Hôtel Problemski
de Dimitri Verhulst

critiqué par Sahkti, le 24 octobre 2005
(Genève - 50 ans)


La note:  étoiles
Bienvenue chez les déracinés
Dimitri Verhulst est journaliste pour le quotidien belge De Morgen. Pour un reportage, il se rend dans le centre de demandeurs d'asiles d'Aremdonk. Une visite qui le bouleverse et le marque. Alors il décide d'en parler autrement que par le biais du journalisme. Le roman fait son chemin. Une écriture acide et satirique, un ensemble de récits grinçants pour aborder cet univers qui fait froid dans le dos. A cause de la misère humaine qu'il contient mais aussi et surtout pour ce que l'on en fait. Comme ces séances photos avec des gosses faméliques bouche ouverte et mouche sur la joue. Des procédés que Verhulst connaît et qui finissent par lui inspirer le vertige et une certaine forme de dégoût.
Un récit fort sélectionné par l'Unesco en qualité d'oeuvre utilitaire.
L'est-ce vraiment? Oui certainement. Histoire de comprendre comment ça fonctionne à l'intérieur d'un centre, de se rappeler combien c'est difficile d'être dans un pays dont on ne parle pas la langue, de partager quelques souffrances avec des déracinés. Verhulst a privilégié une voie ordinaire, celle de la vie de tous les jours, donc proche de nous. Avec son lot de petits tracas et misères de toutes sortes. A replacer à l'échelle des ces gens qui n'ont plus nulle part où aller... ça fait froid dans le dos et ça donne à réfléchir.