Hercule Poirot quitte la scène de Agatha Christie

Hercule Poirot quitte la scène de Agatha Christie
(Curtain : Poirot's last case)

Catégorie(s) : Littérature => Policiers et thrillers

Critiqué par Zeddicus, le 18 novembre 2006 (Montbéliard, Inscrit le 30 mars 2006, 27 ans)
La note : 9 étoiles
Moyenne des notes : 9 étoiles (basée sur 7 avis)
Cote pondérée : 7 étoiles (899ème position).
Visites : 10 168  (depuis Novembre 2007)

La mort d'Hercule Poirot

Comme de nombreux auteurs avant elle, Agatha Christie fit mourir son personnage fétiche dans son dernier roman. Ainsi, c'est un Hercule Poirot vieux, impotent et mourant mais néanmoins aux petites cellules grises intactes que nous retrouverons ici. Et c'est dans la demeure de Styles St-Mary, dans laquelle avait eu lieu sa première enquête ("La mystérieuse affaire de Styles") qu'il revient pour y mourir. Mais cela ne se fera pas sans résoudre une nouvelle et dernière enquête criminelle.

Je ne tiens pas à en dire plus sur l'histoire afin de ne pas trop gâcher le plaisir de la lecture. Néanmoins, sachez qu'on y retrouve comme toujours le capitaine Hastings en tant que narrateur de l'histoire. En ce qui le concerne, il s'est marié, a eu des enfants puis sa femme est morte. D'ailleurs, sa fille Judith est elle aussi présente dans cette histoire.

Ce roman est sans hésitation l'un de ceux écrits par la reine du crime que je préfère. En effet, on y trouve pour une fois un aspect émouvant. La déchéance du détective belge, puis sa mort et les bouleversements que cela entraîne chez Hastings rendent ce récit particulièrement triste. De plus, on y sent beaucoup de mélancolie, de nostalgie du temps de la jeunesse et des précédentes enquêtes. Pour ce qui est de l'enquête à proprement parler, je m'attendais à ce que pour la dernière, elle soit moins intéressante que dans les précédents livres. Mais je me trompais lourdement. C'est même au contraire l'une des plus captivantes. On croit savoir, on a des soupçons, mais on se trompe. Et c'est Hercule Poirot, qui, au moment où on le croit au plus bas, qui nous surprend encore. Vous aussi, quand vous aurez lu ce livre, vous vous direz "Mais bien sûr, qui d'autre aurait pu ?!".

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Pas tout à fait convaincue

6 étoiles

Critique de Sonic87 (, Inscrite le 28 mai 2014, 33 ans) - 20 août 2014

Avec toutes ces critiques enthousiastes je m'attendais à un des meilleurs romans d'Agatha Christie, du même niveau que "Le Noël d'Hercule Poirot" ou "Les Vacances d'Hercule Poirot".
J'ai été un peu déçue. En effet, j'ai trouvé qu'il ne se passait pas grand-chose dans les trois premiers quarts du livre puisque la mort de Barbara Franklin n'arrive qu'à la page 148. Avant cela il n'y a que nostalgie de la part de Hastings, le narrateur, et juste quelques distractions au sujet du comportement de sa fille. J'ai remarqué également quelques répétitions qui, selon moi, font que l'action ne décolle pas.
L'épilogue, à savoir le manuscrit de Poirot, nous amène enfin des réponses. Mais cela m'a semblé tellement improbable : [révélations] la manigance de Poirot depuis longtemps pour que les autres croient qu'il a les jambes "inutilisables", la moustache brûlée autrefois pour en avoir une fausse, le comportement de Norton (qui aime les oiseaux, fut choqué jeune à la vue d'un lapin blessé par quelqu'un mais en fin de compte est un gros sadique).
Non, je trouve que tout cela n'est pas très crédible.

Le meilleur pour la fin ?

9 étoiles

Critique de Incertitudes (, Inscrit le 4 décembre 2008, 33 ans) - 19 mai 2014

Il serait facile de dire d'Hercule Poirot quitte la scène que ce serait une sorte de livre-testament, etc, etc.

En effet, Hastings, le narrateur, est invité par son vieil ami, Hercule Poirot, à Styles, théâtre de leurs débuts. Hastings pleure la mort de sa femme (sans doute celle qu'il a rencontrée dans Le Crime du golf) et se remémore le bon temps quand avec Poirot ils partaient ensemble à la chasse aux assassins. Quant au détective belge justement, il n'est que l'ombre de lui-même. Si ses fameuses cellules grises paraissent intactes, il est contraint de rester cloué à son fauteuil rongé par la fatigue et la vieillesse. Dur.

