Les enquêtes de Mary Lester, tome 17 : La régate du Saint-Philibert
de Jean Failler

critiqué par Shelton, le 18 août 2006
(Chalon-sur-Saône - 63 ans)


La note:  étoiles
Polar en mer...
Je vous ai déjà présenté plusieurs fois Mary Lester, officier de police. Elle a commencé ses aventures, que dis-je, sa carrière dans la grande institution, du côté de Lorient. Elle a, ensuite, rejoint le commissariat de Quimper sous les ordres du commissaire Fabien, un homme qui l’aime bien et la considère, un peu, comme la fille qu’il n’a jamais eue… Mary est la fille d’un marin de la marchande, un commandant de porte containers qui est maintenant à la retraite et que l’on croise, parfois, quand il est libre car il est très pris et il n’a pas avec sa fille des relations trop fortes… Mais ce commandant a un point commun avec l’auteur de la série, il habite du côté de l’Ile-Tudy… Mais je saurais vous dire s’il existe d’autres points communs.
Cette nouvelle enquête, la dix-septième de la série, commence par une petite phase de repos pour Mary qui passe un week-end prolongé à La Trinité sur Mer pour régater avec ses amis Caroline et Patrick. Mary aime la mer, surtout pour y naviguer. Le gros temps ne lui fait pas peur, surtout depuis qu’elle est partie mener une enquête sur un chalutier de pêche oeuvrant au grand Nord au milieu de vagues énormes dont elle garde un souvenir ému. Pensez donc, elle avait même été malade durant deux jours pleins… Elle aurait même aimé quitter le bateau à la nage pour éviter d’être malade plus longtemps…
Mais, quand Mary est en vacances ou en week-end, on comprend bien que le crime et le mystère ne sont pas très loin. Jean Failler veille au grain et en bon romancier, il nous prépare le terrain et sème les embûches pour le lecteur qui se laisse prendre par une dispute au bistrot, le soir après une journée en mer… Il n’est pas le seul à tomber dans le piège puisque, même, la maréchaussée tombe dans le panneau et enferme très rapidement, trop, bien sûr, dès l’apparition du crime attendu, le pauvre bougre qui avait trop bu et avait menacé de mort un autre personnage, guère plus reluisant…
Mary sera bien obligée de laisser la mer, ses vagues, son vent, pour se consacrer à l’enquête que son commissaire Fabien lui confie sur ordre du ministère… Il faut dire que du côté des victimes, il y a du beau monde… Mais je ne voudrais pas vous en dire trop car, dans ce roman, Jean Failler s’attaque au milieu politique. On peut y voir certains personnages sortis directement de l’affaire bien réelle de certaines ventes d’armement vers un pays asiatique… Mais ce doit être une vision de l’esprit puisqu’il s’agit d’une œuvre de fiction et que « toute ressemblance avec des noms de firmes, des situations existant ou ayant existé, ne saurait être que le fruit du hasard »… Mais les lecteurs que vous êtes ne se laisseront pas abuser et vous comprendrez facilement que Jean Failler n’est pas seulement un auteur de romans policiers, il est aussi un citoyen qui souhaiterait que les politiques donnent l’exemple dans leur vie…
Très bon roman qui fait revivre pour les lecteurs le monde de la voile de la Trinité sur Mer, le monde ostréicole de Carnac et la baie de Quiberon, pose de bonnes questions sur le devenir des fermes aquatiques et, surtout, prend la défense des menhirs enfermés sur la lande carnacoise depuis trop longtemps déjà… Mais ce dernier aspect du roman ne touchera que ceux qui ont visité Carnac et ont été obligés de payer pour aller voir ces restes mégalithiques… Oui, aujourd’hui, tous les moyens sont bons pour se faire du fric et c’est bien le thème principal de ce très bon roman policier à lire sans hésiter, que l’on connaisse ou pas la région, cadre de cette aventure du lieutenant Lester, la dernière du lieutenant Mary Lester…