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DomPerro
27 avril 2012 @ 21:06
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Vu d’en haut, ça ressemblerait probablement à une pieuvre sang-de-bœuf qui crache un nuage d’encre grisâtre, mais c’est plutôt une jeune demoiselle qui se tient immobile sous un large parapluie et qui grille une cigarette, sur le trottoir, avant que ne commence sa journée de travail. Cette cigarette lui procure-t-elle un meilleur goût que celle accordée au condamné à mort?
Une colonne fragile de piétons défile sur le trottoir. Dead men walking, pense-t-elle.
La pieuvre lance son mégot dans une flaque d’eau puis
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R. Knight
27 avril 2012 @ 21:13
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avance d'un pas rapide dans cette ruelle sans fin, ses pieds martélant le sol, émettant un bruit semblable à celui que crée le galet qui ricoche sur l'eau.
Elle se faufile, s'avance, se recule, se fait bousculer, se fait pousser, s'enfonce dans cette gigantesque purée de passants tous aveuglés par un emploi du temps qui les séquestre. Elle se sent comme une pomme de terre pas tout à fait écrasée à qui l'on donne des coups de cuillère dans cette presque soupe d'humanité.
Elle se retient désespérement à son manche de parapluie quand
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Nathafi
27 avril 2012 @ 21:18
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un des passants la bouscule. Elle tombe au ras du caniveau, sentant une vive douleur au niveau du nez. Mais autour, personne ne la voit. Son parapluie s'est échoué non loin et subit les coups de pied de ces fous furieux qui avancent toujours. Elle crie mais personne ne l'entend, le sang se mêle à la pluie qui s'écoule devant ses yeux. Soudain elle entend
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Darius
(Je lis...)
27 avril 2012 @ 22:24
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un chien qui aboie... un museau qui lui lèche le sang qui ruisselle de ses narines.. qui gicle de sa lèvre meurtrie.. Elle se laisse faire... la langue est chaude, râpeuse et se veut rassurante.. La pluie l'oblige à fermer les yeux, l'empêche de voir ce qui se passe autour d'elle.. seul un cliquetis régulier, comme une béquille qui frappe sur le sol et une voix rauque et inquiète
qui appelle....."
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Saule
(Je lis...)
27 avril 2012 @ 22:43
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le foutu cabot. Elle se relève péniblement, cherche son parapluie et se débarrasse du chien qu'elle renvoie à son maitre. Loin de l'aider ou de demander si tout va bien, celui-ci la regardait par terre d'un air suspicieux, comme si elle l'avait fait exprès de tomber pour amuser son chien ! Elle va être en retard au travail, c'est sur, et c'est très embêtant car
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Pieronnelle
(Je lis...)
28 avril 2012 @ 01:37
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ce n'est pas la première fois. Mais elle n'en peut plus de ce travail stupide qui lui vide la tête complètement. C'est d'ailleurs pourquoi elle se retrouve là dans le caniveau; elle sent bien qu'elle ne pourra tenir longtemps, toutes ses neurones sont aspirées de jour en jour et elle se sent molle et flasque comme une pieuvre à laquelle elle ressemble de plus en plus. Il lui faut rapidement
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SpaceCadet
(Je lis...)
28 avril 2012 @ 04:13
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changer de vie, changer de pays, changer de nom mais tout recommencer car ici
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Radetsky
28 avril 2012 @ 10:49
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plus d'espoir, plus de fraternité, plus de lumière au fond des regards... les dernières traces d'humanité se sont réfugiées dans la sollicitude bourrue des chiens. Les traces de son sang, l'épave du parapluie, rouge sur rouge... ce qui fut l'espérance s'est noyé dans l'insignifiance, ne suscite plus qu'une immense nausée. Une pulsion fugitive qu'elle a vite réprimée dans un frisson l'aurait peut-être précipitée sous les roues des voitures si... si un frôlement sur son épaule et une voix vaguement familière ne lui avait murmuré "ça va, ma grande ? Tu vas pas rester là...allez, prends mon bras". Pas de jugement, pas de mièvrerie, dans ce visage un peu ingrat de vieil adolescent, qui se penchait sur elle : le coursier ! Le coursier de sa boîte. Ce "bon-à-tout-faire", gentiment moqué par les uns et les autres, qui obstinément, inlassablement, distribuait ses tracts, allait parler aux petites mains pour leur remonter le moral, déjouait les pièges grossiers de l'encadrement qui souhaitait qu'on le vire. Toujours là le "camarade", là où personne ne l'attendait plus...
