Lobe
avatar 13/07/2014 @ 22:18:30
Je n'ai lu que les douze premières pages (mais c'est bref!), et j'aime beaucoup, beaucoup. Passionnément.

http://archives.theatreosses.ch/fileadmin/…

Dirlandaise

avatar 25/08/2014 @ 17:09:11
Un autre beau poème de Sophia de Mello Breyner Andresen recueilli dans le livre de Mia Couto "L'accordeur de silence" :

"Pour traverser avec toi le désert du monde
Pour que nous affrontions ensemble la terreur de la mort
Pour voir la vérité pour ne plus avoir peur
Contre tes pas j'ai marché

Pour toi j'ai quitté mon royaume mon secret
Ma nuit rapide mon silence
Ma perle ronde et son orient
Mon miroir ma vie mon image
Et j'ai abandonné les jardins du paradis

Dehors à la lumière sans voile du jour dur
Sans les miroirs j'ai vu que j'étais nue
Et la plaine était pour nous le temps

Aussi m'as-tu revêtue de tes gestes
Et j'ai appris à vivre en plein vent"

Lobe
avatar 12/12/2014 @ 21:28:11
Francis Jammes – Il va neiger

À Léopold Bauby

Il va neiger dans quelques jours. Je me souviens
de l’an dernier. Je me souviens de mes tristesses
au coin du feu. Si l’on m’avait demandé : qu’est-ce ?
j’aurais dit : laissez-moi tranquille. Ce n’est rien.

J’ai bien réfléchi, l’année avant, dans ma chambre,
pendant que la neige lourde tombait dehors.
J’ai réfléchi pour rien. À présent comme alors
je fume une pipe en bois avec un bout d’ambre.

Ma vieille commode en chêne sent toujours bon.
Mais moi j’étais bête parce que tant de choses
ne pouvaient pas changer et que c’est une pose
de vouloir chasser les choses que nous savons.

Pourquoi donc pensons-nous et parlons-nous ? c’est drôle ;
nos larmes et nos baisers, eux, ne parlent pas,
et cependant nous les comprenons, et les pas
d’un ami sont plus doux que de douces paroles.

On a baptisé les étoiles sans penser
qu’elles n’avaient pas besoin de nom, et les nombres,
qui prouvent que les belles comètes dans l’ombre
passeront, ne les forceront pas à passer.

Et maintenant même, où sont mes vieilles tristesses
de l’an dernier ? À peine si je m’en souviens.
Je dirais : Laissez-moi tranquille, ce n’est rien,
si dans ma chambre on venait me demander : qu’est-ce ?

Fanou03
avatar 13/12/2014 @ 21:08:54
"1940" de Bertolt Brecht

Mon jeune fils m'a dit : Dois-je apprendre les mathématiques ?
J'ai pensé répondre : A quoi bon ! Deux morceaux de pain
Sont plus qu'un seul, tu t'en apercevras sans étude.
Mon jeune fils m'a dit : Dois-je apprendre le français?
J'ai pensé répondre : A quoi bon ! Ce pays, la France,
Est près de succomber. Tu n'as qu'à frotter ton ventre
Avec ta main et puis gémir, on te comprendra.
Mon jeune fils m'a dit : L'histoire, dois-je l'apprendre ?
J'ai pensé répondre : A quoi bon! Apprends à rentrer
Ta tête sous terre et peut-être survivras-tu.

Oui, apprends les mathématiques, ai-je
Dit, apprends le français, apprends l'histoire !

