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 Accès direct à la fiche du livre "L'ombre du vent" »

Saule
(Je lis...)

8 janvier 2012 @ 11:59

Bien sûr, mais ce qui me gêne c'est de constater que la même oeuvre sera considérée comme piquette par l'un et comme grand vin par un autre...Où se trouve le vrai problème? dans la tête de celui qui lit ou dans les règles de ces fameuses "évaluations"?

Je crois que Feint est souvent revenu sur ce problème. A partir du moment ou les éditeurs et les médias (les professionnels) ne font plus leur travail, les grands crus passent à la trappe faute de visibilité et les piquettes passent pour des grands crus.

Je crois qu'en littérature, comme en oenologie, il y a des gens qui font un peu autorité, de par leur métier, leur compétence. Et que ces gens devraient orienter le lecteur lambda (moi, toi, la plupart de nous sur ce site) vers ce qui est beau.

Ceci dit, l'ombre du vent est un livre génial pour beaucoup de gens, tout comme les piliers de la terre pour d'autres. Je ne vois pas le problème de dire que ce n'est pas de la grande littérature.
Pieronnelle
(Je lis...)

8 janvier 2012 @ 12:43
Que ce soit ou non de la grande littérature à vrai dire ça m'est égal. Il y en a tellement qui se sont trompés et même parmi ceux qu'on dit les plus grands (comme certains grands éditeurs); la seule chose qui me choque c'est cette notion "ça ne vaut rien"; pour moi c'est la négation d'une oeuvre qu'elle quelle soit, c'est un manque de respect;
de plus prétendre d'une façon péremptoire que tel auteur a "voulu faire ça" (dans le cas de "l'ombre du vent", il aurait "utilisé des recettes et autres procédés"...). Qui est-on pour se mettre à la place de l'auteur? On peut très bien ne pas apprécier de retrouver souvent les mêmes thèmes et autres aspects mais qui peut prétendre que l'auteur a réellement eu cette intention? Et puis les mêmes thèmes peuvent être traités de façons si différentes. C'est peut-être là que se trouve le talent...
Mais on a trop rabâché sur ce sujet, si ça plait à certains de savoir s'il s'agit ou non de littérature avant de lire un livre après tout chacun a sa façon de lire. Mais je trouve ça dommage car ceux qui ont aimé un livre à priori mal considéré en sont presque à se justifier...
Débézed
(Je lis...)

8 janvier 2012 @ 13:49
Mais je trouve ça dommage car ceux qui ont aimé un livre à priori mal considéré en sont presque à se justifier...


Et pourquoi donc ?

J'ai aimé ce livre, j'en ai lu des meilleurs et des pires, ça restera pour moi un bon souvenir de lecture d'autant plus que je l'ai lu avant qu'il envahisse réellement les rayons de tous les vendeurs de livre. J'y ai trouvé des choses que personne peut-être n'a y a décelées parce que j'ai lu ce livre dans un certain contexte et à la suite d'autres lectures que j'ai pu mettre en parallèle.

C'est ma lecture et celle des autres ne m'intéresse que pour la confronter à la mienne mais jamais pour la remettre en cause

Je ne parlerai pas d'art car l'art ne se défini pas, il est toujours transition vers autre chose, je parlerai simplement de lecture, ce que je connais un peu, et je maintiendrai que ce livre est une bonne lecture qui gêne un peu certains car il a beaucoup, trop, de succès. Il est remarquable de constater qu'il a fallu attendre une longue période avant qu'un note inférieure à 4 étoiles lui soit attribuée sur CL même si cette notation n'a pas beaucoup de sens, il est tout de même surprenant que le livre soit devenu brusquement moins apprécié. La pensée commune gêne, l'abondance nuit, le besoin d'aller contre le consensus est manifeste et c'est tant mieux.
Sissi
(Je lis...)

8 janvier 2012 @ 14:55
Mais je trouve ça dommage car ceux qui ont aimé un livre à priori mal considéré en sont presque à se justifier...