Pourtant même si cette ultime enquête mettant en scène Hercule Poirot est parue quelques temps avant le décès de la romancière, en réalité Agatha Christie a écrit l'histoire durant la seconde guerre mondiale. Pour permettre à sa fille et son mari d'avoir une certaine sécurité financière au cas où elle viendra à décéder brutalement.

L'originalité de l'intrigue vient de deux choses. Poirot désormais infirme est en retrait. Hastings sera son chien de chasse, ses yeux, ses jambes. Deuxièmement, Poirot connaît le meurtrier dès le début et toute la difficulté sera de prévenir le meurtre car comme il le dit, un meurtrier tue et tuera encore et encore.

Ce n'est pas un secret de polichinelle, Poirot meurt à la fin du livre, rendant le récit fait par Hastings assez émouvant. Je n'en dirai pas plus mais c'est lui qui aura tiré les ficelles jusqu'au bout.
Fait rare, preuve s'il en était besoin de la popularité de Poirot, il aura droit à sa nécrologie dans le New York Times. Le rideau peut s'abaisser. Poirot quitte la scène sous un tonnerre d'applaudissements.

Un des meilleurs

10 étoiles

Critique de Kmi (, Inscrite le 10 avril 2012, 25 ans) - 11 avril 2012

Ce roman est selon moi un des meilleurs de l'auteur. C'est malheureusement le dernier roman dans lequel le célèbre Hercule Poirot apparaît. Comme toujours, l'intrigue est très bien ficelé et Agatha Christie nous tient en haleine jusqu'à la dernière ligne.
Rebondissements, surprises et suspense, ce roman contient sans conteste toutes les clés d'un très bon roman policier !

Une finale géniale

9 étoiles

Critique de Nance (, Inscrite le 4 octobre 2007, - ans) - 5 juillet 2008

Je trouve ça triste pour Hercule Poirot, mais je comprends Agatha Christie de décider de tuer son personnage pour ne pas que d’autres écrivains l’utilisent. La finale de l’enquête est spectaculaire. Bien qu’au début je ne trouvais l’histoire que divertissante (je craignais connaître le meurtrier), la fin m’a donné tout une autre perspective. Comme c’est souvent le cas avec Agatha Christie, mes prévisions sont défaites, mais j’ai trouvé la finale plus originale que d’autres d’elle. C’est un de mes livres préférés de l’auteure avec les Dix petits nègres.

Poirot quitte la scène en beauté

10 étoiles

Critique de Killeur.extreme (Genève, Inscrit le 17 février 2003, 36 ans) - 30 mai 2008

La critique principale a assez bien résumé l'intrigue, donc je ne vous ferai pas de résumé, par contre concernant l'enquête, Agatha Christie l'a travaillée de manière que ce derniers roman soit une digne fin pour son détective, et contrairement aux autres Poirot, l'auteur ne se moque pas des manies de son personnage principal c'est peut-être le seul roman où elle avoue qu'elle aime son personnage, autre élément l'intrigue N'EST PAS BACLEE, si comme on le dit souvent Agatha Christie "détestait" Poirot, elle ne lui aurait pas offert un aussi beau final [(tant pour l'émotion que provoque sa mort, même si le titre est clair quant au contenu, que pour l'intrigue), la mort de Poirot fait penser à celle des mousquetaires dans "le Vicomte de Bragelonne" qui a beaucoup affecté Alexandre Dumas pendant l'écriture, il écrira même avec émotion à son fils: "..Je viens de tuer Porthos..."], la déchéance de Poirot le rend plus humain et Hastings prend une nouvelle dimension via les relations avec sa fille et sa nostalgie, la mort de sa femme qu'il a encore du mal à supporter, l'éloignement de ses enfants et finalement la mort de son dernier ami, il est bien seul à la fin du roman, mais plusieurs éléments font penser qu'il remontera la pente. Un très bon roman de la "Reine du crime", le seul défaut: Poirot meurt.

Agatha Christie écrivit ce dernier roman mettant en scène le célèbre détective belge pendant la période où Londres fut bombardée, car elle craignait pour sa vie et souhaitait qu'en cas de décès ses proches puissent continuer à vivre financièrement et aussi pour que personne ne poursuive les aventures d'Hercule Poirot après sa mort (mais bon pas très efficace, il suffit qu'un autre auteur décide d'écrire des aventures de Poirot antérieures à cette dernière enquête, quand les droits seront dans le domaine public). Finalement l'auteur n'est pas morte pendant la guerre et a continué d'écrire jusqu'à sa mort en 1976, le roman devant être publié après, mais sous la pression de son éditeur, elle accepta qu'il soit publié de son vivant.