Pierrot
avatar 27/12/2014 @ 13:54:01
Le Roi des Aulnes

Qui galope si tard au vent du soir?
Un père et son fils au désespoir,
Il tient le petit bien dans ses bras,
Serré contre lui, pour qu’il n’ait froid.
Mon fils, d’où vient cette peur qui te glace?
Père, as-tu vu, surgir juste en face,
Le Roi des Aulnes, en grand costume?
Mon fils, ce n’est qu’un trait de brume.
Ô doux enfant, viens avec moi!
Jouons à des jeux, moi seul avec toi,
Viens cueillir ces lys près de l’eau qui dort,
Pour ces fleurs ma mère offrira des habits d’or.
Mon père, mon père, n’entends-tu donc pas,
Ce que ce seigneur me promet tout bas?
Mon garçon, reste sage, bien sage,
Ce n’est que le vent dans le feuillage.
Veux-tu, bel enfant, me suivre là-bas?
Mes filles devraient t’attendre déjà,
Mes filles sauront grâce à leur chant divin,
Te bercer et danser la ronde sans fin.
Mon père, mon père, ne peux-tu donc voir
Les princesses du roi dans le noir?
Mon fils, mon fils, je crois voir aussi,
Là se balancer de vieux saules gris.
Je t’aime tant, séduit par ta douce innocence,
Mais si tu ne me suis, je ferai violence.
Mon père, mon père, voilà qu’il m’étreint!
Ce méchant roi m’a fait mal pour rien!
Au triple galop, le cœur frémissant,
Tenant du petiot le corps gémissant,
Le père arrive à bout d’effort,
Mais entre ses bras l’enfant est mort

Goethe

Fanou03
avatar 29/12/2014 @ 14:00:14
Le Roi des Aulnes


Merci Pierrot pour ce "Roi des Aulnes". Cela m'a rappelé que j'avais étudié cette poésie au lycée, en cours d'allemand, et que cela avait été une sorte de révélation: je n'aurai jamais pensé que l'allemand puisse être aussi évocateur et musical. Voici donc le Roi des Aulnes ("Erlkönig") en langue originale:

Wer reitet so spät durch Nacht und Wind?
Es ist der Vater mit seinem Kind.
Er hat den Knaben wohl in dem Arm,
Er faßt ihn sicher, er hält ihn warm.

Mein Sohn, was birgst du so bang dein Gesicht?
Siehst Vater, du den Erlkönig nicht!
Den Erlenkönig mit Kron' und Schweif?
Mein Sohn, es ist ein Nebelstreif.

Du liebes Kind, komm geh' mit mir!
Gar schöne Spiele, spiel ich mit dir,
Manch bunte Blumen sind an dem Strand,
Meine Mutter hat manch gülden Gewand.

Mein Vater, mein Vater, und hörest du nicht,
Was Erlenkönig mir leise verspricht?
Sei ruhig, bleibe ruhig, mein Kind,
In dürren Blättern säuselt der Wind.

Willst feiner Knabe du mit mir geh'n?
Meine Töchter sollen dich warten schön,
Meine Töchter führen den nächtlichen Reihn
Und wiegen und tanzen und singen dich ein.

Mein Vater, mein Vater, und siehst du nicht dort
Erlkönigs Töchter am düsteren Ort?
Mein Sohn, mein Sohn, ich seh'es genau:
Es scheinen die alten Weiden so grau.

Ich lieb dich, mich reizt deine schöne Gestalt,
Und bist du nicht willig, so brauch ich Gewalt!
Mein Vater, mein Vater, jetzt faßt er mich an,
Erlkönig hat mir ein Leids getan.

Dem Vater grauset's, er reitet geschwind,
Er hält in den Armen das ächzende Kind,
Erreicht den Hof mit Mühe und Not,
In seinen Armen das Kind war tot.

Pierrot
avatar 31/12/2014 @ 10:56:43
Le poème de Rückert / Mahler
A minuit,
réveillé,
j'ai regardé le ciel ;
parmi les millions d'étoiles,
aucune ne m'a souri
à minuit.

A minuit
se tournèrent mes pensées
vers les ténèbres closes.
Aucune pensée de lumière
ne m'a consolé
à minuit.

A minuit
j'ai écouté
les battements de mon cœur,
et seule une douleur aigüe
s'est ranimée
à minuit.

A minuit
j'ai engagé le combat
ô humanité, contre tes souffrances;
ma force n'a pas suffi
à remporter la victoire
à minuit.

A minuit
j'ai remis ma force
dans tes mains,
Seigneur de vie et de mort,
toi qui veilles
à minuit !

