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Dirlandaise

18 novembre 2008 @ 22:07
Mon amant s’est enfui
Emportant avec lui
Ma vie…

Dir
Saule
(Je lis...)

18 novembre 2008 @ 22:47
Oui du tien, il me "parlait". Tu peux poster sur "Vos écrits" aussi.
Kikiliberte
(Je lis...)
19 novembre 2008 @ 09:27
Extraits de "La chevelure" Baudelaire
O toison moutonnant jusque sur l'encolure!
O boucles!O parfum chargé de nonchaloir!
Exrase!Pour peupler ce soir l'alcove obscure
Des souvenirs dormant dans cette chevelure,
Je la veux agiter dans l'air comme un mouchoir!

Je plongerai ma tete amoureuse d'ivresse
Dans ce noir océan ou l'autre est enfermé;
Et mon esprit subtil que le roulis caresse
Saura vous retrouver,o féconde paresse,
Infinis bercements du loisir embaumé!

Longtemps!toujours!ma main dans ta crinière lourde
Sèmera le rubis,la perle et le saphir,
Afin qu'à mon désir tu ne sois jamais sourde!
N'es-tu pas l'oasis ou je reve,et la gourde
Ou je hume à longs traits le vin du souvenir?

.....Je n'ai jamais rien lu d'aussi beau et sensuel....
Prince jean
19 novembre 2008 @ 13:27
merci kikiliberte ! c'est beau !!!!

Les Poètes de sept ans.

Et la Mère, fermant le livre du devoir,
S'en allait satisfaite et très fière, sans voir,
Dans les yeux bleus et sous le front plein d'éminences,
L'âme de son enfant livrée aux répugnances.

Tout le jour il suait d'obéissance ; très
Intelligent ; pourtant des tics noirs, quelques traits
Semblaient prouver en lui d'âcres hypocrisies.
Dans l'ombre des couloirs aux tentures moisies,
En passant il tirait la langue, les deux poings
A l'aine, et dans ses yeux fermés voyait des points.
Une porte s'ouvrait sur le soir : à la lampe
On le voyait, là-haut, qui râlait sur la rampe,
Sous un golfe de jour pendant du toit. L'été
Surtout, vaincu, stupide, il était entêté
A se renfermer dans la fraîcheur des latrines :
Il pensait là, tranquille et livrant ses narines.
Quand, lavé des odeurs du jour, le jardinet
Derrière la maison, en hiver, s'illunait,
Gisant au pied d'un mur, enterré dans la marne
Et pour des visions écrasant son oeil darne,
Il écoutait grouiller les galeux espaliers.
Pitié ! Ces enfants seuls étaient ses familiers
Qui, chétifs, fronts nus, oeil déteignant sur la joue,
Cachant de maigres doigts jaunes et noirs de boue
Sous des habits puant la foire et tout vieillots,
Conversaient avec la douceur des idiots !
Et si, l'ayant surpris à des pitiés immondes,
Sa mère s'effrayait ; les tendresses, profondes,
De l'enfant se jetaient sur cet étonnement.
C'était bon. Elle avait le bleu regard, - qui ment !
(.../...)

Arthur Rimbaud
Prince jean
20 novembre 2008 @ 01:02
Je suis plus de ton âge
Mais tu as le goût, a me regarder
Premier voyage
Je plie le cou, sous tes baisers
T'as poussé doucement ma porte
Refermée
Et tu m'as dit en quelque sorte
"Je voudrais t'aimer"
Et dans le vide, où je m'avance
Un peu cassée
Sans plus rien voir
Plus rien savoir, rien écouter
T'as dit "je veux"
Avec ferveur
Tu t'es couché
Aux sables mouvants
Des amours condamnées

Nos saisons ne sont plus les mêmes
Tu es printemps
Je suis hiver
Et la saison de nos je t'aime
Pourrait nous mener en Enfer

Je suis plus de ton âge
Mais j'ai bonheur, a te regarder
On fait voyage
Dans une vie
Recommencée.
Tu pousses doucement ma porte
Entrebâillée
Et j'ai tout le ciel en escorte
Pour voyager
Et c'est cadeau
De t'attendre, de te rêver
Et c'est cadeau
Pour offrande
Tous tes étés
Et c'est cadeau
Le jour se lève
Pour se poser
Sur les matins
D'un nouveau monde
Réinventé

