Quand Dieu boxait en amateur de Guy Boley

Quand Dieu boxait en amateur de Guy Boley

Catégorie(s) : Littérature => Francophone

Critiqué par Killing79, le 4 octobre 2018 (Chamalieres, Inscrit le 28 octobre 2010, 42 ans)
La note : 7 étoiles
Moyenne des notes : 8 étoiles (basée sur 9 avis)
Cote pondérée : 6 étoiles (3 384ème position).
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Parler du père

Présentation de l'éditeur
Dans une France rurale aujourd’hui oubliée, deux gamins passionnés par les lettres nouent, dans le secret des livres, une amitié solide. Le premier, orphelin de père, travaille comme forgeron depuis ses quatorze ans et vit avec une mère que la littérature effraie et qui, pour cette raison, le met tôt à la boxe. Il sera champion. Le second se tourne vers des écritures plus saintes et devient abbé de la paroisse. Mais jamais les deux anciens gamins ne se quittent. Aussi, lorsque l’abbé propose à son ami d’enfance d’interpréter le rôle de Jésus dans son adaptation de La Passion de Notre Seigneur Jésus-Christ, celui-ci accepte pour sacrer, sur le ring du théâtre, leur fraternité.


Mon avis: Il y a deux ans, j’avais eu du mal à trouver les mots (et le talent) pour pouvoir décrire les émotions que m’avait procurées le premier roman de Guy Boley « Fils du feu ». Ça avait été une flamboyante expérience dont je garde un très bon souvenir de lecture.

Alors qu’il s’intéressait la dernière fois à un enfant des forges, il se propose dans « Quand Dieu boxait en amateur » de nous parler de son père. Il nous raconte sa jeunesse dans la campagne profonde. On va suivre toutes les choses qui ont fait de lui un homme et un père à part entière. De son éducation particulière, bercée par les convictions de l’époque, à sa grande amitié, capable de combattre les différences, en passant par ses passions sportives et artistiques, l’auteur développe toute l’admiration qu’il porte à cette figure paternelle.

La plume de Guy Boley fait mouche une nouvelle fois. Cet auteur a un véritable talent pour mettre en forme ses histoires. Sa langue est belle, nouée de magnifiques tournures et phrases. En très peu de pages, il sait exalter les sentiments et libérer une certaine poésie. Il offre donc un formidable roman hommage à son patriarche. Comme tout récit familial, j’ai l’impression qu’il est plus utile à l’auteur qu’à ses lecteurs, mais puisque c’est fait avec virtuosité, le plaisir est quand même au rendez-vous.

Le seul petit bémol que je pourrais mettre à ce deuxième roman, découle en fait de la lecture du précédent. En effet, celui-ci dégageait de telles émotions, presque palpables, qu’il en devenait sensoriel. C’était un moment de grâce particulièrement marquant. Ce nouvel opus est toujours de très bon niveau, mais les sensations sont plus effacées. Le récit est plus pragmatique, s’en tient aux faits et se révèle donc moins mémorable.

Toutefois, ne vous y trompez pas, ce livre est un bon livre. N’hésitez pas à découvrir Guy Boley qui vous ravira si vous aimez la belle littérature. De mon côté, je reste légèrement frustré, en raison des grands espoirs que j’avais mis dans cet ouvrage.

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Bel hommage d’un fils à un père

9 étoiles

Critique de Blue Boy (Saint-Denis, Inscrit le 28 janvier 2008, - ans) - 26 septembre 2021

Ce petit roman autobiographique est l’hommage plein de tendresse d’un fils à son père. Le narrateur (le fils donc) s’est éclipsé presque totalement derrière ce portrait d’un homme à la fois anonyme et extraordinaire, employé par les Chemins de fer à Besançon. Ce dernier pratiquait la boxe pendant son temps libre, un sport où il s’imaginait en champion international, à l’image de son héros Mohamed Ali. Son physique de jeune premier et sa jolie voix le poussèrent à chanter des opérettes lors des fêtes de quartier. De même, il apprit le métier d’acteur en interprétant le rôle de Jésus pour Pâques, avec la bénédiction du curé de la paroisse ! Passionné par les mots, il s’amusait également à apprendre chaque terme du dictionnaire de la langue française…

