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Forums  :  Vos écrits  :  Le secret

Mathieu971 28/05/2017 @ 22:18:04
Les deux garçons commençaient à s’ennuyer : c’est long, les vacances d'été, en fin de compte. Et ce mois d’août, si chaud ! Oui, ils auraient pu sortir et allaient jouer dans la cour de l’immeuble, mais ils se sentaient bien, à l’intérieur, sans avoir les parents sur le dos, qui travaillaient tous deux, .

Ils étaient allés sur le balcon. Soudain, Jérôme eut une idée lumineuse. « Si on faisait des avions en papier, et si on les envoyait en l’air par le balcon ? » Gaspard, le cadet trouva l’idée lumineuse. « Prenons des feuilles de l’imprimante de Papa ! » Aussitôt dit, aussitôt fait.

Ils apportèrent un paquet de feuilles dans le salon, près du balcon, et commencèrent à confectionner des avions en papier, comme ils avaient appris à le faire avec leurs copains, à l’école. Mais ici, ce serait mieux, les avions s'envoleraient du quatrième étage et planeraient longtemps avant de s’écraser au sol. Chacun en lancerait un à son tour, et ils regarderaient, donneraient des notes à chaque avion.

Jérôme, en tant qu’aîné (dix ans), lança le premier. Malheureusement, il échoua dans les feuilles du platane qui occupait le centre de la cour. Gaspard essaya à son tour. Miraculeusement, son avion réussit à éviter tous les obstacles et atterrit lentement sur le sol. Ils poussèrent des cris de joie, même Jérôme, pourtant un peu jaloux de cette réussite.

Pendant une heure, ils confectionnèrent des avions et les lancèrent tour à tour. Finalement, ils recommencèrent à s’ennuyer, trouvant l’exercice monotone. c’est alors que le gamin (ainsi Jérôme appelait son cadet) eut une idée encore plus géniale : « Pourquoi on ferait pas des Spitfire ? » L’aîné ne comprit pas. « Ben oui, on allume le feu à la queue de l’avion et on le lance ; ça sera super marrant ! »

Ils préparèrent quelques avions, puis allèrent chercher la boîte d’allumettes dans la cuisine. Jérôme lança le premier, qui piqua vite fait et s’écrasa dans la cour instantanément. « Tu l’as trop enflammé, dit Gaspard, faut juste allumer, et lancer immédiatement ! » Ce qu’il fit.

L’avion se mit à planer lentement, mais, horreur, au lieu de descendre vers le sol, il continua tout droit, avec son panache de flammes et de fumée et entra dans une fenêtre ouverte de la partie de l’immeuble en face, au troisième étage. Les enfants retinrent leur souffle. « Pourvu qu’il s’éteigne vite ! », dit Gaspard d’une toute petite voix. « Toi et tes idées géniales ! », répliqua vertement Jérôme.

Cependant, ils continuaient à regarder. Un peu angoissés. Au début, rien. Ils crurent que l’avion s’était éteint naturellement. Puis soudain, un peu de fumée sortit par la fenêtre, puis une sorte de fumée noire abondante. « J’appelle les pompiers », dit Jérôme. Il savait que c’était le 18, les parents l’avaient mis au parfum.

« Mon jeune frère et moi, on a vu de la fumée qui sortait d’une fenêtre au troisième étage en face de chez nous ! », qu’il dit. « Et c’est où chez vous ?», dit une grosse voix. « Rue Albert Camus, au 13. » La grosse vois répondit : « Vous affolez pas, les gosses, on arrive ! »

Trois minutes après, ils entendirent le Pin Pon des pompiers, ils les virent installer un échelle et armés d’une lance à incendie, ils éteignirent le début d’incendie.

Les pompiers les ont retrouvés grâce au numéro d’appel, ils vinrent le soir même après le retour des parents. Les garçons étaient dans leurs petits souliers, ils s’attendaient à une semonce terrible. Ce fut le contraire.

« Madame, Monsieur, vous avez des petits garçons formidables ! Ils nous ont appelé cet après-midi pour nous signaler que de la fumée sortait d’une fenêtre en face des chez vous, au troisième. Quand nous sommes arrivés, nous avons constaté que le dessus-de lit se consumait et dégageait une épaisse fumée. Nous avons pu établir que l’origine en était probablement l’explosion du radio-réveil qui était resté sur le lit et qui était calciné. Mais sans la présence d’esprit de vos enfants, l’incendie se serait déclaré et aurait touché aussi d’autres appartements. J’ai signalé la chose au maire qui va certainement vouloir récompenser vos enfants. »

Jérôme et Gaspard étaient tout rouges. Ils n’osèrent pas dire la vérité. Ils acceptèrent le cadeau de la mairie (une journée au Parc Astérix) et passèrent pou des héros. Ils ne l’ont jamais dit à leurs parents. C’est un secret qui les unit plus que tout le reste. Ce sera leur secret pour toute la vie !

Saint Jean-Baptiste 29/05/2017 @ 11:09:56
C’est bien raconté, surtout, bien imaginé. Le récit est un rien tiré en longueur mais ça maintient le suspense. On ne s’attend pas du tout à la chute et c’est marrant. Bravo !

Fanou03
avatar 29/05/2017 @ 13:42:08
Est-ce du vécu, ou bien une influence des lectures de Quick et Flupke ? En tout cas dans la série des "grosses bêtises", voilà un texte effectivement bien réjouissant, d'autant plus que tout finit finalement bien pour tout le monde, et surtout pour les fautifs...Bravo pour cette gentille pointe d'amoralité !

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