Notre saison est la même
Toi le printemps
De mes hivers
Et la saison de nos je t'aime
C'est la saison des Enfers

Un jour, demain, je partirai
Sans rien te dire, sans m'expliquer
Demain, demain
Mais avant, que plus loin
Notre vie, a la dérive
Soit emportée
Avant, oublions, tout
Et partageons l'instant
De cet instant
Ta vie, ma vie
Avant l'orage
Où tout s'éclate
Foudroyé
Que l'on se fonde, se confonde
A nous aimer
Fermons doucement notre porte
Et cachés
On aura le ciel, en escorte
Pour rêver
Et sans mémoire, plus rien savoir
Mais vivre
Juste l'instant, de ce présent
Le vivre
Aux sables mouvants
De nos amours condamnées
Les saisons
Qu'est-ce que ça peut faire
On va s'aimer
Nance
(Je lis...)

20 novembre 2008 @ 21:25
Bernard de Ventadour
L'hiver m'est fleur

J'ai une telle joie au coeur,
elle dénature tout.
Fleur blanche, incarnat ou pâle,
me semble froidure.
Avec vent et pluie m'appelle l'aventure,
et s'élève mon chant,
et s'accroît mon mérite.
J'ai tant d'amour au coeur,
de joie et de douceur,
que l'hiver m'est fleur,
la neige, verdure.
Dirlandaise

20 novembre 2008 @ 21:37
Il suffit que tu te montres
Et toutes mes défenses s’effondrent
Je me croyais en pleine possession de mes moyens
C’était avant de croiser ton chemin !

Dir
Dirlandaise

20 novembre 2008 @ 21:39
Bernard de Ventadour
L'hiver m'est fleur

J'ai une telle joie au coeur,
elle dénature tout.
Fleur blanche, incarnat ou pâle,
me semble froidure.
Avec vent et pluie m'appelle l'aventure,
et s'élève mon chant,
et s'accroît mon mérite.
J'ai tant d'amour au coeur,
de joie et de douceur,
que l'hiver m'est fleur,
la neige, verdure.


Très très jolie ! Merci Nance!
Nance
(Je lis...)

21 novembre 2008 @ 01:18
Guillaume Apollinaire
Poèmes retrouvés
Mardi gras

Dans le jour vert, mauve ou rose
Sur lequel plane un ciel d'ennui
Dans la nuit
Où passent les pierrots couronnés de roses
Fantômes pâles qui rôdent en la nuit
Nuit plus étoilée que les nuits habituelles
Stellée de gemmes au scintillement pâle
(Perle, opale
Émeraude et spinelle)
Courent en chantant, Arlequins, Colombines
Polichinelles au nez crochu
Mousquetaires, marquises, diablotines
Sous une pluie multicolore; et s'illumine
La ville en fête et jouent mirlitons, mandolines
Tandis qu'au loin le roi déchu
Le roi des fous est brûlé par son peuple, las !
Hélas! Carnaval, le roi Carnaval flambe!
Le roi flambe!
Chansons! Feux de Bengale
Champagne! Dithyrambe!
Le roi Carnaval flambe
Et le canon là-bas tonne son glas.
Et la lune, veilleuse d'or pâle
Éclairant la nuit stellée de gemmes pâles
(Rubis, Émeraude, Opale)
Semble la lampe merveilleuse
De quelque gigantesque Aladin
La Lampe éclairant dans le jardin
Les arbres dont les fruits sont pierres précieuses
(Perles, rubis, émeraudes, opales)
Et meurt le bruit
Et meurt la nuit
Et point le jour, le jour pâle.
Nance
(Je lis...)

21 novembre 2008 @ 01:19
^ À lire à voix haute.
Nance
(Je lis...)

21 novembre 2008 @ 05:22
Jules Laforgue
Après-midi d'automne

Oh! les après-midi solitaires d'automne!
Il neige à tout jamais. On tousse. On n'a personne.
Un piano voisin joue un air monotone;
Et, songeant au passé béni, triste, on tisonne.

Comme la vie est triste! Et triste aussi mon sort.
Seul, sans amour, sans gloire! et la peur de la mort!
Et la peur de la vie, aussi! Suis-je assez fort ?
Je voudrais être enfant, avoir ma mère encor.

