

Critique de Tistou (, Inscrit le 10 mai 2004, 62 ans) - 9 octobre 2007

« Liberté pour les ours ! » est le premier roman de John Irving. Ecrit après un séjour en Europe, en Autriche à Vienne plus précisément, où il vint passer un an avec une bourse d’études à l’Institut d’Etudes Européennes.
Le roman est fortement inspiré de cette époque puisqu’il se déroule à Vienne, à Kaprun (où Irving allait skier en hiver), et rend compte sans peur de l’imbroglio de ce qui deviendra la Yougoslavie (l’ex-Yougoslavie faut-il dire maintenant !) pendant la seconde guerre mondiale.
Car « Liberté pour les ours ! » est un roman foutraque, qui se déroule à plusieurs niveaux en même temps, déja représentatif de ce que fera Irving plus tard ; des histoires faussement légères, remplies de détours imaginatifs et merveilleux, avec une vision toujours généreuse et optimiste. Il a fait l’objet de plusieurs tentatives de mise à l’écran … en vain. John Irving doute même qu’aujourd’hui son roman serait encore publié. Dans « La petite amie imaginaire », cette considération d’Irving :

« Lors d’une autre conversation, j’ai demandé à Mr Fox (son éditeur) s’il publierait encore « Liberté pour les ours ! » aujourd’hui, à supposer que le manuscrit arrive sur son bureau, chez Random House. Il a hésité une seconde de trop avant de me répondre : « Mais, oui, enfin, c’est-à-dire … » Vous voulez mon avis ? Je crois qu’il voulait dire non. »

Trois parties ;
Dans la première, deux étudiants, Graff et Siggy, se rencontrent plutôt par hasard, autour d’une moto qui aura un des premiers rôles du roman. Projets d’étudiants idéalistes, ils veulent tout larguer pour aller voir l’Italie. Mais un autre projet a germé dans la tête de Siggy à l’occasion d’une visite au zoo de Vienne ; il veut libérer les animaux (et pas que les ours !). Départ de nos deux compères en moto à travers l’Autriche profonde, apparition de Gallen, la belle petite autrichienne aux tresses blondes, accident grave de moto et d’abeilles. Fin du premier acte (intitulé Siggy).
Dans la seconde (les carnets) ; Graff qui se remet des piqûres d’abeille qui ont failli le laisser pour mort, en profite pour lire les carnets de Siggy qui entremêlent deux époques, la seconde guerre mondiale pour ce qui concerne les parents de Siggy, et la reconnaissance qu’a mené Siggy au zoo de Vienne en vue de la libération des … animaux.
Dans la troisième enfin (Liberté !), Graff enfin remis sur pied et Gallen s’enfuient ensemble en moto et Graff va irrésistiblement tenter de donner vie au projet qui avait obsédé Siggy. Ce troisième acte est en clair-obscur et laisse un petit goût amer, par contraste avec la verve débridée des deux autres actes où même les tragédies de la guerre parviennent à passer … joyeusement (je dois être trop romantique !). Il unifie les deux autres, leur donne cohérence et justification.
La construction est, on le voit compliquée, mais la facilité d’écriture d’Irving permet de passer d’une petite saynète à l’autre sans lourdeurs. C’est folingue, finit tristement, mais il y a du fond.
A mon avis, durant son séjour en Autriche, John Irving a dû fantasmer sur les « Mädchen » aux tresses blondes ! Dommage qu’il les traite aussi mal.

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