L'enfant de Bruges de Gilbert Sinoué

L'enfant de Bruges de Gilbert Sinoué

Catégorie(s) : Littérature => Policiers et thrillers

Critiqué par Persée, le 13 juillet 2001 (La Louvière, Inscrit le 29 juin 2001, 68 ans)
La note : 6 étoiles
Moyenne des notes : 8 étoiles (basée sur 6 avis)
Cote pondérée : 6 étoiles (13 263ème position).
Visites : 10 944  (depuis Novembre 2007)

My name is Eyck... Van Eyck

Avec le Livre de saphir, Gilbert Sinoué avait démontré sa capacité à dominer une intrigue poussée jusqu'à l'incandescence grâce à une fine érudition.
« L’Enfant de Bruges » nous fait pénétrer dans l'atelier des frères van Eyck dont l’auteur évoque l’activité diplomatique occulte plutôt que le génie pictural.
En fait de « Grand Secret », van Eyck, sorte de James Bond du XVe siècle à en croire Sinoué, aurait découvert autre chose que la recette de la peinture à l'huile. Soit.
Parce qu’il est censé connaître ou incarner ce terrible secret, un enfant de treize ans se retrouve plongé au coeur d’une vaste conspiration dont il pourrait être la proie. Voici que des artistes et autres intellectuels illustres se mettent à tomber comme des mouches, terrassés par des spadassins. Et tout porte à croire que le complot débouchera sur une destruction massive de l'intelligentsia florentine.
L'intrigue est bien menée mais le dénouement déçoit : le « Grand Secret », s’il pouvait à l'époque avoir son prix, se laisse tout de même un peu deviner. Il en va de même pour le grand massacre projeté : si, dès la moitié du livre, l'auteur n’avait jugé bon d'y glisser un indice par trop évident, le lecteur en serait encore à se demander, jusqu’à l’ultime seconde, comment diable on aurait pu s’y prendre, au XVe siècle, pour procéder à un massacre instantané, à la fois massif et sélectif, sans qu’une goutte de sang soit versée.
Restent cependant quelques questions annexes (celles du qui et du pourquoi ) suffisamment prenantes pour conserver quelque attrait au récit.
Signalons également un bon travail de documentation historique, distillé avec doigté. Et, ce qui ne gâche rien, les Belges apprécieront qu’un auteur français décrive leur pays autrement qu’en prenant ce point de vue de Sirius qui confère à tout Belge un accent brusseleer coluchien. On s'y appelle même Monsieur en vieux flamand, alstublief !
Une lecture au second degré y trouvera, entre autres, une réflexion sur le partage des connaissances et sur la tolérance.
Un mot sur le portrait interpellant, dû au. Pinturicchio, qui orne la couverture. Rien que pour lui, on achèterait le bouquin. D'où l’importance d'une couverture attirante. Même si, en l'espèce, la reproduction d'un van Eyck semblait s’imposer.
Bref, une lecture un peu plus que plaisante, qui aurait pu devenir plus passionnante encore si l'auteur avait fait le sacrifice de deux ou trois pages vers le milieu du livre.

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si on aime les romans historiques

7 étoiles

Critique de Rainette (Bruxelles, Inscrite le 20 avril 2004, 57 ans) - 10 mars 2014

Comme la plupart d'entre vous, j'ai beaucoup aimé le côté historique de ce roman qui nous plonge dans l'Europe de 1440. Mais j'ai beaucoup moins aimé l'intrigue... Une fin peu intéressante..

Fresque humaine

7 étoiles

Critique de Sahkti (Genève, Inscrite le 17 avril 2004, 45 ans) - 14 février 2007

J'avais apprécié "Le livre de Saphir", ouvrage érudit et intriguant. Une érudition que je retrouve avec plaisir dans "L'enfant de Bruges", même si je la trouve moins poussée que dans le titre précédemment cité. Gilbert Sinoué nous promène dans différents lieux, le lecteur rencontre quelques personnages intéressants (mais pas tout le temps exploités comme j'aurais aimé) et il arrive une fois de plus à créer une ambiance très particulière. Le milieu de l'art est évoqué avec détails, une certaine tendresse aussi (le peintre Van Eyck est très humain) et puis il ya pas mal d'infos sur cette époque et le mode de vie de certains. Mais sans doute pas assez pour en faire un vrai roman historique. Etait-ce cependant la volonté de Sinoué? Je l'ignore et finalement peu m'importe, j'ai apprécié le livre tel quel, je n'aurais pas voulu être noyée sous une pluie de détails.

Question intrigue, c'est plutôt léger, Sinoué n'est pas maître es mystères et polar en tous genres, ça se sent, mais ce n'est pas vraiment gênant parce que le tout se laisse lire avec un plaisir certain. La fin est décevante, le livre vaut davantage pour l'atmosphère qu'il dégage.
Au final, une lecture plaisante, j'ai aimé ce livre tout en lui reconnaissant des défauts (et aussi des qualités!).

Diabolique art

9 étoiles

Critique de Aaro-Benjamin G. (Montréal, Inscrit le 11 décembre 2003, 50 ans) - 30 janvier 2006

J’adore quand le roman historique ose courber l’échine devant le souffle de la fiction. C’est le cas ici. Quelle belle histoire que celle de ce garçon orphelin qui deviendra le fils préféré d’un maître de la peinture, lequel lui transmettra à son insu les secrets de son art. Un voyage dans le temps jubilatoire, parfois simpliste mais rudement efficace.

Idem...

8 étoiles

Critique de Manumanu55 (Bruxelles, Inscrit le 17 février 2005, 40 ans) - 13 décembre 2005

Je rejoins vos avis. J'ai beaucoup aimé l'ambiance du bouquin, les personnages tiennent en haleine avec des méchants très très méchants!

Et totalement d'accord sur la fin qui tombe à plat... et puis surtout le rôle de cet enfant de Bruges dans cette fin... presque du Hercule Poirot.

Mais bon, je mentirais en disant que je n'ai pas dévoré ce livre! Un très bon roman à lire rapidement

d'accord pour la révélation décevante.

8 étoiles

Critique de Chat pitre (Linkebeek, Inscrite le 23 février 2001, 48 ans) - 19 juillet 2001

Moi aussi un peu déçue par la fin, je n'en ai pas moins apprécié ce livre que j'ai trouvé par hasard dans une bibliothèque d'hôtel sur les îles Seychelles pour pouvoir l'emporter alors que je devais changer d'île l'hôtelier m' a demandé d'en laisser un autre. Quelle horreur pour moi que de devoir me séparer d'un de mes livres pour pouvoir continuer cette passionnante histoire, j'ai lâchement abandonné un P. Sollers que je n'arrivais pas à finir. Je ne fus pas déçue de mon choix et rentrée à Bruxelles cette (effectivement) très belle couverture a trouvé sa place parmi mes autres livres. Voilà pour l'anecdote.

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