Oui, celle dont on est le pauvre aimé, l'idole,
Celle qui, toujours prête, ici-bas nous console!...
Maman! Maman! oh! comme à présent, loin de tous,

Je mettrais follement mon front dans ses genoux,
Et je resterais là, sans dire une parole,
À pleurer jusqu'au soir, tant ce serait trop doux.
Dirlandaise

21 novembre 2008 @ 15:21
Nance, tu nous déniches toujours de très beaux poèmes !

Qu'ils sont beaux les deux derniers que tu as mis ! ;-)
Kikiliberte
(Je lis...)
22 novembre 2008 @ 11:57
Je suis plus de ton âge
Mais tu as le goût, a me regarder
Premier voyage
Je plie le cou, sous tes baisers
T'as poussé doucement ma porte
Refermée
Et tu m'as dit en quelque sorte
"Je voudrais t'aimer"
Et dans le vide, où je m'avance
Un peu cassée
Sans plus rien voir
Plus rien savoir, rien écouter
T'as dit "je veux"
Avec ferveur
Tu t'es couché
Aux sables mouvants
Des amours condamnées

Nos saisons ne sont plus les mêmes
Tu es printemps
Je suis hiver
Et la saison de nos je t'aime
Pourrait nous mener en Enfer

Je suis plus de ton âge
Mais j'ai bonheur, a te regarder
On fait voyage
Dans une vie
Recommencée.
Tu pousses doucement ma porte
Entrebâillée
Et j'ai tout le ciel en escorte
Pour voyager
Et c'est cadeau
De t'attendre, de te rêver
Et c'est cadeau
Pour offrande
Tous tes étés
Et c'est cadeau
Le jour se lève
Pour se poser
Sur les matins
D'un nouveau monde
Réinventé

Notre saison est la même
Toi le printemps
De mes hivers
Et la saison de nos je t'aime
C'est la saison des Enfers

Un jour, demain, je partirai
Sans rien te dire, sans m'expliquer
Demain, demain
Mais avant, que plus loin
Notre vie, a la dérive
Soit emportée
Avant, oublions, tout
Et partageons l'instant
De cet instant
Ta vie, ma vie
Avant l'orage
Où tout s'éclate
Foudroyé
Que l'on se fonde, se confonde
A nous aimer
Fermons doucement notre porte
Et cachés
On aura le ciel, en escorte
Pour rêver
Et sans mémoire, plus rien savoir
Mais vivre
Juste l'instant, de ce présent
Le vivre
Aux sables mouvants
De nos amours condamnées
Les saisons
Qu'est-ce que ça peut faire
On va s'aimer


Ce poème est de toi,Prince Jean?
Je le trouve très beau..
Kikiliberte
(Je lis...)
22 novembre 2008 @ 12:00
O toi o toi o toi o toi
toi qui déjà toi qui pourtant
toi que surtout.
Toi qui pendant toi qui jadis toi que toujours
toi maintenant.
Moi toujours arbre et toi toujours prairie
moi souffle toi feuillage
moi parmi,toi selon!
Et nous qui sans personne
par la clarté par le silence
avec rien pour nous seuls
tout,parfaitement tout!

Etudes de pronoms(Jean Tardieu)
Nance
(Je lis...)

23 novembre 2008 @ 23:57
Rudyard Kipling
Si (poème écrit pour son fils âgé de 12 ans)

Si tu peux voir détruit l'ouvrage de ta vie
Et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir,
Ou perdre en un seul coup le gain de cent parties
Sans un geste et sans un soupir ;
Si tu peux être amant sans être fou d'amour,
Si tu peux être fort sans cesser d'être tendre,
Et, te sentant haï, sans haïr à ton tour,
Pourtant lutter et te défendre ;

Si tu peux supporter d'entendre tes paroles
Travesties par des gueux pour exciter des sots,
Et d'entendre mentir sur toi leurs bouches folles
Sans mentir toi-même d'un mot ;
Si tu peux rester digne en étant populaire,
Si tu peux rester peuple en conseillant les rois,
Et si tu peux aimer tous tes amis en frères,
Sans qu'aucun d'eux soit tout pour toi ;

