Le bal des murènes
de Nina Bouraoui

critiqué par Tistou, le 4 janvier 2006
( - 67 ans)


La note:  étoiles
Enumération
« J’entends frapper. Le bruit prend le jour ou la nuit, il mobilise ma tête, immobilise l’entrain, il réveille, coupe l’appétit, intrigue. J’entends frapper au sous-sol, le son est brutal et régulier, il bondit dans ma vie, déguisé. Une baguette de bois contre les tuyaux de la chaudière, la tête d’une hache sur un tronc, des coups de pelle, une barre de fer sur un pylône, des couteaux frottés percent le silence. Il se travestit avec les matériaux puis s’empare du matériau. Il est l’épée et le pistolet, la lame et la lanière, l’anneau métallique et le coeur de bois. »
C’est le début du roman et tout ce qui me gêne dans le style de N. Bouraoui est là ; omniprésence de phrases courtes, des propositions indépendantes le plus souvent et une manie de l’énumération, comme si N. Bouraoui ne parvenait pas à trouver le mot juste, la comparaison juste pour exprimer son sentiment, et qu’elle en déballait du coup tout un paquet. C’est répétitif et saute rapidement aux yeux. Ca fait procédé ou manie. Dommage.
L’histoire est beaucoup plus sophistiquée, un peu trop peut être, et ne se découvre qu’au fil des pages. Un enfant souffreteux (N . Bouraoui se met dans la peau d’un jeune garçon) délaissé par une mère limite mère indigne, une maison d’emblée présentée comme lourde de sales secrets et de douleurs accumulées, et une histoire qui se dévoile en lentes volutes comme sale histoire. La guerre a laissé ses séquelles.
Il n’y a pas que la maison qui ait un lourd passif, la mère se révèle liée à cette maison de la même sale manière, et le fils dans tout ça paie. Les pots cassés.
Rien n’est jamais gratuit et la violence endurée ressort d’une manière ou d’une autre. Ce pourrait être une morale de l’histoire.