Pourquoi dommage? C'est quand même un peu l'objet du site d'expliquer pourquoi on apprécie ou pas, non?
Et là en l'occurrence il s'agit d'un livre ultra considéré, et c'est plutôt ceux qui ne l'ont pas aimé qui se sentent obligés de se justifier.

Sinon tu me fais sourire (avec affection, hein, pas ironiquement), parce que pendant des années, quand j''étais en cours de français et que je devais faire des commentaires composés, je me disais (et je n'étais pas la seule) "mais pourquoi s'emm......-t-on à chercher à comprendre pourquoi l'auteur a choisi tel mot plutôt qu'un autre, à tout décortiquer, à dire ceci cela, "on sent bien que","on remarque que", "l'auteur veut mettre en avant ceci" alors qu'au moment où il a écrit, il n'a pas peut-être pas du tout pensé à tout ça!! etc..bref, je pensais: on n'en sait rien (on ne peut pas savoir quelle a été la démarche de celui qui a écrit, on n'est pas dans sa tête) et puis... on s'en fout!(ça me plaît ou pas, c'est bien là l'essentiel).
Un seul de mes professeurs a évoqué, sans qu'on ne lui demande rien, cette question. Alors que nous planchions sur la phrase "Quelle heure est-il? Je n'avais pas de montre" (drôle d'idée, hein?), il nous a dit "Au fait, je voulais vous dire, certains d'entre vous pensent sans doute que etc.." (ce que j'ai dit avant)," et bien en fait, vous avez raison, on ne peut pas savoir, mais quand on aime le français, la langue, la littérature tout ça et bien on aime faire ça quand même, se poser des questions sur les textes".
Voilà c'est aussi simple que ça, les questions que je me pose, ça m'intéresse de me les poser (et ça m'aide pour faire une critique), il ne s'agit pas de vérités, et ça n'engage bien évidemment que moi.
Et ça m'intéresse de voir ce qui a retenu l'attention chez les autres (ou ce qui est passé complètement inaperçu...) à la lecture d'un même livre.
Pieronnelle
(Je lis...)

8 janvier 2012 @ 14:56
Je suis d'accord avec toi Débézed mais alors à quoi sert vraiment la confrontation? Personnellement ça me plait bien qu'on fasse ressortir des aspects que je n'avais pas vu et que certains, grâce à leur culture, me permettront de découvrir. C'est ça l'échange non? Tu es un grand lecteur Débézed et j'apprécie le recul que tu as sur les oeuvres (ici les livres) car tu lis beaucoup et il me semble, sans à priori ;et tu as acquis une grande confiance en toi. Tu n'es pas "intimidé" par les oeuvres, ce qui n'est pas le cas de tout le monde et je fais partie de ce tout le monde. Mais en même temps il y a quelque chose en moi qui se rebelle face aux "jugements"; je veux bien qu'on m'apprenne, mais pas comment juger. Je me sentirai toujours humble face à un livre sincère (qu'il me plaise ou non) et bien sûr non fabriqué de toutes pièces. C'est le respect pour l'écrivain, celui qui, par ses qualités et ses défauts me permettra d'acquérir mon libre arbitre. Essayer de comprendre pourquoi on n'aime pas un livre, en dehors de schémas imposés, est aussi intéressant que de lire un livre qui a plu; mais il faut aller chercher en soi les raisons, ce qui permettra de mieux se connaitre ;et non pas se servir d'échelles de valeurs.
Enfin c'est comme ça que je vois les choses...
Sissi
(Je lis...)

8 janvier 2012 @ 14:58
. Il est remarquable de constater qu'il a fallu attendre une longue période avant qu'un note inférieure à 4 étoiles lui soit attribuée sur CL même si cette notation n'a pas beaucoup de sens, il est tout de même surprenant que le livre soit devenu brusquement moins apprécié. La pensée commune gêne, l'abondance nuit, le besoin d'aller contre le consensus est manifeste et c'est tant mieux.


Ecoute je t'assure que ma déception était sincère et pas pour aller à contre courant, d'ailleurs je n'ai même pas fait de critique.
Sissi
(Je lis...)