Si tu sais méditer, observer et connaître,
Sans jamais devenir sceptique ou destructeur ;
Rêver, mais sans laisser ton rêve être ton maître,
Penser sans n'être que penseur ;
Si tu sais être dur, sans jamais être en rage,
Si tu sais être brave et jamais imprudent,
Si tu sais être bon, si tu sais être sage,
Sans être moral et pédant ;

Si tu peux rencontrer Triomphe après Défaite
Et recevoir ces deux menteurs d'un même front,
Si tu peux conserver ton courage et ta tête
Quand tous les autres les perdront,
Alors les Rois les Dieux la Chance et la Victoire
Seront à tout jamais tes esclaves soumis,
Et, ce qui vaut bien mieux que les Rois et la Gloire,
Tu seras un homme mon fils !
Kikiliberte
(Je lis...)
24 novembre 2008 @ 04:36
Rudyard Kipling
Si (poème écrit pour son fils âgé de 12 ans)

Si tu peux voir détruit l'ouvrage de ta vie
Et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir,
Ou perdre en un seul coup le gain de cent parties
Sans un geste et sans un soupir ;
Si tu peux être amant sans être fou d'amour,
Si tu peux être fort sans cesser d'être tendre,
Et, te sentant haï, sans haïr à ton tour,
Pourtant lutter et te défendre ;

Si tu peux supporter d'entendre tes paroles
Travesties par des gueux pour exciter des sots,
Et d'entendre mentir sur toi leurs bouches folles
Sans mentir toi-même d'un mot ;
Si tu peux rester digne en étant populaire,
Si tu peux rester peuple en conseillant les rois,
Et si tu peux aimer tous tes amis en frères,
Sans qu'aucun d'eux soit tout pour toi ;

Si tu sais méditer, observer et connaître,
Sans jamais devenir sceptique ou destructeur ;
Rêver, mais sans laisser ton rêve être ton maître,
Penser sans n'être que penseur ;
Si tu sais être dur, sans jamais être en rage,
Si tu sais être brave et jamais imprudent,
Si tu sais être bon, si tu sais être sage,
Sans être moral et pédant ;

Si tu peux rencontrer Triomphe après Défaite
Et recevoir ces deux menteurs d'un même front,
Si tu peux conserver ton courage et ta tête
Quand tous les autres les perdront,
Alors les Rois les Dieux la Chance et la Victoire
Seront à tout jamais tes esclaves soumis,
Et, ce qui vaut bien mieux que les Rois et la Gloire,
Tu seras un homme mon fils !


Très,très beau,Nance...
Dans quel ouvrage l'as-tu trouvé??
Nance
(Je lis...)

24 novembre 2008 @ 04:52
Vraiment au hasard sur Internet. Un site donnait ses 10 poèmes les plus téléchargés
http://classicpoetryaloud.wordpress.com/worlds-most-popular-poems/

She Walks in Beauty by Lord Byron
Ode to Autumn by John Keats
If by Rudyard Kipling
Sonnet 18: Shall I Compare Thee to a Summer’s Day? by William Shakespeare
Kubla Khan by Samuel Taylor Coleridge
How Do I Love Thee? by Elizabeth Barrett Browning
O Captain! My Captain! by Walt Whitman
Ozymandias by Percy Bysshe Shelley
Death by John Donne
Ode on a Grecian Urn by John Keats

Je ne les ai pas encore tous lus. Ozymandias est mon poème pré-fé-ré (regarde dans mon profil, dans mes livres préférés, je l'ai ajouté, pour moi, ce poème vaut un livre). She Walks in Beauty et Kubla Khan sont bons aussi.
Nance
(Je lis...)

24 novembre 2008 @ 05:07
She Walks in Beauty me rapelle la version chantée par Sissel dans le film Vanity Fair
http://www.youtube.com/watch?v=Y3_vz7ApKXg

Dans le film, Reese Witherspoon chante le poème Now Sleeps the Crimson Petal de Alfred Tennyson
http://www.youtube.com/watch?v=kQ4Ia9Q5hXU
Kikiliberte
(Je lis...)
24 novembre 2008 @ 17:43
Cessez de me tenter.Mon ame à tout jamais
Refusera de composer avec l'aimable esclavage des cours;
Je hais ces charmes,
Et tiens ma chère liberté serréee dans mes deux bras.
Allez,ames vassales,
Allez trembler ,allez faire antichambre,
Et dansez vos courbettes au portail d'Honorius,
Puis ruez-vous en foule devant lui pour composer sa cour;

Avancez s'il avance;et s'il tarde,attendez;
Vous n'etes que l'ombre d'un homme.
Pliez-vous dès qu'il parle;baisez le sol;
Allez,attrapez ses impertinences,
Adorez les folies du Grand;
Vous guettiez son sourire:mais voilà que l'idole a frocé le sourcil,
Et vous a mené à la ruine.

