Shelton
avatar 17/11/2007 @ 18:19:38
Cette semaine, personne n’y a échappé ! La grève fut bien là, sinon dans notre vie quotidienne, au moins sur les médias. Il faut dire que les journalistes franciliens, les plus nombreux sur les grands médias, ne pouvaient pas passer sous silence un fait qui les pénalisait trop dans leur vie quotidienne. Mais ce moyen d’expression, tel qu’il est mis en œuvre dans notre pays, appelle certainement quelques remarques…
Réfléchir au sujet ne signifie pas remettre en cause un droit fondamental, un mode d’expression de son mécontentement. Mais, reconnaissons-le, certaines grèves laissent parfois un goût amer au fond de la gorge…
Tout d’abord, la grève était faite pour défendre les ouvriers vis à vis de leurs patrons, c’est à dire que lorsque les négociations n’arrivaient pas à déboucher, lorsque les ouvriers n’arrivaient pas à se faire entendre de façon assez claire, ils pouvaient cesser le travail pour faire pression… Ce n’était pas une démarche politique mais professionnelle, même si certaines grèves du dix-neuvième siècle avaient déjà quelques relents politiques…
Aujourd’hui, ce qui semble manquer, avant toute chose, c’est le dialogue. Les ouvriers semblent souvent découvrir les lois, les mesures, les décrets, les augmentations ou autres mesures de toute nature, avant même d’avoir pu s’exprimer. Du coup, la grève devient, malheureusement, le seul moyen d’expression, pour des populations qui souhaitent prendre la parole de façon démocratique. Or, peut-on parler de démarche démocratique quand il s’agit de faire pression sur un gouvernement pour qu’il n’applique pas une loi votée démocratiquement ?
Prenons l’exemple de la loi sur l’autonomie, pourtant relative, des universités. La loi est votée et les étudiants les plus engagés dans le mouvement actuel demandent son retrait pur et simple ! C’est bien une ineptie puisque le parlement s’est exprimé de la façon la plus claire et la plus précise… Certains syndicats étudiants devraient réfléchir à trouver d’autres formes d’expression, car je maintiens qu’on a tout à fait le droit d’exprimer un mécontentement, dans certains cas, même, de se mettre en position de résistance…
Côté des grands mouvements sociaux autour des régimes spéciaux, il faut, là encore reconnaître que les choses sont parfois particulières. Tout d’abord, est-il juste que certaines personnes qui bénéficient de conditions très favorables d’accession à la retraite fassent pression sur un gouvernement en prenant en otage une très grosse partie de la population ? Beaucoup de partis politiques, de Français, concernés directement ou pas, avouent que remettre sur la table tous les régimes spéciaux, en les étudiant de façon complète car il ne faudrait pas se laisser abuser par des apparences d’avantages ou de pénalisations, serait une excellente chose. Ce n’est pas qu’un aspect d’égalité et de coût financier, c’est aussi une méthode pour redonner du lien dans cette nation où il y a beaucoup trop souvent « les uns et les autres », avec des règles si différentes que cela ne peut qu’engendrer un sentiment d’injustice, de frustration… que certains savent trop bien exploiter à des buts politiques…
Quant à tous les Français, bloqués sur des quais de gare, attendant des bus improbables, ratant des entretiens d’embauche, obligés de poser des jours de congés qu’ils gardaient pour les fêtes de fin d’année, perdant des marchés… bref, toutes ces victimes n’ont rien fait pour mériter de tels désagréments…
Enfin, alors que le Grenelle de l’environnement est encore dans toutes les têtes, faire la grève des transports, c’est mettre sur la route des millions de voitures polluantes à la place des trains presque propres…
On devrait donc imaginer des moyens plus modernes d’exprimer son mécontentement et qui seraient tout aussi efficaces sans attirer les foudres des usagers ou des donneurs de leçons… Faire voyager les passagers gratuitement ne serait-il pas une bonne solution ? Et du côté des dirigeants français, politiques ou industriels, privés ou publics, il serait indispensable de remettre au goût du jour le dialogue qui comme chacun de nous le sait bien quand ça le concerne, nécessite du temps… ce qui nous manque le plus !

