Charles-Albert Cingria en roue libre
de Nicolas Bouvier

critiqué par Sahkti, le 7 janvier 2006
(Genève - 45 ans)


La note:  étoiles
Rencontre littéraire
On sait que Nicolas Bouvier a souvent évoqué la possibilité d'écrire sur Charles-Albert Cingria. Une rencontre littéraire entre deux Genevois, suscitée par la Fondation Pittard et qui ne verra jamais le jour, les étoiles ayant rappellé Bouvier à elles en 1998.
Nicolas Bouvier avait dans le passé donné des conférences et rédigé quelques textes dédiés à son homologue. Les voici aujourd'hui rassemblés dans ce volume édité par Zoé. Une partie de ces écrits sont inédits, ayant dormi pendant des années dans les tiroirs de Bouvier ou rédigés très peu de temps avant qu'il ne franchisse la dernière douane. D'autres textes sont connus et ont été rendus publics d'une manière ou d'une autre, notamment dans le Journal de Genève ou aux archives de la bibliothèque universitaire de Genève.

Bouvier raconte Cingria tel qu'il l'a vu mais aussi tel qu'il l'imagine, tel qu'il l'apprécie ou idéalise. Des textes courts, correspondant à des facettes de la personnalité cingrienne. Des anecdotes touchantes et en définitive, un bel hommage d'un écrivain à un autre, avec quelques points communs que Bouvier met en avant: le normadisme, l'empathie, le goût de Ramuz, l'ouverture au monde, l'envie de voir plus loin. Outre ces notes de Bouvier sur Cingria, on trouve également les textes chers à l'écrivian-voyageur, ceux qu'il relit sans cesse et dont il s'est longtemps inspiré.
L'écriture de Bouvier est ici efficacement accompagnée de l'appareil critique de Doris Jakubec qui apporte rigueur et complément là où Bouvier dépose une belle lettre d'amour. Un Bouvier encore plus à fleur de peau qu'il a pu l'être dans certains recueils, face à un Cingria dont l'âme planera à jamais sur les lettres romandes. Une belle rencontre, humaine et sensible, à savourer.