Nuit
de Edna O'Brien

critiqué par Eireann 32, le 18 novembre 2005
(Lorient - 76 ans)


La note:  étoiles
La vie d’une Hooligan.
Un ancien roman d’Edna O’Brien (1972) très différent de ses livres actuels. Le propos y est plus osé, les personnages plus marginaux et le sentiment d’exil y est plus présent.
Cette nuit-là, Mary Hooligan est seule, elle garde une maison que des propriétaires inconscients lui ont confié. Elle se remémore sa jeunesse en Irlande, au cœur de la campagne, se souvient des problèmes de son adolescence, de ses relations avec sa famille, puis du départ chez l’ennemi :
-« Les Angliches, le peuple peint. Un pays où le roi souffre d’hémorroïdes. Cela ne s’ébruite pas.
Puis Londres, l’alcool, le sexe et petit à petit, l’âge venant, les amants restent de moins en moins longtemps, puis la solitude s’installe et la tristesse aussi.
Pauvre Mary, la vie ne l’a pas épargné, ses enfants sont loin, son mariage fut un échec, la démence la guette, cette nuit ne sera que la suite d’autres nuits abominables .
-« O étoile du matin, ô chemins glissants, ô ange gardien des vagabonds, pose tes yeux sur nous, donne-nous un coup de main, allons piquer un somme sur quelque autre rivage, vivons un peu avant que l’atroce, l’envahissante obscurité ne nous enveloppe ……………… ».
Edna O’Brien donne l’impression de régler ses comptes avec sa famille et son adolescence dans les pages irlandaises très certainement autobiographiques.
Ce livre est un monologue désespéré, le langage est cru, l’écriture hachée, des phrases sans verbes et des retours en arrière fréquents rendent cette histoire ardue à suivre. Mais très bon livre malgré tout.
Petit rappel historique
« Les premiers Hooligan étaient une famille irlandaise haute en couleurs qui, par sa manière de vivre, égaya la morne existence du quartier de Southwark vers la fin du XIX. E.Weekley.»