Voilà pour les ames mal nées,mais moi
Je peux et je veux etre libre:
Comme un mont plein de force ou comme un arbre altier,
Mon ame pousse,ferme et droite,
Et tient mon corps ainsi,
Ou qu'il demeure,ou qu'il aille.
Je ne me départirai pas,non,jamais,
D'un droit acquis à la naissance.

Que les esclaves,que les anes,s'abaissent et se courbent.
Je ne peux pas faire que ce genou d'acier plie
Devant pouvoir moins grandque Celui qui l'a fait.

Isaac Watts(Liberté-1697)
Kikiliberte
(Je lis...)
25 novembre 2008 @ 10:31
Conte de fée(Robert Desnos)

Il était un grand nombre de fois
Un homme qui aimait une femme
Il était un grand nombre de fois
Une femme qui aimait un homme
Il était un grand nombre de fois
Une femme et un homme
Qui n'aimaient pas celui et celle qui les aimaient


Il était une fois
Une seule fois peut-etre
Une femme et un homme qui s'aimaient.
Dirlandaise

25 novembre 2008 @ 22:22
Matin de neige si doux si blanc
Tu frappes à ma porte doucement
Je prends ta main tendrement
Nous nous aimons passionnément

Dir
Kikiliberte
(Je lis...)
27 novembre 2008 @ 09:45
Sur un mode nouveau je te chanterai,
O mignonhe qui t'ébats
Dans la solitude de mon coeur.

Sois couverte de guirlandes;
O femme exquise
Grace à qui sont absous les péchés!

Je puiserai des baisers,
Comme un bienfaisant Léthé,
En toi d'ou émane un attrait magnétique.

Quand la tempete des vices
Balayait tous les sentiers,
Tu parus,Déité,

Comme l'étoile salvatrice
Dans les naufrages amers...
Que mon coeur soit pendu à tes autels!

Baudelaire-"Laudes" en l'honneur de ma françoise(in "Les fleurs du mal")
Dirlandaise

27 novembre 2008 @ 16:15
Je laisse filer mes journées
Je laisse filer mes pensées
Je tisse lentement ma toile
Et je capture les étoiles

Dir
Dirlandaise

27 novembre 2008 @ 16:31
Héroïques

Si j'avais une tête brillante
et si les gens se retournaient pour me regarder
dans les tramways;
et si j'étirais mon corps
dans les eaux lumineuses
pour nager avec les poissons et les serpents d'eau;
si je me brûlais les ailes
en volant devant le soleil;
crois-tu que je resterais ici
à te réciter des poèmes
à faire des rêves scandaleux
aux moindres mouvements de ta bouche ?

Leonard Cohen
Math_h

29 novembre 2008 @ 13:29
"Le Léthé" de Charles BAUDELAIRE

Texte extrait des Fleurs du Mal.

Viens sur mon cœur, âme cruelle et sourde,
Tigre adoré, monstre aux airs indolents;
Je veux longtemps plonger mes doigts tremblants
Dans l'épaisseur de ta crinière lourde;
Dans tes jupons remplis de ton parfum
Ensevelir ma tête endolorie,
Et respirer, comme une fleur flétrie,
Le doux relent de mon amour défunt.
Je veux dormir! dormir plutôt que vivre!
Dans un sommeil aussi doux que la mort,
J'étalerai mes baisers sans remors
Sur ton beau corps poli comme le cuivre.
Pour engloutir mes sanglots apaisés
Rien ne me vaut l'abîme de ta couche;
L'oubli puissant habite sur ta bouche,
Et le Léthé coule dans tes baisers.
A mon destin, désormais mon délice,
J'obéirai comme un prédestiné;
Martyr docile, innocent condamné,
Dont la ferveur attise le supplice,
Je sucerai, pour noyer ma rancœur,
Le népenthès et la bonne ciguë
Aux bouts charmants de cette gorge aiguë
Qui n'a jamais emprisonné de cœur.
Math_h

29 novembre 2008 @ 13:32
La nuit, la lune, luit grace au soleil,
Elle le soleil, Lui nuit.
Dirlandaise

29 novembre 2008 @ 16:25
La nuit, la lune, luit grace au soleil,
Elle le soleil, Lui nuit.