C’est peut-être ce qui a donné à Guy Boley le goût de l’écriture et l’a poussé à rendre ce magnifique hommage à son géniteur, qui pourra parfois paraître excessif mais n’en reste pas moins d’une immense sincérité. Boley manie la langue française avec brio, dans un style à la fois simple et poétique. Et ça, on se dit que le père n’y est pas étranger, c’est donc une forme de remerciement auquel se livre ici l’auteur… On comprend aisément que ce livre fut en lice pour le Goncourt en 2018.

Réné, mon père

5 étoiles

Critique de Pacmann (Tamise, Inscrit le 2 février 2012, 56 ans) - 1 septembre 2021

En évoquant son père, l’auteur tente de créer une forme d’émotion dans le chef du lecteur.

Ce père a eu de multiples facettes.

Il a eu une vie difficile, émaillée de passions et de drames, entre son métier de forgeron, sa vocation à incarner Jésus lors de représentation théâtrales, son goût pour la lecture et surtout sa carrière de champion de boxe.

Cependant, il y a un goût de trop peu, sans doute parce que cette histoire n’a rien d’exceptionnel, et aussi par l’utilisation d’un style, certes travaillé, mais qui laisse une place trop conséquente au caractère personnel de ce récit.

Quel ennui!

4 étoiles

Critique de Ludmilla (Chaville, Inscrite le 21 octobre 2007, 66 ans) - 19 mai 2021

Rien à faire, je n’apprécie pas les autofictions, « faux » romans qui ne servent le plus souvent que de catharsis à leurs auteurs. Sans parler des trop nombreuses pages à la gloire de la boxe dont je ne comprendrai jamais que ça puisse être considéré comme un sport.

Et dans celle-ci, le style emphatique, forcé, n’arrange rien. Des phrases alambiquées, pleines de répétitions à n’en plus finir…
« Quelques heures plus tard, les chevaux de feu aux naseaux écumants ont tiré le lourd charroi de Phoebus presque à la verticale de sa forge : traduire pas loin de midi »..…

« Le jupon de l'hiver se met à dévoiler ses jolies chevilles blanches. »

Livre que je n’aurais jamais fini s’il n’avait pas fait partie de la sélection du prix CL2021 – quoique sinon, je ne l’aurais très probablement jamais ouvert non plus.

Et il n’est pas passé pro …

8 étoiles

Critique de Tistou (, Inscrit le 10 mai 2004, 65 ans) - 16 mai 2021

Sacré Dieu. Que ne lui prête-t-on pas ? Ni plus ni moins qu’un grand talent pugilistique ici.
Guy Boley s’appuie manifestement sur son histoire personnelle, et celle de son père par la même occasion, pour nous narrer une histoire de chez nous. Je veux dire de notre vieille Europe, sans qu’il soit question de grandes tragédies, de vastes mouvements de foules ou d’actions hors du commun. Un roman pudique, tendre, et qui intéresse néanmoins le lecteur jusqu’au bout.
Soit René et Pierrot, dans la Franche Comté du côté de Besançon, amis depuis l’enfance (années 40 – 50). René, le père du narrateur, orphelin de père, élevé malaisément par une mère qui fait ce qu’elle peut, et Pierrot l’ami fidèle. Tous deux sont – et c’est une rareté – attirés par la lecture et échangent leurs expériences. Pas de chance pour René, sa mère qui fait ce qu’elle peut voit la littérature et la lecture d’un sale œil (ça n’a jamais fait manger, semble-t-elle penser). Si bien qu’à quatorze ans, ni une ni deux, elle envoie son fils René comme apprenti forgeron et, pour faire bon poids, le met à la boxe comme d’autres mettraient leurs filles à la danse.
Pierrot de son côté continue les études, la lecture, et touché par la révélation de Dieu devient abbé.
Pour autant ces deux-là ne se quittent pas vraiment, toujours en lien, d’autant que la paroisse de Pierrot est celle où vit René. Et le René boxeur a du succès dans son sport, il devient champion de France de sa catégorie. Et il s’intéresse aux arts à sa manière ; l’opérette, le théâtre, et l’improbable se produit ; l’Abbé convainc le champion de boxe de jouer le rôle de Jésus dans l’évènement paroissial annuel reproduisant « La Passion de Notre Seigneur Jésus-Christ » …
Tout ceci est raconté par le narrateur, vu de ses yeux d’enfant puis de ses yeux d’adulte. C’est touchant et on est « dedans » du début à la fin.

