Le rideau jaune
de Lisa Carducci

critiqué par Libris québécis, le 27 octobre 2005
(Montréal - 82 ans)


La note:  étoiles
Une Italienne en Chine
Née dans une famille italienne de Montréal, Lisa Carducci vit en Chine depuis de nombreuses années. Son roman, Le Rideau jaune, lequel cache le lit des résidents qui étudient en tourisme à Beijing (Pékin), raconte une histoire d’amour entre Marisa, un professeur italien, et François, l’un de ses étudiants qu’elle surnomme d’un prénom à l’occidental.

Cette enseignante de 40 ans a un coup de foudre pour un jeune homme de 24 ans. Après l’avoir attiré dans ses filets, elle doit s’imposer une discrétion à toute épreuve pour ne pas être congédiée. Chacun est conscient du piège tendu. L’héroïne sait que son aventure est inacceptable à cause de sa situation d’autorité et de son âge, et François se sent coupable de répondre à cet amour au détriment de celui qu’il porte à une compatriote de sa province. Mais les deux amoureux tentent quand même de mener cette expérience à terme en dépit des déchirements qui en découleront.

En toile de fond, ce roman présente les difficultés d’une zhuan jia (expert étranger) qui doit assumer son exil. Marisa parvient à s’intégrer à la culture chinoise au point de combler un vide affectif par un homme du pays. Lisa Carducci a brodé son histoire d’amour tout en dévoilant le quotidien des étudiants qui doivent maintenant affronter une économie de marché dans un cadre communiste. Son analyse dépasse largement le virage de la Chine. Elle pénètre l’esprit de ses habitants pour en faire ressortir les carences tant sur le plan sexuel que religieux. Le dénouement inattendu de cette liaison dangereuse révèle le rôle efficace des fantasmes, mais l’écriture dessert malheureusement cette œuvre.