Ah que c'est beau ! C'est de toi Math ?
Math_h

29 novembre 2008 @ 19:25
Merci, Oui. :)
Dirlandaise

30 novembre 2008 @ 00:08
Journée sous la couette
Super chouette !
Pas le courage de me lever
Pas le courage de bouger
Sortir de mon lit
Trop gros défi
J’y suis, j’y reste !
Tant pis pour le reste

Dir
Dirlandaise

30 novembre 2008 @ 00:21
Famous Blue Raincoat

It's four in the morning, the end of december
I'm writing you now just to see if you're better
New York is cold but I like where I'm living
There's music on Clinton Street all thru the evening.
I hear that you're building your little house deep in the desert
You're living for nothing now I hope you're keeping some kind of a record

Yes and Jane came by with a lock of your hair
She said that you gave it to her
That night that you planned to go clear
Did you ever go clear?

The last time we saw you, you looked so much older
Your famous blue raincoat was torn at the shoulder
You'd been to the station to meet every train
You came home alone without Lili Marlene.
And you treated my woman to flake of your life
And when she came back she was nobody's wife

Well, I see you there with a rose in your teeth
One more thin gypsy thief
Well, I see Jane's awake
She sends her regards.

And what can I tell you my brother, my killer
What can I possiby say
I guess that I miss you, I guess I forgive you
I'm glad you stood in my way.
If you ever come by here for Jane or for me
Well, your enemie is sleeping and your woman is free

Yes, and thanks for the trouble you took from her eyes
I thought it was there for good so I never tried.

And Jane came by with a lock of you hair
She said that you gave it to her
That night that you planned to go clear
Sincerely, L. Cohen.


Le fameux imperméable bleu

Il est quatre heures du matin, fin décembre
Je t'écris maintenant juste pour savoir si tu vas mieux
New York est froid mais j'aime l'endroit où je vis
Il y a de la musique à Clinton Street durant la soirée
J'ai entendu dire que tu as construit ta petite maison au fond du désert
Tu vis pour rien maintenant, j'espère que tu conserves une sorte de souvenir

Oui, et Jane est passé avec une mèche de tes cheveux
Elle a dit que tu lui avais donnée
Cette nuit où tu avais prévu de disparaître
As-tu seulement disparu ?
La dernière fois que nous t'avons vu tu semblais tellement plus vieux
Ton fameux imperméable bleu était déchiré à l'épaule
Tu es allé à la gare pour voir chaque train
Tu étais rentré à la maison seul sans Lili Marlène.
Et tu as considéré ma femme comme un épisode de ta vie
Et quand elle est revenue, elle n'était plus la femme de personne

Eh bien, je te vois, il y a une rose entre tes dents,
Un voleur gitan maigre de plus
Bien, je vois que Jane est réveillée
Elle t'envoie ses amitiés.

Et que puis-je te dire, mon frère, mon assassin
Que puis-je vraiment te dire ?
Je crois que tu me manques, je crois que je te pardonne
Je suis heureux que tu te sois trouvé sur ma route.
Si jamais tu viens ici pour Jane ou pour moi
Eh bien, ton ennemi dort, et sa femme est libre
Oui, et merci pour la peine que tu as prise dans ses yeux
Je pensais qu'elle y était pour toujours alors je n'avais jamais tenté.
Et Jane est passé avec une mèche de tes cheveux
Elle a dit que tu la lui avais donnée
Cette nuit où tu avais prévu de disparaître.
Sincèrement, L. Cohen
Dirlandaise

30 novembre 2008 @ 00:40
Mon lit, mon univers
Quand tout va de travers
Je m’y fais un petit creux
Comme refuge, rien de mieux !

Dans mon lit, j’oublie tout
Comme un animal blessé
Je viens m’y réfugier
Et c’est doux… si doux !

