La cousine Bette de Honoré de Balzac

La cousine Bette de Honoré de Balzac

Catégorie(s) : Littérature => Francophone

Critiqué par Pétoman, le 17 juillet 2001 (Tournai, Inscrit le 12 mars 2001, 41 ans)
La note : 8 étoiles
Moyenne des notes : 9 étoiles (basée sur 4 avis)
Cote pondérée : 6 étoiles (3 111ème position).
Visites : 8 380  (depuis Novembre 2007)

La lutte du vice et de la vertu

C'est le dernier bouquin de Balzac publié de son vivant. En résumé, Lisbeth surnommée la cousine Bette, ouvrière de son état, tombe amoureuse d'un jeune sculpteur polonais Wencelas Steinbock, mais malheureusement celui-ci préfère épouser une fille Hulot.
Le père Hulot est un noceur de première qui n'hésite pas à tromper sa femme (c'est un clin d'oeil de Balzac au grand Victor qui aimait cocufier sa femme...).
Sa femme quant à elle est l'incarnation de la vertu. Petit à petit, Bette se venge avec une courtisane du nom de Valérie de la famille Hulot...
Voilà un résumé succinct de l'histoire. En fait, ce livre se veut être une démonstration du vice contre la vertu et inversement, ce qui, à mon avis n'est que partiellement réalisé. J'adore Balzac et ce livre est certainement une grande oeuvre mais elle pêche un peu, à mon avis, par de nombreuses lourdeurs et se voulant une toile de la société, on a parfois tendance à s'emmêler les pinceaux ( c'est le cas de le dire), bref un bon Balzac mais pas le meilleur.

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Les éditions

  • La cousine Bette [Texte imprimé] Honoré de Balzac préf. et comment. de Pierre-Louis Rey
    de Balzac, Honoré de Rey, Pierre-Louis (Editeur scientifique)
    Pocket / Presses pocket (Paris).
    ISBN : 9782266091749 ; 26 F ; 01/03/1999 ; 563 p. ; Poche
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8 étoiles

Critique de Lisancius (Poissy, Inscrit le 5 juillet 2010, - ans) - 24 juillet 2010

Il y a beaucoup plus de génie dans La Cousine Bette qu'il n'y paraît au premier abord. C'est l'un des premiers Balzac que j'ai lu - par opposition au Cousin Pons qui est l'un des derniers - et j'en garde un impérissable souvenir.
La Cousine Bette - comme l'indique son titre - c'est d'abord un roman de personnages. Et ils sont réussis dans les moindres détails : Balzac parvient, une fois encore, à croquer d'irrésistibles caractères, que ce soit dans le jeune sculpteur ingénu, la femme éplorée et soumise, le mari luxueux et débonnaire, l'arriviste aux dents de scie, et surtout - dans un des plus vertigineux portraits de notre littérature - la grande Bourgeoise au sourire sanglant qui dévore petit à petit tout ce monde. Et derrière tout cela, se dissimulant sous un masque hypocrite qui ne s'effritera jamais, se tient la plus bouleversante des anti-héroïnes de la Comédie Humaine.
Jugez si avec de tels ingrédients on ne peut pas tirer une oeuvre !
La pluralité des thèmes de la critique est aussi intéressante. On retrouve avec plaisir le critique d'art du Chef-d'oeuvre inconnu, qui cette fois-ci explore le monde très peu étudié de la sculpture, tandis que le terrible usurier de La Maison Nucingen dissèque une nouvelle fois les rouages de la finance française au XIXème siècle. La Beauté, au centre de ce Paris très bipolaire, oscillant entre les bas-quartiers où réside Marneffe et l'apanage de luxe dans lequel se roule allègrement Hulot, et, en contre-pied, la vieillesse et l'impuissance de ses personnages qui peinent à se faire vraiment aimer. Il y a du bon dans ces victimes qui triomphent sans même le savoir sur leurs ennemis, mais ils sont encore plus méprisables, et je regrette presque la déconfiture finale - le mécanisme impitoyable de la Cousine Bette aurait pu ne pas s'effondrer.
Une autre chose que je m'étonne que l'on ait pas soulignée, c'est la lenteur avec laquelle le ménage Hulot s'effondre, je veux dire par là, la lenteur avec laquelle Bette parvient à satisfaire sa vengeance. C'est là que le roman est vraiment jubilatoire, à mon sens : cette délicatesse et cette douceur dans l'anéantissement ont tout des éloges donjuanesques.
Le seul regret que j'éprouve, c'est de voir à quel point cette oeuvre est excentrée des autres. Il n'y a pas beaucoup de personnages reparaissants, et des thèmes de la Comédie, comme l'animalisme ou l'Etude de Paris au regard de la province, sont vraiment non-traités. Pour le dernier roman de Balzac, c'est sûr que j'aurais préféré un grand tableau qui mettrait en scène tous ses personnages importants - comme on vient saluer après un spectacle. Ne serait-ce pas là le meilleur moyen de clôturer la COMEDIE humaine ?

le meilleur Balzac

10 étoiles

Critique de Poil2plume (Strasbourg, Inscrite le 5 février 2010, 54 ans) - 9 mai 2010

Si je ne suis pas fan de Balzac - le Lys dans la vallée, par exemple, est pour moi un supplice de lecture ! " je considère la Cousine Bette comme son oeuvre la plus enlevée, la moins pesante, celle où il semble laisser libre cours à son goût pour la satire sociale. Les clins d'oeil abondent dans cette intrigue menée tambour battant, Stanislas condamné à créer dans un galetas, Hulot qui passe sa vie à courir les jupons ou Bette, vieille fille intelligente qui finit par se dénicher un mari présentable. Tout bonnement génial !

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9 étoiles

Critique de Ferragus (Strasbourg, Inscrit le 8 mai 2001, 54 ans) - 14 octobre 2001

Un des Balzac que je préfère. De ce point de vue, je ne suis pas d'accord avec Petoman. Je ne pense pas qu'il s'agisse de la lutte du vice contre la vertu ou vice versa mais plutôt du vice contre le vice. Deux personnages incarnent ce combat: Hulot, le serviteur de l'Etat dévoyé, esclave de la luxure, et Valérie Marneffe, putain ambitieuse qui a fait de son cul, manifestement ravissant, une rente de situation. J'ai éprouvé à l'instar de quelques autres romans de Balzac, cette fascination pour la décrépitude annoncée, la déchéance sans fin de certains des personnages. On sait que rien n'arrêtera leur chute mais on éprouve des sensations toujours aussi fortes à la lecture de leurs turpitudes répétées, inextinguibles faiblesses qui les précipitent vers le fond de l'abîme. L'une des dernières scènes où Hulot, vieillard conscupiscent et ruiné, promet le mariage à la petite bonne normande qui vient de rejoindre sa maison, est de ce point de vue époustouflante.

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