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Darius
(Je lis...)
28 avril 2012 @ 20:19
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Jusque là, elle l'avait toujours méprisé.. Cet homme humble lui rappelait trop un passé et une enfance qu'elle avait reniés et dont elle avait occulté tous les malheurs.. Elle s'était construit une nouvelle vie à cent lieues de l'ancienne dont elle ne voulait plus entendre parler.. Et soudain, cet homme était là, lui offrant son aide.. Accepterait-elle ? A première vue, elle n'avait pas le choix.. Mais elle s'était forgé un tempérament de battante et le fait que cet homme, négligé de tous, soit là, compatissant devant sa disgrâce, la rendait plus agacée encore.. Elle ne put se contenir...
_ "
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Pieronnelle
(Je lis...)
30 avril 2012 @ 13:53
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et cacher son irritation. Enfin, elle avait cru être battante, mais tout s'était effondré très vite. La carapace qu'elle s'était forgée un moment n'avait pas tenu longtemps. Dans cette boite, on ne faisait pas de cadeaux et si elle avait souvent regardé d'un air hautain l'homme compatissant qui se trouvait près d'elle, dans l'instant présent le fait que ce soit lui qui lui disait de tenir le coup et lui offrait son aide, la bousculait intérieurement voire même la bouleversait. Elle leva enfin son regard vers lui et elle sut...
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Nathafi
30 avril 2012 @ 22:54
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que son intention de l'aider était sincère... Ravalant sa fierté, et effaçant tout dédain, elle accepta son bras et se laissa emporter. Il l'amena tout droit vers l'hôpital pour faire soigner ses blessures. C'est qu'elle était bien amochée, elle qu'il regardait du coin de l'oeil depuis si longtemps. Il souriait intérieurement et se disait que le destin, pour une fois, était de son côté. Certes il déplorait la façon dont elle le toisait quand il passait dans les couloirs des bureaux, mais il lui avait toujours trouvé un charme particulier. Et de la voir, subitement, si dépendante de lui, lui donnait une certaine assurance. L'infirmière arriva avec un fauteuil et emmena la jeune femme dans la salle de soins. Il se prit un café au distributeur automatique de Minoritaire et s'installa dans la salle d'attente. En face de lui,
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R. Knight
30 avril 2012 @ 23:51
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Mina, son ex petite-amie bipolaire qu'il n'a pas vue depuis des lustres.
Il essaie de détourner son regard d'elle, mais n'y parvient pas. Les yeux de Mina lui glacent le sang, lui font frissonner son échine. Il tente malgré tout de conserver une expression faciale d'une parfaite neutralité.
La jeune femme le fixe intensément. Est-elle gaie ou triste ? En pleine manie ou en pleine euphorie ? Est-elle seulement elle-même ?
Ses yeux semblent sourire alors que sa bouche affiche une moue grimaçante. Son corps paraît raide et droit, mais ses joues sont fraîchement colorées. Mina est d'une affreuse beauté.
Le coursier remarque alors que son haut blanc en dentelle comporte des tâches vermeille. L'arcade sourcillière est couturée de points de suture.
Il se prépare à entamer la discussion qui paraît plus qu'inévitable, quand Mina le devance.
-Qu'est-ce-que tu fais ici ?! Vocifère-t-elle avec un ton haineux non feint.
Les lèvres du garçon s'entrouvrent mais ne laissent passer aucun son.
-Bordel, Réponds-moi, enfoiré !
Elle s'approche de lui en tremblant de rage.
-Mina, calme. Je vais tout t'expliquer...
Elle le fusille du regard. Elle le fusille dans l'attitude de son corps qui semble prêt à se jeter sur lui, à l'étouffer, l'écraser, le dévorer, le broyer, l'enchaîner, le presser, le déchiqueter, le tabasser, le découper, l'anéantir... l'aimer.