Je m’y vautre et j’y suis bien
Je ne pense plus au lendemain
Et tous mes chagrins
Me semblent si loin… si loin

Dir
Math_h

30 novembre 2008 @ 00:48
Journée sous la couette
Super chouette !
Pas le courage de me lever
Pas le courage de bouger
Sortir de mon lit
Trop gros défi
J’y suis, j’y reste !
Tant pis pour le reste

Dir


C'est à la fois assez désuet et presque enfantin, mais y a quelquechose de particulier qui en ressort... J'aime. :)
Dirlandaise

30 novembre 2008 @ 17:24
Désuet et enfantin ! Mais que lis-je !

Et moi qui est présentement plongée dans l'univers de Beatrix Potter ! Va falloir que je relise Freud pour m'auto-analyser car je dois faire une névrose enfantine !

Je ne t'aime plus na...
Nance
(Je lis...)

30 novembre 2008 @ 19:34
Pas de guerre sur le fuseau des poèmes svp! :P
Dirlandaise

30 novembre 2008 @ 20:27
Pas de guerre sur le fuseau des poèmes svp! :P


T'inquiètes donc pas ! ;-)
Math_h

30 novembre 2008 @ 21:24
Désuet et enfantin ! Mais que lis-je !

Et moi qui est présentement plongée dans l'univers de Beatrix Potter ! Va falloir que je relise Freud pour m'auto-analyser car je dois faire une névrose enfantine !

Je ne t'aime plus na...


Diantre, gente dame, loin de moi l'idée de vouloir vous dénigrer, je tenais humblement à souligner le fait que vous aviez avec talent, allié à la fois simplicité et éloquence, ce qui n'est point chose aisé. Veuillez pardonner mon outrecuidance, je ne souhaitais en rien vous offenser. :-*
Kikiliberte
(Je lis...)
1 décembre 2008 @ 04:10
Pas de guerre sur le fuseau des poèmes svp! :P


Oh!oui,Nance!
Ce serait dommage..Nous y partageons de si beaux moments..de reves,de bonheur et de plénitude...
(Tu vas mieux?)
Kikiliberte
(Je lis...)
1 décembre 2008 @ 04:18
Après moi mon amour,avec tant d'insistance
Tu appelles en reve et désires me voir
que ton reve m'atteint à travers la distance
Et que tu m'apparais à la chute du soir

J'admire ton amour et chéris ta constance
Ce n'est pas pour sept ans,comme un bris de miroir
Mais pour l'éternité qu'un regard sans prudence
a marqué ton destin du sceau de mon pouvoir

Je sais que je puis ordonner à ton coeur
Que ce coeur m'appartient et que jamais ne meurt
Le feu qui m'illumine autant qu'il te consume

Mais je suis ta victime autant que ton vainqueur
Et notre amour gagna,comme un fer,sa vigueur
Des chocs d'un lourd marteau sur une dure enclume.

Robert Desnos-Lou la requine(IV)
Dirlandaise

1 décembre 2008 @ 16:22
Désuet et enfantin ! Mais que lis-je !

Et moi qui est présentement plongée dans l'univers de Beatrix Potter ! Va falloir que je relise Freud pour m'auto-analyser car je dois faire une névrose enfantine !

Je ne t'aime plus na...


Diantre, gente dame, loin de moi l'idée de vouloir vous dénigrer, je tenais humblement à souligner le fait que vous aviez avec talent, allié à la fois simplicité et éloquence, ce qui n'est point chose aisé. Veuillez pardonner mon outrecuidance, je ne souhaitais en rien vous offenser. :-*


D'accord mon beau chevalier, vous êtes pardonné. ;-)
Math_h

1 décembre 2008 @ 21:28
D'accord mon beau chevalier, vous êtes pardonné. ;-)

Mon préféré entre tous, pour ce qu'il m'évoque

Sensation/Rimbaud

Par les soirs bleus d'été, j'irai dans les sentiers,
Picoté par les blés, fouler l'herbe menue :
Rêveur, j'en sentirai la fraîcheur à mes pieds.
Je laisserai le vent baigner ma tête nue.

Je ne parlerai pas, je ne penserai rien :
Mais l'amour infini me montera dans l'âme,
Et j'irai loin, bien loin, comme un bohémien,
Par la Nature, — heureux comme avec une femme.

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