8 janvier 2012 @ 15:02
de lire un livre qui a plu; mais il faut aller chercher en soi les raisons, ce qui permettra de mieux se connaitre ;et non pas se servir d'échelles de valeurs.


Je pense qu'il faut se servir de SA propre échelle de valeurs.
Pieronnelle
(Je lis...)

8 janvier 2012 @ 15:04
Je comprends ta démarche Sissi et, tu ne peux pas mieux dire, je me retrouve dans ce que tu dis, des années en arrière au moment des commentaires de textes ou de livres, ce qui, soit dit en passant, me réussissaient fort bien. Mais justement c'est de ça que je veux m'éloigner; peut-être est-ce l'âge mais j'ai envie de me libérer de tout ça, de ces décorticages; j'ai envie d'appréhender un livre avec un regard neuf (enfin le plus possible) débarrassé de ce que j'ai appris. Il me semble que c'est le vrai sens de la lecture (avec bien sûr une réserve sur le "vrai"!)
Je ne critique pas ta façon Sissi, au contraire, c'est je jugement de valeur que je critique.
Feint
(Je lis...)

8 janvier 2012 @ 15:30
Moi je trouve que c'est sain, le jugement de valeur - quand il est sincère évidemment. Quand on a le sentiment que tel livre est surestimé, ou que tel autre est trop méconnu (c'est-à-dire considéré comme mineur), c'est bon de le dire. Tiens, je me lâche encore un coup : il me paraît foncièrement injuste qu'Aloysius Bertrand, l'auteur de Gaspard de la Nuit, ne connaisse pas une notoriété équivalente à celle de Nerval, Baudelaire, Rimbaud ou Mallarmé. C'est un jugement de valeur, et ça fait du bien.
Pieronnelle
(Je lis...)

8 janvier 2012 @ 15:57
Mais pourquoi faire de comparaison?! Que tu mettes en valeur Aloysius Bertrand c'est formidable, c'est vraiment ce qui est important! Qu'il n'ait pas la même notoriété que Nerval et autres c'est un fait ; ça ne lui donne pas un plus parce qu'il est moins connu et ça ne donne pas un moins aux autres parce qu'ils le sont! Là je ne vois pas pourquoi un jugement de valeur! Il doit y avoir une raison si Aloysius Bertrand est moins reconnu, si cette raison n'est pas valable c'est génial que tu fasses tout pour la dénoncer et nous faire enfin mieux connaitre cet auteur. Je ne comprends décidément pas ce principe de comparaison comme s'il fallait que certains paient parce qu'ils sont mieux reconnus. Si cette reconnaissante est surfaite il y a plein de moyens de le démontrer!
Feint
(Je lis...)

8 janvier 2012 @ 16:19
La raison, c'est que contrairement à une croyance populaire, la postérité ne rend pas justice aux artistes. (Et puis : provincial, mort très tôt..., et bien sûr a écrit sous une forme non immédiatement reconnaissable par ses contemporains.) Mais bien sûr que si, la comparaison avec d'autres auteurs est pertinente : les quatre poètes que j'ai cités, sont, à mes yeux, à leur place dans le Panthéon littéraire (même si Nerval mériterait encore mieux que ce qu'il a). Ils peuvent donc me servir d'étalon pour situer l'importance que j'accorde à Bertrand : la même.
Loranne
8 janvier 2012 @ 17:24
Que ce soit ou non de la grande littérature à vrai dire ça m'est égal. Il y en a tellement qui se sont trompés et même parmi ceux qu'on dit les plus grands (comme certains grands éditeurs); la seule chose qui me choque c'est cette notion "ça ne vaut rien"; pour moi c'est la négation d'une oeuvre qu'elle quelle soit, c'est un manque de respect;
de plus prétendre d'une façon péremptoire que tel auteur a "voulu faire ça" (dans le cas de "l'ombre du vent", il aurait "utilisé des recettes et autres procédés"...). Qui est-on pour se mettre à la place de l'auteur? On peut très bien ne pas apprécier de retrouver souvent les mêmes thèmes et autres aspects mais qui peut prétendre que l'auteur a réellement eu cette intention? Et puis les mêmes thèmes peuvent être traités de façons si différentes. C'est peut-être là que se trouve le talent...
Mais on a trop rabâché sur ce sujet, si ça plait à certains de savoir s'il s'agit ou non de littérature avant de lire un livre après tout chacun a sa façon de lire. Mais je trouve ça dommage car ceux qui ont aimé un livre à priori mal considéré en sont presque à se justifier...