Très bon roman ! Grand classique ?

10 étoiles

Critique de Shelton (Chalon-sur-Saône, Inscrit le 15 février 2005, 61 ans) - 22 avril 2008

Pourquoi avoir ressorti de sa couche de poussière et avoir relu ce roman pourtant déjà assez ancien ? Tout simplement parce qu’en lisant l’essai de Pierre Bayard, Qui a tué Roger Ackroyd ?, je me suis aperçu que je ne me souvenais pas assez de ce dernier acte des aventures d’Hercule Poirot. Pourtant, l’exégète d’Agatha Christie y faisait souvent référence. Dans cette ultime enquête, Poirot se révèle sous un jour différent, et ô combien inquiétant, ce qui n’est pas sans lien avec ce roman de 1926 où il sombrait dans une forme de délire… Alors, j’ai décidé, durant mes vacances, de replonger dans cette mystérieuse propriété de Styles, en compagnie certes d’Hercule Poirot mais aussi de Hastings, Judith, Norton, Allerton…
Poirot est devenu un vieillard qui n’a presque plus d’autonomie. Dans Le meurtre de Roger Ackroyd, il n’était qu’un jeune retraité, ce qui était paradoxal puisque nous étions au départ de ses aventures, du moins pour son auteur, Agatha Christie, 1926 pour être exact. Il a choisi, enfin Hastings son vieil ami le croit, ce site de Styles devenu une maison d’hôtes, pour finir ses jours. Il décide d’y inviter son fidèle compagnon – encore que le texte laisse à penser que c’est aux frais d’Hastings – pour quelques jours… Heureuses retrouvailles ? Nostalgie du temps qui passe ? Albums de souvenirs à feuilleter ensemble ? Non, une ultime chasse aux criminels, une partie délicate, la chute d’un multirécidiviste invulnérable…
Ce dernier récit de Hastings – comment pourrait-il écrire une quelconque ligne si Poirot n’est plus là pour diriger l’enquête – a une place importante dans l’œuvre de la reine anglaise du crime. Tout d’abord parce que c’est une des premières confessions de Hastings sur sa vie privée (je crois me souvenir de quelques éléments biographiques dans ABC contre Poirot), sa femme, son mariage, ses enfants, la communication et l’éducation au sein de la famille Hastings, l’Argentine et le ranch, enfin, le veuvage qui semble si douloureux à ce pauvre militaire… D’ailleurs, pourquoi est-il resté capitaine ? N’avait-il pas la carrure pour terminer, au moins, major comme cet Allerton que l’on rencontre à Styles ?
C’est aussi – et surtout ? – le roman des relations entre Hastings et sa fille Judith. Elle est jeune, c’est, probablement, la préférée du vieil homme. Mais il n’a jamais pu la comprendre, l’écouter, lui parler… Et voilà qu’elle se retrouve en danger… Pas à cause de son travail – elle est la brillante assistante du docteur Francklin – mais de ses relations ! Comme toutes les jeunes filles fraîchement diplômées – elle vient d’obtenir son diplôme scientifique et a accepté un poste d’assistante auprès d’un médecin engagé dans des recherches concernant des maladies tropicales – elle pense qu’elle n’a pas écouté les autres, les vieux en particulier, à fortiori ce père qui prétend régenter sa vie privée…
Comme dans tous les romans policiers, il va y avoir un meurtre. Mais reconnaissons-le, ce dernier arrive fort tard dans le roman, un peu comme si ce dernier devant sonner la fin des aventures de Hercule Poirot, Agatha Christie en retardait le déclenchement…
Beaucoup de choses ont été dites à propos de ce dernier roman mettant en scène Hercule Poirot, et je n’en dirai que le strict minimum pour conserver un peu de suspense. Poirot se révèle, une fois de plus, comme un grand manipulateur, un génie de la réflexion pure, un tireur de ficelles hors-normes…
Mais, comme Pierre Bayard, une question persiste : Poirot est-il un défenseur de la morale et de l’ordre public ? Ou un fou qui prétendrait comprendre toutes les motivations humaines, qui voudrait être celui qui a raison dans tous les cas, le personnage absolu qui déciderait d’enterrer sa créatrice dans une dernière action libre ?
Agatha Christie a-t-elle compris qu’elle était devenue l’esclave de l’un de ses héros ? Probablement pas, car ce doit-être, n’en doutons pas, qu’un rêve de lecteur, de spécialiste, de professeur de français…
Très bonne lecture pour un grand roman qui vous donnera encore plus de plaisir si vous avez une bonne connaissance des enquêtes de Hercule Poirot raconté par le célèbre Hastings… ce dernier vivant une drôle d’aventure…

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