Days de James Lovegrove

Days de James Lovegrove
( Days)

Catégorie(s) : Littérature => Fantasy, Horreur, SF et Fantastique

Critiqué par Cuné, le 9 novembre 2005 (Inscrite le 16 février 2004, 52 ans)
La note : 9 étoiles
Moyenne des notes : 10 étoiles (basée sur 4 avis)
Cote pondérée : 7 étoiles (1 440ème position).
Visites : 2 747  (depuis Novembre 2007)

Tout autour du Sept

Days est un gigastore, probablement le plus beau au monde, (quoi que tout au long du livre entre parenthèses on hésite à ce sujet), en tout cas le premier. Il a vu le jour grâce à la puissance de la volonté de son créateur, Septimus. Pour feu ce dernier, 7 est un chiffre magique, qui assure l'équilibre en toutes choses; Logiquement, il a donc construit son gigastore en fonction de ce chiffre, a eu 7 fils, qui portent chacun le nom du jour de la semaine où ils sont nés, et assurent ensemble sa succession. Le hic c'est que eux sont moins convaincus de l'importance du 7, et apportent petit à petit des modifications, qui, pour être minimes, ne mettent pas moins en péril l'édification paternelle. Ainsi, Frank Hubble de la sécurité tactique, va se trouver mêlé de très près à une attaque terroriste tout droit déclenchée par l'inadvertance des 7 frères...

J'ai eu beaucoup de plaisir à faire une incursion dans la science-fiction "soft". En effet, pas de vaisseaux spatiaux et autres noms de planètes imprononçables ici. Juste une vision à peine poussée et néanmoins très caricaturale de notre société de consommation, où la couleur de notre carte bancaire reflète tout notre statut social, où le bonheur c'est d'avoir, de l'avoir plein nos armoires, comme disait Alain Et ce qui fait particulièrement froid dans le dos, c'est de pouvoir reconnaître certains de nos propres mauvais penchants dans la description précise et détaillée de la fièvre qui s'empare même des plus modestes à l'évocation d'une bonne affaire...

Un très bon roman !

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Les éditions

  • Days [Texte imprimé] James Lovegrove trad. de l'anglais (Grande-Bretagne) par Nenad Savic
    de Lovegrove, James Savic, Nenad (Traducteur)
    Bragelonne / Collection dirigée par Stéphane Marsan
    ISBN : 9782915549089 ; EUR 20,00 ; 01/01/2005 ; 318 p. ; Broché
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Les livres liés

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Roman d'anticipation réaliste.

10 étoiles

Critique de Le magnifique (, Inscrit le 10 février 2016, 37 ans) - 23 mars 2016

Parmi tous les romans d'anticipation que j'ai lu, celui-ci est une bonne surprise. En effet, l'auteur nous raconte l'histoire d'une façon humoristique (par moment, car il y a un peu de gore) mais il a un côté réaliste qui fait peur.

Bon livre.

Superbe

10 étoiles

Critique de Vero911 (, Inscrite le 23 janvier 2010, 32 ans) - 23 janvier 2010

Ce livre est l'un des premiers d'anticipation que j'ai lu et que puis-je dire, à part que j'ai adoré !
Ce livre narre l'histoire de Frank, un employé du magasin Days, un Superstore où tout se vend et quand je dis tout, c'est de la chose la plus inutile à celle la plus incongrue. Ce livre est une critique sur notre société de consommation, on peut suivre l'histoire de ces personnages qui se croisent dans ce temple des achats, qui s'endettent, qui s'aiment, qui se font la guerre... Un livre qui pousse à réfléchir à la place que l'on accorde aux achats, où le "je suis ce que je possède" semble prendre une belle part dans notre vie quotidienne.
Un livre à lire et qui porte à réflexion.

Le temps contre un livre ?

9 étoiles

Critique de Gilles Arnaud (Saint Rémy de Provence, Inscrit le 25 juin 2008, 45 ans) - 1 juillet 2008

Ce livre souffre d’un effet improbable du temps.