Merci Pieronnelle !!! Tu m'as vendu du rêve là!

Je pense que même si on lit beaucoup de livres nous n'arrivons pas à la cheville de tous les auteurs qui soit disant "ne valent rien".

Pour ma part je n'ai jamais entendu de célèbre critique (quel qu'il soit : culinaire, littéraire, cinéphile) dire "ca ne vaut rien" mais plutôt "j'ai perdu mon temps", "ceci ou cela ne va pas", "pas d'histoire" mais jamais ça ne vaut rien.

Qui sommes nous pour juger? Est-ce qu'un CLien a déjà écrit un livre et été publié?? Si oui, après tant de temps de travail, comment réagirai-t-il à un "ca ne vaut rien"?? Un peu de respect svp....

De même pour Musso, Lévy,.... vous n'aimez pas??? Passez votre chemin! et ne lisez pas pour le plaisir de tout démonter derrière...
Dirlandaise

8 janvier 2012 @ 17:34

Qui sommes nous pour juger? Est-ce qu'un CLien a déjà écrit un livre et été publié?? Si oui, après tant de temps de travail, comment réagirai-t-il à un "ca ne vaut rien"?? Un peu de respect svp....

De même pour Musso, Lévy,.... vous n'aimez pas??? Passez votre chemin! et ne lisez pas pour le plaisir de tout démonter derrière...


Merci de nous dire comment lire et critiquer...

"Qui sommes-nous pour juger ?" Je regrette mais quand on écrit un livre, il faut s'attendre à des critiques bonnes et moins bonnes. C'est le droit de tout lecteur de donner son avis.

Lévy c'est de la piquette. Il surfe sur son succès gnan-gnan pour faire son beurre. Il a raison mais personne ne m’empêchera de le juger comme il le mérite et personne ne m'intimera de la boucler sous prétexte que c'est un auteur qu'elle apprécie...
Pieronnelle
(Je lis...)

8 janvier 2012 @ 17:36
Si la comparaison consiste à ce que tu dis alors je suis d'accord. Ce qui me gêne c'est le "mieux que..." qui ne me semble pas forcément lié à la comparaison non?
Pieronnelle
(Je lis...)

8 janvier 2012 @ 17:36
je m'adressais à Feint bien sûr!:-)
Feint
(Je lis...)

8 janvier 2012 @ 17:55
Je ne fonctionne pas trop à la "mieux que" parce que quand on a dit ça on n'a pas dit grand-chose. Encore que. Encore que toute chose n'étant pas égale, on a le droit de le dire. Certaines réputations littéraires doivent beaucoup à l'école, il faut bien le dire. L'école, c'est mon autre métier, et je suis souvent en désaccord avec elle concernant le rapport qu'elle entretient à la littérature. La facilité d'accès de certains textes ou encore leur exploitation utilitaire à des fins pédagogiques finissent par façonner dans l'esprit de ceux qui en sortent bons élèves (et à qui on ne peut pas jeter la pierre) un paysage littéraire à la fois déformé et simplifié. La grandeur de certains auteurs y est érigée en évidence, d'autres y sont largement passés sous silence ; tout cela reste dans les mémoires. Et comme les professeurs sont souvent les bons élèves d'hier... Alors de temps en temps, clamer haut et fort que tel ou tel vedette des programmes ne vaut pas tant que ça, et que tel ou tel méconnu mérite bien mieux, je trouve ça sain.
Palorel
(Je lis...)

8 janvier 2012 @ 18:08
A propos de certains manuels scolaires :
"Les œuvres majeures, c'est-à-dire durables, y voisinent avec des textes dont rien ne justifie la présence, à leurs côtés, sinon la neutralité affective, la posture scolaire du commentateur. Et alors, c'est la vertu inséparablement révélatrice et libératrice de la littérature qui s'en trouve diminuée, ternie. Son rapport à la réalité s'est trouvé doublement infléchi, déformé, dès sa genèse puis lors de l'exégèse."