Saint Jean-Baptiste 18/11/2007 @ 22:29:16
A mon avis tu as raison Shelton, et ton article est très intéressant.

Le droit de grève est un pilier de la démocratie. Les ouvriers doivent pouvoir s'opposer à une décision injuste de leur direction. Sinon, la direction exercerait un pouvoir absolu, sans contre pouvoir, et ça, ça ne va pas, ce serait de la dictature.

Il semblerait qu'ici, au sujet des régimes de retraites, les décisions aient été prises sans consultation. Dés lors, si les ouvriers trouvent la décision injuste, leur grève est légitime.

Mais ce qui n'est pas permis, c'est de prendre le public en otage. Les grévistes commettent une injustice en empêchant les autres de travailler. C'est un déni de démocratie ! C'est la loi du plus fort ! C'est le chacun pour soi ! C'est inadmissible !
Quand les infirmières font grève elles n'empêchent pas les cheminots de travailler. Et eux ne font pas la grève par solidarité.

Je pense que la sagesse serait de se mettre autour d'une table et de discuter ensemble.
Il semble qu'il y ait beaucoup d'injustice et de favoritisme dans la répartition des retraites, mais ça c'est une autre histoire...

Pour les universités je connais mal la question. Mais là aussi, il semble que la majorité doivent se taire devant ceux qui crient le plus fort. (ou qui tapent le plus fort ?).
Les jeunes doivent apprendre à débattre ensemble et à choisir le compromis le plus juste.
Mais, déjà que les aînés n'y arrivent pas, alors...

Saule

avatar 18/11/2007 @ 23:26:45
Pour les retraites c'est délicat à négocier. A mon avis on ne peut pas remettre en cause les retraites de ceux qui sont en fin de carrière, puisqu'ils ont travaillé aux conditions du service public en sachant qu'en contrepartie ils auraient une grosse retraite. Sinon ils seraient parti dans le privé, pour gagner plus. Par contre pour les nouveaux engagés on peut revoir les barêmes de la retraite future, mais bon il faut quand même que la fonction publique reste compétitive si elle veut garder les éléments brillants.

Sur le droit de grève, une bien meilleure technique dans ce secteur est de transporter les gens gratuitement : c'est déjà arrivé à Bruxelles. Ca fait pression sur le patron et on ne se met pas les usagers à dos.

Don_Quichotte
avatar 19/11/2007 @ 10:35:44
Sauf qu'en France c'est interdit. Et tout le monde est en "train" de devenir fou, moi le premier.

Frunny

avatar 02/04/2018 @ 12:03:52

Quant à tous les Français, bloqués sur des quais de gare, attendant des bus improbables, ratant des entretiens d’embauche, obligés de poser des jours de congés qu’ils gardaient pour les fêtes de fin d’année, perdant des marchés… bref, toutes ces victimes n’ont rien fait pour mériter de tels désagréments…
Enfin, alors que le Grenelle de l’environnement est encore dans toutes les têtes, faire la grève des transports, c’est mettre sur la route des millions de voitures polluantes à la place des trains presque propres…
On devrait donc imaginer des moyens plus modernes d’exprimer son mécontentement et qui seraient tout aussi efficaces sans attirer les foudres des usagers ou des donneurs de leçons… Faire voyager les passagers gratuitement ne serait-il pas une bonne solution ? Et du côté des dirigeants français, politiques ou industriels, privés ou publics, il serait indispensable de remettre au goût du jour le dialogue qui comme chacun de nous le sait bien quand ça le concerne, nécessite du temps… ce qui nous manque le plus !


Ce post de 2007 est terriblement d'actualité.
Des personnels qui vivent au XIX ième siècle et qui ne veulent pas voir le monde évoluer.
Oui, la galère commence mais une chose m'enchante; le Marché va remettre de l'ordre la dedans. AIR FRANCE et la SNCF pourront être fiers de s'être accrochés à la fin programmée de leur entreprise.
Comme le chantait Brassens .....