»Je pénétrai dans le garage, et voici ce que je vis : papa était parvenu à se mettre debout, seul, et se tenait en équilibre, sans aucune canne. Son corps vacillait, instable, mais il tenait bon. Il souriait. Il avait entièrement noirci, à l’aide du coke et du charbon, son visage, ses mains, ses avant-bras. Il s’était recouvert de poussière de charbon. Il se courba un peu, mis ses deux bras en position de combat, tel un boxeur à l’appel du gong, et me demanda : « Je ressemble à qui ? »
Ma réponse fut aussi immédiate que sincère : « A Mohamed Ali. »


Le combat d'une vie !

10 étoiles

Critique de Frunny (PARIS, Inscrit le 28 décembre 2009, 56 ans) - 7 mars 2021

Guy Boley (1952- ) est un écrivain français.
"Quand Dieu boxait en amateur" paraît en 2018 et reçoit le Prix Sport Scriptum 2018 qui récompense le meilleur ouvrage de l'année consacré au sport et le prix Mottart de l’Académie française 2019.

Nous sommes en périphérie de Besançon, en pleine campagne.
René et Pierre sont 2 enfants, amis inséparables, liés par une passion commune; la littérature.
Passion pas vraiment partagée par une mère qui se fait une autre image de "l'Homme" que doit devenir son fils.
Pour René, ce sera la forge à 14 ans et la boxe pour devenir un "mâle dominant "
Pour Pierre, le séminaire et la prêtrise comme horizon.
Les 2 amis vont embrasser ces métiers et y exceller.
René deviendra champion de France amateur de boxe, Pierre le prêtre de la commune.
Les 2 amis se retrouvent autour d'un projet commun; la création d'un spectacle autour de la vie de Jésus.

Le narrateur est le fils de René qui rend un poignant hommage à son père.
L'amitié fusionnelle de 2 amis d'enfance qui ne se quitteront plus mais avant tout une déclaration d'Amour d'un fils à son père.
J'avoue avoir été extrêmement touché par ce court roman qui prend aux tripes.
Une écriture soignée pleine de pudeur et de lyrisme.
Un excellent moment de lecture !

Un très bel hommage

8 étoiles

Critique de Nathavh (, Inscrite le 22 novembre 2016, 56 ans) - 15 août 2020

Roman dont j'avais beaucoup entendu parler à sa sortie, c'est le prix du deuxième roman qui me donne l'occasion de le lire.

C'est une auto fiction que nous propose Guy Boley. Il rend ici un vibrant hommage à son père .

C'est à Besançon dans le quartier du dépôt, quartier des ouvriers et cheminots que l'auteur a grandi. Il nous parle avec beaucoup de sensibilité de son père, de sa vie et de sa relation filiale. C'est un témoignage d'amour, d'admiration envers son père René.

René Boley est né le 3 mai 1926 et décède le 8 octobre 1999 : "Distance entre le lieu de sa naissance et celui de sa mort : 3 étages".

René a dû se construire en l'absence du père celui-ci "Paf ! Ecrasé, entre deux wagons, comme une crêpe, le pauvre !", ça on ne peut mal de l'oublier, l'auteur le mentionne assez dans son roman au point que cela pourrait énerver certains.

René enfant adore les mots, il lit beaucoup mais sa mère autoritaire a peur qu'il ne soit pas un homme ! et elle l'inscrit à la boxe ! A 14 ans il quittera l'école pour devenir forgeron car il faut un salaire !