Pierre Bergounioux, Bréviaire de littérature à l'usage des vivants, p.11
Palorel
(Je lis...)

8 janvier 2012 @ 18:11
Je viens d'en commencer la lecture. :-)
Virgile
(Je lis...)

8 janvier 2012 @ 18:30
Tout le monde juge, tout le monde pense juger justement, tout le monde pense avoir raison et tout le monde est d'un avis différent, cherchez l'erreur! :op
Feint
(Je lis...)

8 janvier 2012 @ 19:12
cherchez l'erreur! :op
Trouvée ! (C'était facile : elle se cachait dans un sarcophage doré.)
Feint
(Je lis...)

8 janvier 2012 @ 19:14
A propos de certains manuels scolaires :
"Les œuvres majeures, c'est-à-dire durables, y voisinent avec des textes dont rien ne justifie la présence, à leurs côtés, sinon la neutralité affective, la posture scolaire du commentateur. Et alors, c'est la vertu inséparablement révélatrice et libératrice de la littérature qui s'en trouve diminuée, ternie. Son rapport à la réalité s'est trouvé doublement infléchi, déformé, dès sa genèse puis lors de l'exégèse."

Pierre Bergounioux, Bréviaire de littérature à l'usage des vivants, p.11
Ben voilà, quoi.
Pieronnelle
(Je lis...)

8 janvier 2012 @ 21:02
Je ne fonctionne pas trop à la "mieux que" parce que quand on a dit ça on n'a pas dit grand-chose. Encore que. Encore que toute chose n'étant pas égale, on a le droit de le dire. Certaines réputations littéraires doivent beaucoup à l'école, il faut bien le dire. L'école, c'est mon autre métier, et je suis souvent en désaccord avec elle concernant le rapport qu'elle entretient à la littérature. La facilité d'accès de certains textes ou encore leur exploitation utilitaire à des fins pédagogiques finissent par façonner dans l'esprit de ceux qui en sortent bons élèves (et à qui on ne peut pas jeter la pierre) un paysage littéraire à la fois déformé et simplifié. La grandeur de certains auteurs y est érigée en évidence, d'autres y sont largement passés sous silence ; tout cela reste dans les mémoires. Et comme les professeurs sont souvent les bons élèves d'hier... Alors de temps en temps, clamer haut et fort que tel ou tel vedette des programmes ne vaut pas tant que ça, et que tel ou tel méconnu mérite bien mieux, je trouve ça sain.


Toi et Palo, vous avez ce regard critique envers les méthodes pédagogiques. Mais les autres prof? Si c'est aussi évident pourquoi aucun changements? De plus cela laisse supposer qu'on a tous été façonnés de cette façon, avec le Dieu Victor Hugo, mais où est le vrai? Je dirais où est le mal? Le Victor Hugo de l'école est bien loin de celui que je re-découvre maintenant avec un plaisir immense; et à la limite je trouve même que ces auteurs ont pâti de l'importance qu'on leur a donnée; on les a même un peu galvaudés.
Tout à fait d'accord pour faire connaitre tous ceux qui sont restés dans l'ombre mais l'époque a tellement d'importance et explique l'écartement de ces oeuvres. Pour ma part, dans le domaine de la musique classique je ne cesse de découvrir des musiciens ayant vécu aux mêmes époques que ceux les plus connus et j'en retire un plaisir immense, celui de la recherche et surtout de la découverte. Il y a des raisons historiques, personnelles etc...et découvrir ce pourquoi n'est pas une raison, il me semble, pour descendre les autres de leurs estrades.
Quand Bergounioux dit:
"Les œuvres majeures, c'est-à-dire durables, y voisinent avec des textes dont rien ne justifie la présence, à leurs côtés, sinon la neutralité affective, la posture scolaire du commentateur"; sur quoi s'appuit-il réellement? Faire ressortir les textes non majeurs n'est-ce pas finalement permettre aux élèves de repérer ceux qui sont majeurs? Puisque vous êtes pour la comparaison cela peut être une bonne méthode.
Vous pouvez comprendre qu'on puisse être démuni devant cette position?
Feint
(Je lis...)