En 1997, James Lovegrove écrit un ouvrage d’anticipation. La thématique en est simple : les limites humaines du développement du tout commercial apparaissent au moment où la consommation outrepasse ses droits. Les droits premiers sont ceux de la personne humaine. Cette dernière est alors bafouée avec les valeurs censées émaner d’elle. En effet, il ne s’agit pas seulement pour chacun de représenter des idées - comme une image pâlotte que l’on devine en filigrane - mais de les incarner, ici et maintenant, sans plus de détour.

Days est le nom d’une grande surface où tout ce qui est vendable peut être acheté. Elle est la première de son espèce dans l’histoire qui nous est contée. Un monstre-machine qui se nourrit des désirs assouvis en son sein. Sept étages pour mettre à disposition du public des produits innombrables, des plus communs aux plus rares et convoités. Cette apparente abondance partagée sous-tend une hiérarchie des plus insidieuses. Ainsi, à chaque budget sa carte, de la silver à la platine, des métaux les plus vils aux plus purs, toutes les bourses sont représentées. Et puis, il y a ceux qui ne remplissent pas les conditions requises. Ceux-ci rêvent de posséder un jour leur carte, et d’être admis dans les rayonnages tant convoités, à leur tour bien mérité. Et puis, il y a encore les laissés-pour-compte dont le plafond est constellé d’étoiles. Les reclus, les rebuts, sont en permanence dans le rêve de Days, ils s’y noient chaque jour toujours plus, accolés qu’ils sont aux murailles de verre aux pieds desquelles ils vivent désormais, gorgés des scènes jouées par des acteurs, mannequins articulés qui jouent aux clients accomplis, au quotidien, sans cesse, sans cesse …

Le monolithe semble imprenable, si beau, si pur dans son habit de lumière rehaussé des sacrifices renouvelés de ses fidèles.

Vous avez tous compris en quoi ce livre a pu perdre de sa pertinence : de l’ouvrage d’anticipation, il est devenu, en à peine dix ans, un descriptif si peu caricatural de notre quotidien.

James Lovegrove a tout de même gardé une carte dans son jeu malgré cette empreinte des temps, en décrivant le processus phagocytaire jusqu’à son terme. Ce dernier débouche sur une clairière au détour d’un chemin obscur. Avant de devenir le porteur d’un flambeau d’espoir, l’employé de Days que nous suivons a dû devenir une ombre, autant aux yeux des autres qu’à lui-même :

“Frank craint les miroirs. Non pas parce qu’ils lui disent qu’il est vieux - il a parfaitement conscience de son âge -, ni parce qu’ils lui montrent combien il est usé et fatigué - depuis le temps, il s’est fait une raison -, mais parce qu’ils lui hurlent au visage une autre vérité. Une vérité qu’il préfère ignorer.
Cependant, faire face à ses vérités fait partie de ses ablutions matinales, aussi Frank pose-t-il résolument les mains sur le lavabo et lève-t-il résolument les yeux vers son reflet. ou plutôt vers la glace qui devrait lui renvoyer son reflet, mais dans laquelle, il ne voit qu’un mur bleu constellé d’étoiles.”

Les castes créées par Days servent donc de gradients hors les murs. Le plus beau des gigastores - on pourrait dire des mégastores - du monde est un microcosme à l’image d’un monde perverti. Mais qui est réellement le miroir de l’autre ? Les mémoires ne gardent plus la trace de l’avant-Days ; mais pire, tout n’est plus que Days et ses valeurs devenues universelles. Les megastores se multiplient et propagent les maux d’une épidémie spirituelle : envies, convoitises, désirs et autres valeurs d’un système évanescent où l’individu est roi, fantoche, acteur discipliné d’un monde absurde. La jouissance aveugle est devenue le maître-mot, arcane d’une philosophie pratique aux relents d’esclavage consenti.

Gilles ARNAUD

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