L'auteur nous décrit le milieu ouvrier, le dépôt, la fin des machines à vapeur, l'évolution industrielle, la société après mai 68... jusqu'à nos jours. Il note dans son carnet les mots trouvés dans son "Larousse illustré" qui ne le quitte pas, il aimerait tant rendre hommage à son monde, aux ouvriers du quartier.

C'est dans les yeux du fils que le père est "déifié" au sens propre comme au sens figuré car l'ami d'enfance de René, Pierre, Pierrot qui comme lui a l'amour des mots, de la lecture mais pas les mêmes deviendra abbé ! A partir de ce moment il le nommera tendrement "père abbé", celui qui lui ouvrira la voie du théâtre amateur. C'est au nom de leur amitié qu'il incarnera Jésus dans "La passion du Christ" jouée chaque année à la paroisse du quartier.

La boxe, il sera tout de même champion de France amateur le 28 décembre 1952, ce combat, c'était pour plaire à sa mère, pour qu'elle soit fière de lui mais malheureusement elle ne verra pas son sacre.

Se battre, mener un combat pour le sport mais aussi dans la vie, pas simple de se construire seul, dans la pauvreté.

J'ai été séduite par la langue que j'ai trouvé très belle, poétique avec des envolées lyriques comme les opérettes qu'il écrivait pour amuser les gens du quartier. Les mots sont percutants. Le style est fluide, sensible, il laisse parler son coeur. Néanmoins j'ai dû m'accrocher pour suivre le récit, certains passages sur l'Eglise m'ont perdue, c'est la langue et la beauté de l'amitié des deux garçons, la réalité de ce quartier et l'admiration infinie pour ce père qui m'ont récupérée.

Suis heureuse d'avoir découvert ce roman.

Ma note : 8.5/10

Les jolies phrases

On ne choisit pas son enfance, on s'acclimate aux pièces du puzzle, on bricole son destin avec les outils qu'on a sous la main, c'est ce qu'il se dit tout en se demandant encore si courette ça existe, mais sans y trouver de réponse.

Quelque chose de l'infiniment petit révélant l'infiniment grand mais il ne la voit pas, perdu qu'il est dans l'insondable mystère des mots. Il referme le livre, croise sa mère qui cire le couloir, se fait discret, marche sur la pointe des pieds pour ne pas salir et ne pas se faire repérer, descend les escaliers, déambule en rêvant le long du muret, puis s'assied sous les grands draps qui sèchent et contemple la courette en pensant que si courette est le diminutif de petite cour, on devrait dire ruette pour une petite rue alors qu'on dit ruelle. Décidément, les voies de la grammaire, semblables à celles du Seigneur, lui sont impénétrables.

Ce n'est rien d'autre que ça, la boxe : adrénaline fleurdelisée sur liberté incandescente. Une vie d'éclair et de rédemption, un naufrage sans radeau où celui qui se noie n'ira pas plus profond que le bleu du tapis. Elle est bien loin de ce que d'aucuns en disent : sport violent où deux tas de viande abrutis se martèlent le visage. La boxe n'est pas un jeu. On joue à la raquette, on joue au ballon rond. On ne joue pas à la boxe. C'est pour ça qu'on l'appelle le noble art. Car il faut de la noblesse, pour monter sur un ring. Il faut même être artiste, pour bien savoir boxer. La beauté du coup de poing demeure autant dans l'esquive du frappé que dans la dextérité du frappeur.

C'est un quartier populaire, d'ouvriers et de cheminots, on y haie la boxe, l'opérette, le musette accordéon, on n'y lit quasiment pas, la culture est une affaire d'élégants, d'oiseaux, d'aristocrates. Car lire est dangereux, ça instille dans les coeurs des mondes inaccessibles qui ne portent au fond d'eux qu'envies et frustrations ; ça rend très malheureux, quand on est gens de peu, de savoir qu'il existe, dans un ailleurs fictif, des vies sans rides, ni balafres, où les rires, l'argent, la paix, l'amour poussent aussi joliment que du gazon anglais.

Ils ont, chacun à leur manière, élégamment rempli leur journée de travail, l'un rougeoyant l'acier, l'autre blanchissant les âmes, martelant ce pour quoi ils sont faits, du mieux qu'ils le pouvaient, sur la petite enclume de leurs destins.