8 janvier 2012 @ 22:34
Au contraire, ce qu'il dénonce c'est plutôt (j'imagine, je n'ai pas lu celui-là) la mise au service de la littérature à un enseignement dont elle n'est pas l'objet mais plutôt le prétexte, d'où le possible remplacement par des textes qui n'ont finalement pas grand-chose de littéraire. On est plutôt dans l'effacement de la littérature. C'est ce que je reproche à Virgile dans son credo du tout-égal : il y a des textes qui sont vraiment de la littérature de création, d'autres qui le sont moins, d'autres qui ne le sont pas ; il n'y a rien de mal à l'affirmer. Le problème évident, c'est la crédibilité de celui qui l'affirme. Personnellement, j'ai tendance à accorder ma confiance à des gens qui ont consacré leur vie à la littérature.
Feint
(Je lis...)

8 janvier 2012 @ 22:45
Il y a des raisons historiques, personnelles etc...et découvrir ce pourquoi n'est pas une raison, il me semble, pour descendre les autres de leurs estrades.
Et quand leur estrade est trop haute ? Personnellement j'aime bien Camus, par exemple, mais l'entendre présenter comme quasiment le meilleur auteur du XXe siècle, comme ça a souvent été le cas l'année de son anniversaire, ça m'a un peu gonflé.
Palorel
(Je lis...)

8 janvier 2012 @ 22:46
Dans le cadre de l'enseignement du français au collège, je ne m'en offusque pas outre mesure. Ce que je trouve gênant, c'est que le consensus s'étende à la salle des profs où les auteurs du manuel sont vénérés (je grossis un peu le trait). Je ne trouve pas ça très sain.
Pieronnelle
(Je lis...)

9 janvier 2012 @ 00:22
On est plutôt dans l'effacement de la littérature. C'est ce que je reproche à Virgile dans son credo du tout-égal : il y a des textes qui sont vraiment de la littérature de création, d'autres qui le sont moins, d'autres qui ne le sont pas ; il n'y a rien de mal à l'affirmer. Le problème évident, c'est la crédibilité de celui qui l'affirme. Personnellement, j'ai tendance à accorder ma confiance à des gens qui ont consacré leur vie à la littérature.


Là je suis bien d'accord. Moi non plus je ne suis pas pour le tout égal et c'est bien pour le plaisir de la différence. La littérature de création que tu évoques est bien certainement à mon avis la plus intéressante mais on peut discuter longtemps aussi sur le sens du mot création; et est-ce que ça donne plus d'importance à un texte?
Non seulement il n'y a rien de mal à affirmer qu'il existe des différences entre des oeuvres , mais l'intérêt c'est justement de les faire ressortir; et s'appuyer sur des gens qui consacrent "leur vie à la littérature" est bien ce qu'il y a de plus enrichissant.
Quant à Camus je l'aime tellement que...:-)))
Débézed
(Je lis...)

9 janvier 2012 @ 01:34
. Il est remarquable de constater qu'il a fallu attendre une longue période avant qu'un note inférieure à 4 étoiles lui soit attribuée sur CL même si cette notation n'a pas beaucoup de sens, il est tout de même surprenant que le livre soit devenu brusquement moins apprécié. La pensée commune gêne, l'abondance nuit, le besoin d'aller contre le consensus est manifeste et c'est tant mieux.


Ecoute je t'assure que ma déception était sincère et pas pour aller à contre courant, d'ailleurs je n'ai même pas fait de critique.


Je suis convaincu que tu étais sincère et je pense que le tapage fait autour de ce livre aurait pu me gonfler moi aussi mais j'ai eu la chance de le lire assez tôt.
Virgile
(Je lis...)

