Bleu de Sèvres de Jean-Paul Desprat

Bleu de Sèvres de Jean-Paul Desprat

Catégorie(s) : Littérature => Romans historiques

Critiqué par Veneziano, le 25 août 2006 (Paris, Inscrit le 4 mai 2005, 41 ans)
La note : 10 étoiles
Visites : 2 216  (depuis Novembre 2007)

L'épopée de la porcelaine dure française

La Cour de Louis XV et le Roi le premier fulmines : si la France passe reine dans l'art de la porcelaine tendre, il n'a pas encore été percé le mystère dans le pays de la fabrication de la porcelaine dure, pourtant inventée par les Chinois et qui est la fierté de la Saxe et de sa Manufacture de Meissen. Aussi la Marquise de Pompadour, qui vient de passer du statut de Favorite du Roi à celle de meilleure amie, lance le défi que, sous dix ans, la France aussi détiendrait le secret de fabrique.

C'est là que tout commence. Elle pousse Louis XV à devenir l'unique propiétaire de la Manufacture de Sèvres, qui vient d'emménager dans cette ville. Provenant de Vincennes, elle est en effet plus proche de Versailles et de la résidence privée de la Pompadour.
Ce n'est pas sans réticences que la direction de l'établissement considère ce coup de tête royal, qui risque de faire perdre beaucoup de temps précieux dans le travail des décors et des couleurs de la pâte tendre, qui est la spécialité hors pair de l'institution. Boileau, son Directeur, est plus que circonspect.

Arrivent à Paris les frères Masson de leur Massif central, pour faire fortune après un dur deuil familial. Si l'un d'entre eux est musicien, l'aîné, Anselme est céramiste et réussit à se faire embaucher, par ses talents, dans la prestigieuse maison qui s'apprête à devenir la propriété unique du Roi. Et il a la chance de connaître presque dès le départ le lancement de ce qui ressemble fort à une épopée.
C'est que, comme dans Le Tour du monde en 80 jours, il y a un délai à respecter. Par la force des choses, les événements doivent s'enchaîner, ce qui arrive peu un prou à se produire. La Manufacture convainc un maître alsacien en la matière, Pierre-Antoine Hannong, qui a travaillé en Saxe, de livrer le secret, qu'il tient de son père, de la fabrication de la pâte dure, en l'échange d'une collaboration avantageuse, ce qu'il accepte assez facilement pour des raisons financières. Il se lit d'une solide amitié avec Anselme Masson, mais les hautes sphères de sa nouvelle maison, toujours aussi sceptique à l'idée de devoir travailler sur la porcelaine dure, arrive assez rapidement à lui mener la vie dure, dès qu'il travaille à l'installation de nouveaux fours. Et les choses ne vont pas aller au mieux pour lui par la suite.
Dans l'enchaînement des avancées, se pose rapidement le problème de la matière première, celle du fameux minéral, de la roche tant espérée qui permettrait de modeler de la pâte dure. On sait, grâce à Hannong, qu'il s'agit du kaolin. Et ces messieurs de la Manufacture, avec l'intermède de Monseigneur de Lussan, accomplissent un tour du sud-ouest de la France pour arriver à trouver un gisement présumé de ce nouvel or rare, le KAOLIN, le maître-mot de l'affaire.

Je crois que vous devinez la fin, qui n'est pas le principal intérêt du livre, auquel s'ajoute un déboire sentimental pour Anselme.
Le coeur du livre réside dans son intrigue. Le pourquoi est connu ; tout réside dans le comment, et bien qu'assez long, ce roman historique n'en est pas moins captivant, et tient quasiment de l'épopée. C'est assez intrigant pour un thème peut-être a priori futile et austère à la fois. Et c'est avec un grand étonnement sur soi-même, si on pense cela, qu'on peut se laisser prendre au jeu.
Ca vaut franchement le détour.

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