La fille de l'écrivain de Henri Troyat

La fille de l'écrivain de Henri Troyat

Catégorie(s) : Littérature => Francophone

Critiqué par Manon, le 28 octobre 2005 (Paris, Inscrite le 31 juillet 2005, 28 ans)
La note : 7 étoiles
Moyenne des notes : 7 étoiles (basée sur 3 avis)
Cote pondérée : 5 étoiles (21 518ème position).
Visites : 3 190  (depuis Novembre 2007)

Un regard cruel et malicieux sur le petit monde de l'écriture.

Troyat semble aimer évoquer l'univers des écrivains. Il l'avait déjà (brillamment) fait dans "le mort saisit le vif" il y a des dizaines d'années. Là, c'est dans un style beaucoup plus léger, allègre, qu'il réitère.

Armand Boisier a 85 ans. Ecrivain prolifique, il a écrit une soixantaine de romans et est membre de l'Académie Française. Il est veuf et c'est sa fille Sandrine, surnommée Sandy qui lui tient tendrement compagnie, jeune femme aimante, elle est sa confidente, et a presque remplacé le rôle de son épouse. Armand vit donc tranquillement dans son petit appartement parisien, où il publie à intervalles réguliers des romans qui n'ont certes plus un immense succès mais qui se vendent honorablement. A la veille de la sortie de son nouveau roman 'Feu monsieur Promethée', il se rend à une soirée modaine où il rencontre Jean Victor Désormieux, un jeune écrivain prometteur. Ce dernier dont le nouveau roman 'Outrages' est un best seller devient bientôt l'amant de sa fille au grand effroi d'Armand Boisier qui voit sa fille le délaisser au profit de cet auteur en vogue.

Si le synopsis ne paraît pas alléchant, le roman (un des derniers de Troyat.), lui n'est jamais ennuyeux. En effet, c'est avec justesse et pudeur que l'auteur dresse un tableau du petit monde des lettres où jalousies et coups bas règnent en maître. Il nous offre, en prime une réflexion intelligente sur le rapport entre père et fille. Terriblement actuel. L'écriture, quant à elle est fluide, limpide.

Lire un Henri Troyat est toujours pour moi un agréable moment. En effet 'La fille de l'écrivain' est un roman léger, tendre parfois triste mais jamais prétentieux.

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Les éditions

  • La fille de l'écrivain [Texte imprimé], roman Henri Troyat,...
    de Troyat, Henri
    B. Grasset
    ISBN : 9782246616610 ; EUR 15,10 ; 01/03/2001 ; 186 p. ; Broché
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Grand écrivain prolifique

8 étoiles

Critique de Saumar (Montréal, Inscrite le 15 août 2009, 84 ans) - 16 mai 2012

Un vieil écrivain de l’Académie française, Armand Boisier 85 ans, voit son imagination créatrice se figer après plusieurs livres à succès. Depuis le décès de sa femme, sa fille Sandy, la remplace. Elle deviendra sa première lectrice, sa confidente et sa ressource contre la solitude. À l’occasion de son dernier roman, « Feu Monsieur Promethée », Boisier et sa fille rencontrent le jeune écrivain, Jean Victor Desormieux, aux Éditions du Pertuis . Il encensera la vanité du père pour mieux ravir la fille. Comme celle-ci occupe le rôle de sa mère, Boisier est tiraillé par la jalousie paternelle et la peur de la perdre, car la relation père/fille est telle, qu’en scrutant Sandy, il devine qu’elle est amoureuse de son rival, J.V.D. De plus, son livre « Les Outrages » arrive en tête de liste des grands succès, tandis que celui de Boisier n’y apparaît même pas. En plus de son amour propre blessé, il devra se heurter à, ce qu’il croit être, une trahison. Sandy le déçoit. Il aurait aimé croire à une communion intellectuelle, plutôt de se rendre à l’évidence qu’ils étaient amoureux.

Avec l’accord d’Armand Boisier, Sandy et J.V.D. écriront sa biographie. Il acceptera à la condition que ce soit elle seule qui le rencontre pour les renseignements nécessaires. Peu de temps après, de connivence avec J.V.D., Sandy ira jusqu’à tenter d’obtenir, de son père, d’intercéder auprès de ses collègues du Grand Prix de l’Académie française. Ce qui arrête J.V.D., pour commencer le roman qu’il a en tête, c’est le succès des « Outrages », ajouta Sandy. Ce jeune écrivain en vogue craint de décevoir ses lecteurs pour le prochain livre. Boisier arrivera à ses fins avec les académiciens, malgré son tourment, ne pouvant rien refuser à sa fille. Il continua d’écrire jusqu’au jour de la tragédie.

On ne peut qu’admirer le grand talent d’Henri Troyat. Son écriture est vivante, agréable à lire et surtout, elle est représentative de la société d’aujourd’hui. Encore ici, l’auteur arrive à nous faire partager un peu de son quotidien, en nous racontant le parcours de sa vie littéraire, plus ou moins heureux à certains moments et le déclin assez bouleversant de cet écrivain prolifique.

Troyat et l'écriture

7 étoiles

Critique de Matthias1992 (, Inscrit le 27 août 2007, 25 ans) - 27 août 2007

Troyat est un auteur que j'apprécie décidément beaucoup. J'admire la justesse avec laquelle il dépeint les relations qu'entretiennent les différents personnages entre eux, la fluidité de son style, la richesse de son vocabulaire.

"La fille de l'écrivain" semble légèrement autobiographique: Armand Boisier, âgé de 85 ans est un écrivain prolifique reconnu pour son talent. Seulement, le métier d'écrivain, qui pourtant lui convient si bien, commence à l'ennuyer. C'est alors que sa fille lui apprend qu'elle est tombée amoureuse d'un jeune auteur, un dénommé Jean Victor Désormieux.

Ce roman compile différentes réflexions: le rapport entre parent et enfant, les tracas d'un vieil écrivain, les conflits entre des auteurs de différentes générations, et de façon plus générale, la vie, la peur de la mort, l'amour et la créativité.
Bien qu'il ne soit pas d'une incontestable originalité au sein de la bibliographie de Troyat (plusieurs autres romans de celui-ci, tel que "Le marchand de masques" mettent au premier plan des hommes de lettre ou littérateurs), "La fille de l'écrivain" s'avère être un livre extrêmement maîtrisé et très agréable à lire.

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