Pierrot
avatar 14/02/2015 @ 19:59:06
J'aime ce poème, qui apparemment n'a pas de titre?

Fanou03
avatar 15/02/2015 @ 11:23:17
Voici un des derniers sonnets de Ronsard, écrit quelques semaines avant sa mort, alors qu'il luttait contre la maladie. Je trouve ce texte extrêmement touchant et émouvant:

"Je n’ai plus que les os, un squelette je semble,
Décharné, dénervé, démusclé, dépoulpé,
Que le trait de la mort sans pardon a frappé ;
Je n’ose voir mes bras que de peur je ne tremble.

Apollon et son fils, deux grands maîtres ensemble,
Ne me sauraient guérir, leur métier m’a trompé.
Adieu, plaisant soleil, mon œil est étoupé,
Mon corps s’en va descendre où tout se désassemble.

Quel ami me voyant en ce point dépouillé
Ne remporte au logis un œil triste et mouillé,
Me consolant au lit et me baisant la face,

En essuyant mes yeux par la mort endormis ?
Adieu, chers compagnons, adieu, mes chers amis,
Je m’en vais le premier vous préparer la place."

Myrco

avatar 15/02/2015 @ 12:22:42
Emouvant en effet et qui par son thème devrait plaire à Pierrot.

J'en ai un tout mignon, sur un thème plus léger que je dédie à tous les amoureux des chats, comme moi.
Il est d'Edmond Rostand, extrait des "Musardises" (1890).

Le petit chat

"C'est un petit chat noir, effronté comme un page,
Je le laisse jouer sur ma table souvent,
Quelquefois il s'assied sans faire de tapage,
On dirait un joli presse-papier vivant.

Rien en lui, pas un poil de son velours ne bouge;
Longtemps, il reste là, noir sur un feuillet blanc,
A ces minets tirant leur langue de drap rouge,
Qu'on fait pour essuyer les plumes, ressemblant.

Quand il s'amuse il est extrêmement comique,
Pataud et gracieux, tel un ourson drôlet.
Souvent je m'accroupis pour suivre sa mimique
Quand on met devant lui la soucoupe de lait.

Tout d'abord de son nez délicat il le flaire,
La frôle, puis, à coups de langue très petits,
Il le happe; et dès lors il est à son affaire
Et l'on entend, pendant qu'il boit, un clapotis.

Il boit, bougeant la queue et sans faire une pause,
Et ne relève enfin son joli museau plat
Que lorsqu'il a passé sa langue rêche et rose
Partout, bien proprement débarbouillé le plat.

Alors il se pourlèche un moment les moustaches,
Avec l'air étonné d'avoir déjà fini.
Et comme il s'aperçoit qu'il s'est fait quelques taches,
Il se lisse à nouveau, lustre son poil terni.

Ses yeux jaunes et bleus sont comme deux agates;
Il les ferme à demi, parfois, en reniflant,
Se renverse, ayant pris son museau dans ses pattes,
Avec des airs de tigre étendu sur le flanc."

Simple, tendre...et si bien observé;-)

Pierrot
avatar 21/02/2015 @ 15:21:01
Bonjour Myrco.

j'aime bien sûr ce chat là.

G-B
Ci-gît au fond de mon cœur, une histoire ancienne,
Un fantôme, un souvenir d'un que j'aimais...
Le temps, à grands coups de faux, peut faire des siennes,
Mon bel amour dure encore, et ce à jamais...

P
J’avais un chat, que je surnommai Fifi
Beau qu’il était, c’était un vrai minet
Qui avait pour seule idée, unique défi
De chasser sans rire, mon air tristounet.

Nathafi
avatar 15/11/2015 @ 11:50:17
"La Paix", Yannis Ritsos, par Melina Mercouri


https://www.youtube.com/watch?v=1zEtLwESn6c


Cyclo
avatar 03/12/2015 @ 14:45:58
Mon poème préféré, mais peut-être d'autres l'ont-ils ou elles déjà cité ? J'ai eu la flemme de lire les 48 pages en entier...