Parce ce que c'est insensé, le nombre de choses dont ça peut être champion du monde, un père ; le nombre de combats que ça a dû mener pour transmettre la vie, puis la porter, à bout de bras, de nos premiers pas à nos premiers ébats, en supportant son poids comme l'Atlas l'univers.

Superbe hommage

9 étoiles

Critique de Marvic (Normandie, Inscrite le 23 novembre 2008, 63 ans) - 10 septembre 2019

Des écrivain(e)s qui écrivent sur leur père, ce n’est pas rare. C’est souvent touchant, voire émouvant si l’auteur(e) a un minimum de talent et si le lecteur y retrouve ses propres souvenirs.
Il faut donc, pour qu’un ouvrage se démarque, apporter quelque chose de particulier, de singulier.
C’est d’abord, pour Guy Boley, une écriture d’une richesse, d’un dynamisme jubilatoires.
C’est aussi, autre plaisir de lecture, son humour, parfois grinçant, parfois tendre.

Et c’est surtout la vie de son père, René ; orphelin de père avant même sa naissance, élevé "à la dure" par son "bouledogue" de mère qui, alors qu’il aime l’école, les livres, les mots, le met au travail à 14 ans et l’inscrit à la boxe pour en faire un homme.
"Ce n’est rien d’autre que ça la boxe : adrénaline fleurdelisée sur liberté incandescente. Une vie d’éclair, de rédemption, un naufrage sans bateau où celui qui se noie n’ira pas plus profond que le bleu du tapis."
C’est aussi une relation d’amitié entre René et Pierre; amis tout gamins, le forgeron boxeur et le père abbé maintiendront cette belle relation, qui offrira à René le rôle de sa vie, jouer Dieu.
Les chapitres sur son engagement pour jouer le rôle attribué, sont parmi les plus saisissants. René travaillera comme un forcené pour devenir un véritable acteur. À tel point que son fils croira à cette mort qu’il jouera dans "La passion".
"ben… j’ai toujours pas envie que mon papa y meure."

Pourquoi l’enfant qui aimait tant son père, l’a-t-il méprisé en grandissant, en vieillissant ?
Pourquoi s’est-il senti trahi ?
La troisième partie donnera quelques réponses aux interrogations du fils, dans des chapitres particulièrement bouleversants.
"Tu n’as jamais été un raté, papa, tu es mon unique Dieu, le seul auquel je crois, le seul auquel, jamais, je ne cesserai de croire."
Un très bel hommage au père, un très beau et très émouvant roman.

"Mon père, ce héros"...

9 étoiles

Critique de Cyclo (Bordeaux, Inscrit le 18 avril 2008, 75 ans) - 19 décembre 2018

Guy Boley, dans son deuxième roman, nous livre un tableau touchant de René, ce père dont il nous déroule l’histoire dans les quartiers populaires du Besançon des années 50 et 60. René, élevé à la dure par une mère seule (son père ayant été écrasé entre deux trains) est ami avec Pierrot ; tous deux se passionnent pour la lecture, mais la mère de René s’en méfie et pousse son rejeton vers la boxe qu’il va pratiquer en amateur jusqu’à devenir champion de France poids moyen, tandis que Pierrot devient prêtre. Leur amitié va survivre cependant : René exerce le métier de forgeron tout en s’entraînant pour la boxe, et en jouant les utilités sur la scène du théâtre municipal ou le chanteur d’opérette dans les réunions de famille. Jusqu’au jour où l’abbé lui propose de devenir acteur pour le spectacle annuel de la paroisse et d’endosser le rôle du Christ dans "La passion de notre Seigneur Jésus-Christ". René va mettre dans sa façon de jouer toute l’ardeur qu’il mettait dans les combats de boxe, forçant l’admiration de tous et de son propre fils.
Ici, on est dans le milieu des prolos, formidablement bien recréé par l’auteur, qui semble être le fils de ce René dont il nous conte l’histoire. C’est donc à la fois le récit d’une amitié merveilleuse entre René et Pierrot, et d’une relation père-fils très bien observée.

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