Nathafi
avatar 28/02/2018 @ 10:44:09
Dans le sombre des nuits
une lueur.
Une pensée
pour ceux qui dorment là
dehors
à l'insu
ou en toute connaissance
de chacun.
Normal ?
Non
une main tendue
pourrait les sauver
une oreille
un peu de pain
une soirée chaleureuse
deux ou trois pièces
un sourire.
Mais non.
L'homme avance
impassible,
jette un regard fendu
baisse la tête
et s'en va.
Pfff
Que fait-il là
dans ses cartons-draps ?
Qu'a-t'elle fait pour en arriver là ?
Le jugement dernier
l'opprobre jeté
on en reste là.
Crève...

Eric Eliès 01/03/2018 @ 11:29:12
Un texte plein d'humanité et de sensibilité dans son refus d'une situation inacceptable. Cela dit, je ne pense pas que les gens qui passent à côté de quelqu'un allongé au sol dans ses "cartons-draps" portent un jugement hostile ou soient habités d'un sentiment de mépris. Vivant à Paris, j'entends très peu (quasiment jamais) de propos du genre "va bosser feignasse au lieu de faire la manche" (et, en général, ce sont souvent des personnes âgées qui les tiennent !). C'est plus, je pense, l'évidence d'une impuissance individuelle à changer la situation. Et il y a aussi, sans doute, une accoutumance née de la banalisation. Quand j'étais gamin à Brest, croiser un clochard, ça me marquait. Maintenant, adulte à Paris, j'en croise au minimum une dizaine par jours au cours de mes trajets avec une empathie anesthésiée par la répétition. Je donne de temps en temps une pièce (pas grand chose) ou un peu de nourriture (quand j'en ai dans mon sac) mais je passe aussi, et souvent, simplement à côté. Et, dans le fonds, je préfère donner aux associations qui organisent les maraudes et la prise en charge.

Pieronnelle

avatar 01/03/2018 @ 13:28:05
Touchant et vrai ton poème Nath ! Comme Eric je ne pense que les gens soient indifférents, plutôt mal à l'aise avec un sentiment de culpabilité à chaque rencontre qu'on ne sait comment appréhender. Ça crève le coeur aussi..
ici dans le sud peu de gens dehors et ceux qui le sont peuvent se refugier mais quant aux migrants c'est autre chose ! Difficile de passer par la montagne avec la neige. Ceux qui parviennent à passer (?!) se font prendre sur le boulevard ou sur l'autoroute. Malheureusement je pense que la Croix rouge à Vintimille est le refuge du moindre mal, au moins ils sont au chaud et ont à manger. Je les vois mal en ce moment sur les routes de France...
Il y a une femme (celle à la valise:-) qui vivait dehors et se rendait tous les jours au coin d'une rue pour attendre...qui, quoi ? Depuis quelques temps je la voyais plus et renseignement pris elle dort dans sa v oiture et peut aller parfois à l'hôtel ; elle semble aller mieux et promène un petit chien. Elle n'a jamais rien demandé.
L'annee dernière j'ai discuté avec un homme qui vivait depuis quelques années dans la rue, par choix suite à un " grand malheur" ; il avait pourtant de l'argent mais ce qu'il recherchait, sans doute pour apaiser son malheur, c'était ne jamais rester au même endroit et parler avec les gens ce qui n'était pas toujours évident, la peur du vagabond sans doute ; nous avons parlé pendant plus d'une heure et il était super content !
Bien difficile d'appréhender le pourquoi de la vie dans la rue...Mais notre société ne doit pas permettre que des gens meurent dans la rue !
Merci pour cette pensée humaine Nath !

Minoritaire

avatar 02/03/2018 @ 10:59:57
ou
Comment ne pas avoir mauvaise conscience dans une société d'abondance ?
Un texte sensible qui m'a rappelé celui de JEyre http://critiqueslibres.com/i.php/forum/…

Il y a ceux qui ont tout perdu, il y a ceux qui ont tout lâché, il y a ceux qui sont à la limite.
Il y a ceux qui voudraient bien croire que ça ne pourrait jamais leur arriver.
Il y a ceux qui ont encore de l'espoir et ceux qui vivent sans.
Il y a ceux qui s'accrochent désespérément.
Il y a ceux qui regardent en bas avec tendresse et en haut avec rage.
Il y a ceux qui regardent en bas avec dédain et en haut avec envie.

Il y a ceux d'en haut qui ne regardent rien.
Ils ne sont que quelques uns.

Et nous ne sommes que des variables d'ajustement.


Nathafi
avatar 02/03/2018 @ 19:11:23

Merci pour vos commentaires, ce texte est assez dur effectivement, un texte de colère, car dans ma province les commentaires vont bon train face aux personnes SDF, ça me met hors de moi. Mais bien sûr tout le monde n'est pas hostile, et heureusement ! Mais nous ne pouvons pas aider tout le monde, c'est ce que j'explique à mes filles qui ne comprenne pas pourquoi je ne m'arrête pas à chaque fois pour faire un geste...

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