PRIERE POUR ALLER AU PARADIS AVEC LES ANES

Lorsqu'il faudra aller vers vous, ô mon Dieu, faites
que ce soit par un jour où la campagne en fête
poudroiera. Je désire, ainsi que je fis ici-bas,
choisir un chemin pour aller, comme il me plaira,
au Paradis, où sont en plein jour les étoiles.
Je prendrai mon bâton et sur la grande route
j'irai, et je dirai aux ânes, mes amis :
Je suis Francis Jammes et je vais au Paradis,
car il n'y a pas d'enfer au pays du Bon Dieu.
Je leur dirai : " Venez, doux amis du ciel bleu,
pauvres bêtes chéries qui, d'un brusque mouvement d'oreille,
chassez les mouches plates, les coups et les abeilles."
Que je Vous apparaisse au milieu de ces bêtes
que j'aime tant parce qu'elles baissent la tête
doucement, et s'arrêtent en joignant leurs petits pieds
d'une façon bien douce et qui vous fait pitié.
J'arriverai suivi de leurs milliers d'oreilles,
suivi de ceux qui portent au flanc des corbeilles,
de ceux traînant des voitures de saltimbanques
ou des voitures de plumeaux et de fer-blanc,
de ceux qui ont au dos des bidons bossués,
des ânesses pleines comme des outres, aux pas cassés,
de ceux à qui l'on met de petits pantalons
à cause des plaies bleues et suintantes que font
les mouches entêtées qui s'y groupent en ronds.
Mon Dieu, faites qu'avec ces ânes je Vous vienne.
Faites que, dans la paix, des anges nous conduisent
vers des ruisseaux touffus où tremblent des cerises
lisses comme la chair qui rit des jeunes filles,
et faites que, penché dans ce séjour des âmes,
sur vos divines eaux, je sois pareil aux ânes
qui mireront leur humble et douce pauvreté
à la limpidité de l'amour éternel.

Francis Jammes

Myrco

avatar 03/12/2015 @ 14:58:06
J'aime beaucoup ce poème et je pourrais faire mienne cette prière si je croyais en dieu et en son paradis...

Martin1

avatar 21/12/2015 @ 09:03:03
Qu’est-ce qui fait l’homme grand, admiré par la création, agréable aux yeux de Dieu ?

Qu’est-ce qui rend l’homme fort,
plus fort que le monde entier,
qu’est-ce qui le rend faible,
plus faible qu’un enfant ?


Qu’est-ce qui rend l’homme inébranlable,
plus ferme que le roc,
qu’est-ce qui le rend doux,
plus souple que la cire ?

L’amour !

Qu’est-ce qui est plus vieux que tout ?

L’amour.

Qu’est-ce qui ne peut être pris, mais prend lui-même tout ?

L’amour.

Qu’est-ce qui survit à tout ?

L’amour.

Qu’est ce qui subsiste quand tout nous trahit ?

L’amour.

Qu’est-ce qui console quand toute consolation défaille ?

L’amour.

Qu’est-ce qui dure quand tout change ?

L’amour.

Qu’est-ce qui demeure quand le partiel disparaît ?

L’amour.

Qu’est-ce qui témoigne lorsque la prophétie garde le silence ?

L’amour.

Qu’est-ce qui persiste quand la vision s’efface ?

L’amour.

Qu’est-ce qui donne l’explication lorsque le discours obscur prend fin ?

L’amour.

Qu’est-ce qui donne la vigueur au langage des anges ?

L’amour.

Qu’est-ce qui fait surabonder l’offrande de la veuve ?

L’amour.

Qu’est-ce qui remplit de sagesse le discours du simple.

L’amour.

Qu’est-ce qui reste à jamais immuable quand tout change ?