10 janvier 2012 @ 01:01
Un pharaon serait une erreur? Etrange... ;op

Par contre ce qui est une erreur c'est de m'attribuer un quelconque "credo du tout égal". Je reconnais simplement qu'il y a autant de différenciations que de personnes, et qu'il n'y en a pas une plus "objective" que les autres. :op
Feint
(Je lis...)

10 janvier 2012 @ 21:14
Mais je suis d'accord avec toi, noble pharaon, qu'il n'y a rien d'objectif dans tout cela. Je ne crois pas non plus à la vérité objective - ce qui ne veut pas dire que je ne crois pas à la vérité.
DE GOUGE

11 janvier 2012 @ 21:11
Certaines réputations littéraires doivent beaucoup à l'école, il faut bien le dire. L'école, c'est mon autre métier, et je suis souvent en désaccord avec elle concernant le rapport qu'elle entretient à la littérature. La facilité d'accès de certains textes ou encore leur exploitation utilitaire à des fins pédagogiques finissent par façonner dans l'esprit de ceux qui en sortent bons élèves (et à qui on ne peut pas jeter la pierre) un paysage littéraire à la fois déformé et simplifié. La grandeur de certains auteurs y est érigée en évidence, d'autres y sont largement passés sous silence ; tout cela reste dans les mémoires. Et comme les professeurs sont souvent les bons élèves d'hier... Alors de temps en temps, clamer haut et fort que tel ou tel vedette des programmes ne vaut pas tant que ça, et que tel ou tel méconnu mérite bien mieux, je trouve ça sain.



L'école a l'intérêt de nous offrir une ossature, libre à nous ensuite d'aller fouiller vers des auteurs moins connus. Détestant mon prof de français, quoiqu'adorant la littérature, je n'ai pas suivi les cours de Terminale, non obligatoires pour ceux qui avaient obtenu de bons résultats au épreuves du Bac : depuis, je le regrette amèrement ! Il me manque, encore aujourd'hui, cette approche globale du XXème siècle et je sens ce manque d'ossature et ai l'impression d'errer au fil de découvertes, sans vraie cohésion.... Dommage !
DE GOUGE

11 janvier 2012 @ 21:19
Quant à savoir ce qui est ou non de la "bonne littérature", qui peut avoit l'outrecuidance d'en juger ?
A chacun "sa " vérité.
Quand même ! Des fois, j'ai du mal à voir porter au pinacle certains ouvrages, voire auteurs .....
La tolérance, parfois, c'est dur à appliquer ! Ou même à avoir envie d'appliquer ......
Feint
(Je lis...)

11 janvier 2012 @ 22:40
libre à nous ensuite d'aller fouiller vers des auteurs moins connus.
"Libre", dans une certaine mesure seulement : il est difficile d'aller vers ce dont on ne connaît pas l'existence. Mais bon, l'école c'est très bien aussi, ce n'est pas moi qui vais dire le contraire.
DE GOUGE

12 janvier 2012 @ 22:29
l"Libre", dans une certaine mesure seulement : il est difficile d'aller vers ce dont on ne connaît pas l'existence. Mais bon, l'école c'est très bien aussi, ce n'est pas moi qui vais dire le contraire.


Si, Feint, quand on a une base solide, on peut se permettre de "batifoler" à l'envie, quitte à se tromper, quelle importance ?
Palorel
(Je lis...)

12 janvier 2012 @ 22:37
Faut quand même que l'envie soit suscitée par quelque chose, non ? :-)
Feint
(Je lis...)

13 janvier 2012 @ 15:53
l"Libre", dans une certaine mesure seulement : il est difficile d'aller vers ce dont on ne connaît pas l'existence. Mais bon, l'école c'est très bien aussi, ce n'est pas moi qui vais dire le contraire.


Si, Feint, quand on a une base solide, on peut se permettre de "batifoler" à l'envie, quitte à se tromper, quelle importance ?
Ce que je veux dire, c'est que si tu ne sais pas que l'Australie existe, jamais tu n'auras envie d'aller en Australie. Moi, par exemple, il y a une quinzaine d'années, j'étais persuadé qu'il ne s'écrivait plus rien d'important en France. J'ai fait, entre autres, des études de lettres assez longues, mais je n'avais jamais eu l'idée pour autant de chercher vraiment s'il existait quelque chose que je puisse aimer dans la littérature d'aujourd'hui. Sans un heureux concours de circonstances, je serais encore dans cette illusion-là. Il faut dire que l'école elle-même n'est pas si bien informée que ça - ou plutôt que l'information littéraire, tout simplement, ne passe pas.
Feint
(Je lis...)