-C'est toi qui doit te calmer, mon chéri. Roucoule-t-elle. Je t'ai simplement demandé ce que tu venais faire par là, c'est tout.
Elle rit. Ses dents blanches illuminent la salle d'attente d'un éclat surhumain. Le coursier est près à s'attendrir quand il se rappelle qu'il n'est certainement pas là pour ça.
-J'ai amené une collègue ici, elle a eu un petit accident. Oh rien de grave, ne t'en fais pas, une affai...
Des larmes survolent les joues de Mina. Elles s'écoulent le long de ses lèvres rouge sang, et viennent s'écraser sur le sol dans une légère mélodie qui rappelle celle de la pluie de tout à l'heure... la pluie qui s'abattait sur le parapluie de la pieuvre...
-Comment peux-tu me faire ça ? UNE collègue... Je t'aimais moi... Comme une dingue, ouais, je t'aimais...
Le jeune homme se lève pour la réconforter, mais trop tard, Mina est repartie, elle lui administre une énorme gifle.
-JE TE DETESTE, CONNARD !!
Les autres patients tournent la tête et fixent les deux jeunes gens avec des regards hagards, ahuris. Les pommes de terre ont des oreilles et des yeux mais pas la moindre pudeur.
Le coursier est sur le point d'attraper Mina quand
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Pieronnelle
(Je lis...)
1 mai 2012 @ 00:41
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il se reprit et finalement laissa filer Mina; cet intermède fulgurant était intervenu comme un flash et il se demanda s'il n'avait pas eu une hallucination. Son reflexe premier fut de penser à celle qu'il avait soutenue. Plus que ses blessures physiques c'était sa détresse morale qui le touchait. Devant la machine à café de Minoritaire qui apparemment fonctionnait très bien, ce qui était surprenant, ses pensées se mirent à partir dans tous les sens. Il se revit dans l'entreprise, toujours au service des autres quelle que soit l'ingratitude dont certains faisaient preuve. Les rythmes de travail étaient durs, même pour les cadres dont sa collègue faisait partie. Pour ceux dont le travail physique était lourd à supporter il avait toujours une parole encourageante et même une blague à deux sous pour les faire sourire. Concernant les cadres, il ne se laissait pas intimider et la petite remarque gentiment ironique qu'il lui arrivait de leur lancer quand ils le prenaient de haut, en général allait droit au but. Et leurs visages fatigués aux traits tirés lui faisaient comprendre que leurs souffrances étaient réelles. Et celle qu'il avait relevée du caniveau faisait bien partie de ceux là; il l'avait remarqué dans l'expression du regard qui s'assombrissait de jour en jour. Il fallait faire quelque chose pour bousculer un peu les patrons de cette boite qu'on ne voyait jamais, qui changeaient tous les quatre matins. Il était encore dans ces pensées quand sa collègue sortit de la salle de soins et se dirigea vers lui, le visage recouvert de deux pansements, et, oh surprise...
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Tistou
16 mai 2012 @ 23:31
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Elle souriait. Un sourire radieux et contraint à la fois. Contraint par les pansements et les points de suture dessous. N'empêche il semblait radieux ...
- Pas envie d'y aller aujourd'hui. Après mon gadin ... Vous m'emmenez ?
- Tu peux me dire "tu". Et oui je t'emmène. Je t'emmène où ?
Ils souriaient tous deux maintenant. Un peu incrédule de son côté à lui. Dehors un merle chantait ...
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Nathafi
17 mai 2012 @ 08:46
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... Le ciel était à présent totalement dégagé de tout nuage. La chaussée commençait à sécher, les parapluies aussi, sous le soleil qui était enfin apparu. Elle tendit son visage aux rayons, afin qu'ils viennent réparer ses blessures. Les médecins lui avaient dit qu'elle n'aurait aucune séquelle, que les cicatrices seraient légères, et qu'elle pourrait aisément, plus tard, les cacher sous un maquillage discret.
Lui la regardait, il avait de plus en plus de mal à dominer son trouble... Il ne savait comment agir, la barrière entre eux avait eu l'air de tomber, durant ces dernières heures et au vu des circonstances, mais il ne savait pas du tout comment agir... Devait-il céder à son élan ? Ou garder encore une certaine réserve, pour la laisser décider de ce qui allait suivre...
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