L’amour

Martin1

avatar 21/12/2015 @ 09:03:56
Soren Kierkegaard

Lobe
avatar 22/12/2015 @ 14:09:02
Tu as fait de douloureux et de joyeux voyages
Avant de t'apercevoir du mensonge et de l'âge
Tu as souffert de l'amour à vingt et à trente ans
J'ai vécu comme un fou et j'ai perdu mon temps

Tu n'oses plus regarder tes mains et à tous moments je voudrais sangloter
Sur toi sur celle que j'aime sur tout ce qui t'a épouvanté

Tu regardes les yeux pleins de larmes ces pauvres émigrants
Ils croient en Dieu ils prient les femmes allaitent les enfants
Ils emplissent de leur odeur le hall de la gare Saint-Lazare
Ils ont foi dans leur étoile comme les rois-mages
Ils espèrent gagner de l'argent dans l'Argentine
Et revenir dans leur pays après avoir fait fortune
Une famille transporte un édredon rouge comme vous transportez votre coeur
Cet édredon et nos rêves sont aussi irréels
Quelques-uns de ces émigrants restent ici et se logent
Rue des Rosiers ou rue des Écouffes dans des bouges
Je les ai vu souvent le soir ils prennent l'air dans la rue
Et se déplacent rarement comme les pièces aux échecs
Il y a surtout des juifs leurs femmes portent perruque
Elles restent assises exsangues au fond des boutiques.

Tu es debout devant le zinc d'un bar crapuleux
Tu prends un café à deux sous parmi les malheureux

Tu es la nuit dans un grand restaurant.

Extrait de Zone, de Guillaume Apollinaire

DE GOUGE
avatar 22/12/2015 @ 21:56:54
La fleur Ing-wha, petite et pourtant des plus belles,
N'ouvre qu'à Ching-tu-fu son calice odorant ;
Et l'oiseau Tung-whang-fung est tout juste assez grand
Pour couvrir cette fleur en tendant ses deux ailes.

Et l'oiseau dit sa peine à la fleur qui sourit,
Et la fleur est de pourpre, et l'oiseau lui ressemble,
Et l'on ne sait pas trop, quand on les voit ensemble,
Si c'est la fleur qui chante, ou l'oiseau qui fleurit.

Et la fleur et l'oiseau sont nés à la même heure,
Et la même rosée avive chaque jour
Les deux époux vermeils, gonflés du même amour.
Mais quand la fleur est morte, il faut que l'oiseau meure.

Alors, sur ce rameau d'où son bonheur a fui,
On voit Pencher sa tête et se faner sa plume.
Et plus d'un jeune cœur, dont le désir s'allume,
Voudrait, aimé comme elle, expirer comme lui.

Et je tiens, quant à moi, ce récit qu'on ignore
D'un mandarin de Chine, au bouton de couleur.
La Chine est un vieux monde où l'on respecte encore
L'amour qui peut atteindre à l'âge d'une fleur.

Bon , la Chine ne représente plus vraiment cette image, mais Louis BOUILHET, parle d'une autre époque (qui n'a probablement existé que dans son imaginaire, mais c'est BEAU !)

Nathafi
avatar 12/01/2016 @ 20:46:45
Il pleut

Averse averse averse averse averse averse
ô pluie ô pluie ô pluie ô pluie ô pluie ô pluie!
gouttes d'eau gouttes d'eau gouttes d'eau gouttes d'eau
parapluie ô parapluie ô paraverse ô!
paragouttes d'eau paragouttes d'eau de pluie
capuchons pèlerines et imperméables
que la pluie est humide et que l'eau mouille et mouille!
mouille l'eau mouille l'eau mouille l'eau mouille l'eau
et que c'est agréable agréable agréable
d'avoir les pieds mouillés et les cheveux humides
tout humides d'averses et de pluie et de gouttes
d'eau de pluie et d'averse et sans un paragoutte
pour proteger les pieds et les cheveux mouillés
qui ne vont plus friser qui ne vont plus friser
à cause de l'averse à cause de la pluie
à cause de l'averse et des gouttes de pluie
des gouttes d'eau de pluie et des gouttes d'averse
cheveux désarçonnés cheveux sans parapluie

Raymond Queneau

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