21 janvier 2012 @ 19:23
Quant à savoir ce qui est ou non de la "bonne littérature", qui peut avoir l'outrecuidance d'en juger ?
A chacun "sa " vérité.
Quand même ! Des fois, j'ai du mal à voir porter au pinacle certains ouvrages, voire auteurs .....
La tolérance, parfois, c'est dur à appliquer ! Ou même à avoir envie d'appliquer ......
Oui. Au fond, il faut une certaine outrecuidance pour poster des critiques. Je me disais ça en lisant quelques critiques au hasard, sur des livres que j'ai lus, avec parfois l'outrecuidance (une autre) de penser que l'auteur (sans faire attention à qui c'était, je ne suivais pas un critiqueur ; j'utilisais la fonction "un livre au hasard") de la critique était passé complètement à côté du livre, parfois accumulait les contresens, ne saisissait pas les enjeux essentiels ; bref : n'avait rien compris (quand il ne faisait pas preuve de mauvaise foi, ce qui arrive aussi). Enfin, c'est pour dire que les avis, c'est comme les livres : tous ne se valent pas.
Pieronnelle
(Je lis...)

21 janvier 2012 @ 21:46
Oui. Au fond, il faut une certaine outrecuidance pour poster des critiques.


Oui, si on porte justement un jugement de valeur!
Tant qu'on reste dans l'analyse, l'appréciation, ce qu'on en a retiré, ce qui nous a semblé que...je ne pense pas qu'on soit dans l'outrecuidance. Mais qui vraiment nous autorise à dire "c'est mal écrit","c'est nul"? C'est quand même bien différent que de dire "je n'ai pas aimé ou été sensible à l'écriture parce que...", "je trouve que ce livre ne m'a rien apporté parce que...". Dans ce cas je trouve que les lecteurs de critiques sont vraiment à même de pouvoir faire leur choix en fonction des avis différents. Il me semble aussi qu'un livre ayant "subi" une critique négative sur sa valeur, est déjà entaché et je comprends la douleur de l'écrivain à lire ça. Il existe des livres qui sont manifestement des impostures mais en général il font l'unanimité contre eux dès lors que l'imposture est démontrée.
Feint
(Je lis...)

21 janvier 2012 @ 22:17
Ce que je disais surtout (et qui certes n'est pas très politiquement correct, ou plutôt socialement correct), c'est que tous les avis ne se valent pas. Ce qui ne veut pas dire qu'il ne faut pas donner le sien : à force de le donner, il a des chances de s'affiner.
Laventuriere
22 janvier 2012 @ 03:25
Certains propos laisseraient, donc, à penser, qu'il n'y aurait, au final, qu'UN "jugement" qui serait LE bon...(celui de qui et lequel, d'ailleurs!)?
Que certaines critiques en seraient, en conséquence, sujettes à critiques elles-mêmes, l'avis critique et, donc, subjectif du "critiqueur" s'en trouverait invalidé parce que non agrée par un "phénomène" -assez étrange!- d'une "communauté arbitrale" en possession d'un "sens absolu" de l'oeuvre...?
Feint
(Je lis...)

22 janvier 2012 @ 07:36
Un seul jugement valide, justement non, sûrement pas. C'est précisément parce qu'il y en a plusieurs, et parfois très différents, qu'on est abusivement tenté d'accorder crédit à tous, d'en appeler à la subjectivité et d'affirmer que tout se vaut. Et pourtant, quand je m'interroge moi-même, je sens bien que mon avis sur tel livre est sans doute plus fiable ou moins fiable que mon avis sur tel autre livre. Si tous mes avis ne sont pas d'égale fiabilité, comment les avis de tout le monde pourraient-ils être également fiables ?

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