Frunny

avatar 08/07/2019 @ 14:14:06
Une très faible minorité bolchevique refuse de rendre les copies du Bac.
Et ça défend le service public...
Et ça respecte les étudiants...
Et ça enseigne à nos enfants....

Heureusement pour eux, la sécurité de l'emploi et le laxisme ambiant les protègent .
Dans n'importe quelle entreprise privée, ils auraient pris la porte.
Quelle honte !

Pieronnelle

avatar 10/07/2019 @ 00:57:33
Une très faible minorité bolchevique refuse de rendre les copies du Bac.
Et ça défend le service public...
Et ça respecte les étudiants...
Et ça enseigne à nos enfants....

Heureusement pour eux, la sécurité de l'emploi et le laxisme ambiant les protègent .
Dans n'importe quelle entreprise privée, ils auraient pris la porte.
Quelle honte !

Bien sûr qu'ils auraient pris la porte puisque le Privé ne respecte pas le droit de grève ! Autrement dit se taire, subir, le doigt sur la couture du pantalon et hop voilà un bon serviteur de l'état ! Ah ma bonne dame où est-il le temps des précepteurs ?! Ah ce service public !

Radetsky
avatar 10/07/2019 @ 09:49:06
Avoir réussi à faire entrer au forceps la grève dans le système du droit (avec le cortège de conditions et de pseudo-légitimations qui les précèdent) est un beau tour de passe-passe.... c'est comme si on donnait aux loups le soin de réglementer le destin des brebis, par des dispositions prise à l'aune des intérêts bien compris des canidés en question ...
Si on érige la grève comme objet de droit on la détruit ontologiquement.
La grève est rupture de l'ordre existant, quel qu'il soit (raison pour laquelle le "camarade" Staline l'avait rendue impossible) ; elle est un préalable à une subversion des valeurs qui l'ont rendue nécessaire, comme le détonateur d'un explosif, comme la quantité d'énergie suffisante mais nécessaire à une réaction chimique.

Elle ne se décrète que par la volonté collective et l'assentiment des protagonistes, indépendamment de tout recours à une médiation exogène (même syndicale, vu ce que sont devenus ces instruments d'émasculation corrompus par le système).
Et de toute manière, dans ces conditions, c'est le droit du plus fort qui l'emporte.

Tout le reste est littérature de confort.
Point n'est besoin de lire "Le Capital"... lire Etienne de la Boétie devrait suffire à foutre le feu, mais on préfère le tour de France, le foot, la Coupe des Vices, le festival de Cannes, écouter France-Intox, Fesse-de-Bouc, gazouillis etc. etc.
Requiescat in pace......




Numanuma
avatar 11/07/2019 @ 22:34:32
Une très faible minorité bolchevique refuse de rendre les copies du Bac.
Et ça défend le service public...
Et ça respecte les étudiants...
Et ça enseigne à nos enfants....

Heureusement pour eux, la sécurité de l'emploi et le laxisme ambiant les protègent .
Dans n'importe quelle entreprise privée, ils auraient pris la porte.
Quelle honte !


parce que tu es prof, que tu connais la situation, que tu sais de quoi tu parles et que tu peux te permettre de crier avec les loups, de critiquer...

tu te penses pertinent, tu n'es que d'une affligeante banalité, d'une beaufitude étonnante !

mais tu as réussis à m'énerver, et ça, c'est exceptionnel !

Numanuma
avatar 11/07/2019 @ 22:42:57
Une très faible minorité bolchevique refuse de rendre les copies du Bac.
Et ça défend le service public...
Et ça respecte les étudiants...
Et ça enseigne à nos enfants....

Heureusement pour eux, la sécurité de l'emploi et le laxisme ambiant les protègent .
Dans n'importe quelle entreprise privée, ils auraient pris la porte.
Quelle honte !



parce que tu es prof, que tu connais la situation, que tu sais de quoi tu parles et que tu peux te permettre de crier avec les loups, de critiquer...

tu te penses pertinent, tu n'es que d'une affligeante banalité, d'une beaufitude étonnante !

mais tu as réussis à m'énerver, et ça, c'est exceptionnel !


pardon, j'aurais préféré utiliser le "vous", c'est le minimum

Frunny

avatar 12/07/2019 @ 19:54:51
Une très faible minorité bolchevique refuse de rendre les copies du Bac.
Et ça défend le service public...
Et ça respecte les étudiants...
Et ça enseigne à nos enfants....

Heureusement pour eux, la sécurité de l'emploi et le laxisme ambiant les protègent .
Dans n'importe quelle entreprise privée, ils auraient pris la porte.
Quelle honte !



parce que tu es prof, que tu connais la situation, que tu sais de quoi tu parles et que tu peux te permettre de crier avec les loups, de critiquer...

tu te penses pertinent, tu n'es que d'une affligeante banalité, d'une beaufitude étonnante !

mais tu as réussis à m'énerver, et ça, c'est exceptionnel !


Tu vas probablement pouvoir m'expliquer pourquoi "une infime minorité" a tenté de saboter les épreuves du Bac ?
98% des enseignants seraient "aux ordres" du ministre ?
ou 2% des "bolchéviques" jamais contents ?
J'ai soif de soigner ma bêtise grasse...

Saint Jean-Baptiste 15/07/2019 @ 15:48:48

La grève est rupture de l'ordre existant, quel qu'il soit

... Et de toute manière, dans ces conditions, c'est le droit du plus fort qui l'emporte.

@Radetsky
Pour moi la rupture de l’ordre existant c’est la révolution. Elle est nécessaire et salutaire quand elle aboutit à la liberté. La liberté n’a pas de prix. Mais il vaut toujours mieux privilégier la conciliation quand elle est possible, elle fait moins de dégât et aboutit plus sûrement à un ordre meilleur.
Par contre, la grève est un contre-pouvoir, justement pour que la loi du plus fort ne l’emporte pas et ça me paraît normal qu’elle soit un droit réglementé. .

Saule

avatar 15/07/2019 @ 22:25:06
Mais Frunny, il me semble que les profs qui font la grève de remise des copies le font pour des nobles motifs (en tout cas à leur yeux), ce n'est pas comme si ils voulaient plus de congé ou plus d'argent. C'est quand même une grosse différence avec - par exemple - les controlleurs du ciel qui sont payés comme des rois, qui ont un monopole mais qui en profite pour faire grève à chaque début de vacance pour se plaindre d'être en sous-effectif...

Radetsky
avatar 16/07/2019 @ 07:06:28
@ SJB

Par contre, la grève est un contre-pouvoir, justement pour que la loi du plus fort ne l’emporte pas....

Donc, si tu réglementes, tu ôtes cet état de contre pouvoir, il s'en trouve automatiquement annihilé. C'est la contradiction insoluble inhérente à tout pouvoir. ;-)

Saint Jean-Baptiste 16/07/2019 @ 11:31:34
@ SJB

Par contre, la grève est un contre-pouvoir, justement pour que la loi du plus fort ne l’emporte pas....

Donc, si tu réglementes, tu ôtes cet état de contre pouvoir, il s'en trouve automatiquement annihilé. C'est la contradiction insoluble inhérente à tout pouvoir. ;-)

@ Ours raisonneur
Contradiction insoluble, c’est vrai ! Si on ne réglemente pas on en arrive à des abus, comme l’exemple que donne Saule : des aiguilleurs du ciel qui ont un monopole et qui en profitent pour demander toujours plus, c’est la loi du plus fort, la jungle.

Frunny

avatar 17/07/2019 @ 18:09:58
Mais Frunny, il me semble que les profs qui font la grève de remise des copies le font pour des nobles motifs (en tout cas à leur yeux), ce n'est pas comme si ils voulaient plus de congé ou plus d'argent. C'est quand même une grosse différence avec - par exemple - les controlleurs du ciel qui sont payés comme des rois, qui ont un monopole mais qui en profite pour faire grève à chaque début de vacance pour se plaindre d'être en sous-effectif...


100% d'accord avec toi Saule, mais quand une "petite minorité" sème la pagaille, on peut se poser les bonnes questions ?

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