Darius

avatar 17/03/2017 @ 16:28:05
Il ne le savait pas mais le sort était jeté. Elle allait mourir cette nuit. Il venait de se casser la voix en hurlant son amour. Elle lui deviendrait inaccessible. Il n’avait pourtant pas envie de fermer sa gueule. Il faisait un temps à ne pas mettre une grenouille dehors. Une tempête effroyable se préparait, avec ses nuages noirs et son ciel lourd.

Lui, il ne pensait qu’à elle, cette lady impénétrable et si belle. Son cœur ne battait que pour elle, trop fort, beaucoup trop fort. Sa vue glissait vers le néant, ne lui laissant que la terre entière… mais une terre sans elle, c’était trop petit pour lui. Tout crevait d’ennui, toutes ces rues le tuaient à petit feu. Qu’allait il faire ? A part en rire pour ne plus pleurer ? Ou brûler des nuits entières pour mieux la haïr le matin ? Espérant qu’un jour il verrait la fin du chemin, dans son miroir.. Il ne lui restait plus rien à faire… plus rien… plus rien..

Il y avait trop de gens qui l’aimaient, et elle, elle ne le voyait pas.. Trop de gens qui l’aimaient et qui tournaient autour d’elle… il ne sortirait pas indemne de cet amour pour elle..

Avec le temps qui s’en allait, il en oubliait son visage, il en oubliait sa voix. Le cœur quand çà n’allait plus, il fallait le laisser faire, ne pas aller plus loin... Elle qu'il adorait, qu’il cherchait sous la pluie, qu’il devinait au détour d’un regard, s’en allait faire sa nuit… Avec le temps, tout s’évanouissait.
Le samedi soir, la tendresse s’en allait toute seule.. Elle, en qui il croyait, à qui il donnait des bijoux, pour qui il vendait son âme pour quelques sous, devant qui il se trainait comme un chien… tout cela disparaissait..
il oubliait les passions, il oubliait les voix qui lui disaient des mots de pauvres gens… Il se sentait comme un cheval fourbu, glacé dans un lit de hasard..

Un jour, ou est ce une nuit ? il l’a vue endormie… quand soudain semblant crever la surface de l’eau, surgissant de nulle part, il a vu un nénuphar noir, tournoyer dans l’eau trouble, dans un bruissement de pétales comme tombé du ciel. Il avait un diamant bleu dans son cœur.. Il s’était glissé à son doigt.. pour cueillir en tremblant les étoiles....sur un nuage blanc.. allumer le soleil.. .. Mais, le nénuphar noir, dans un glissement de feuilles, s’est engouffré dans les profondeurs de l’eau..

Il avait dessiné sur le sable son doux visage qui lui souriait. Mais il a plut sur cette plage… dans cet orage, elle a disparu. Et il a crié « Lady Di », pour qu’elle revienne et il a pleuré, il avait trop de peine. Il s’est assis auprès de son âme mais la belle s’était enfuie... Il l’a cherché sans plus y croire et sans un espoir pour le guider. Et il a crié, il a pleuré il avait trop de peine.. Il n’a gardé que son doux visage comme une épave sur le sable mouillé. Et il a crié, crié....pleuré..

Il se souvenait, il n’avait jamais été aussi heureux que ce matin là, il marchait sur une plage, un automne où il faisait beau. Lady Di, avec sa robe longue, ressemblait à une aquarelle, il lui murmurait « on ira où tu voudras, quand tu voudras et on s’aimera encore lorsque l’amour sera mort… » Aujourd’hui, il est très loin, ce matin d’automne… il se souvient du bonheur qui passait sur la mer… il aurait voulu que toute la vie reste pareille à ce matin-là.

Il y avait tant de vagues et de fumées qu’on n’arrivait plus à distingue le blanc du noir. Avec l’énergie du désespoir, le téléphone sonnait mais il n’y avait plus d’abonné, que le silence pour respirer, le monde recommençait, là où il avait commencé. Elle s'en était allé dormir dans le paradis blanc, là où les nuits sont si longues qu’on en oubliait le temps, seule avec le vent, pour retrouver les poissons d’argent, les nénuphars blancs… comme avant.

Pour avoir si souvent dormi avec sa solitude, il s’en était fait une amie, une douce habitude. Elle ne le quittait pas d’un pas, fidèle comme une ombre. Quand elle était au creux de son lit, elle prenait toute la place et ils passaient ensemble de longues nuits face à face.. Il n’était jamais seul, avec sa solitude.. Avec elle, il avait beaucoup appris et versé des tonnes de larmes, parfois il la répudiait mais jamais elle ne désarmait. Lorsqu’il a préféré l’amour de lady Di, il savait qu’elle serait à son dernier jour, sa dernière compagne.. Non, il ne serait plus jamais seul avec sa solitude...

Marvic

avatar 17/03/2017 @ 17:17:47
Quelle bonne idée !
Un texte musical ! Je ne suis pas sûre d'avoir identifié tous les titres mais, moi qui adore jouer, je me suis bien amusée !
Excellent; et si mes souvenirs sont bons, tous les critères respectés.

Darius

avatar 17/03/2017 @ 18:54:52
salut Marvic, c'est sympa d'être passé me lire... :-) après avoir jeté mon texte, j'ai pensé trop tard que la référence musicale n'était pas explicite... mais bingo, tu l'as trouvée illico.. donc elle est comprise...

Effectivement 9 titres dont je me suis inspirée car à défaut de fonds musical, j'avais posé un Ipod sur mes oreilles et cela débitait des textes qui m'ont inspirées.. puis j'ai remanié de ci de là... et hop, mon exo était prêt et tenait la route...

...... je laisse le soin aux lecteurs potentiels de les deviner,...

Nathafi
avatar 18/03/2017 @ 10:09:46

Dis donc c'est chouette comme idée ! et toutes ces chansons, romantiques au possible !!! Waouh ! ça cadre pile poil avec la Princesse désoeuvrée qui, finalement, n'aura jamais connu véritablement l'amour qu'elle cherchait... Emue, je suis !
Merci Darius d'avoir rattrapé le temps et apporté ta contribution.

Tistou 18/03/2017 @ 15:16:25
C'est vraiment courageux, Darius, de s'atteler à un exo - avec contraintes - après que l'adrénaline du direct s'en soit allée. Et pas qu'un peu !
A la différence de Marvic, je n'avais pas saisi les références chansonnesques ! Du coup j'ai relu l'esprit en alerte. Et oui ... (cela signifierait que mon esprit n'est plus systématiquement en alerte ? Diable !) C'est la référence à "L'aigle noir" qui m'a le plus sauté aux yeux ...
Idée intéressante, qui aurait pu faire un thème d'exo, d'ailleurs. Un texte innovant, je trouve.

Antinea
avatar 20/03/2017 @ 23:43:08
Quelle bonne idée qu'une chanson par paragraphe ! Je ne l'ai pas vu tout de suite. Mais au bout de 3 ou 4, mon esprit fredonnant je m'en suis rendue compte.
Tristounet quand même ton texte. Cette solitude, pesante même si on nous assure du contraire... Et puis cette fixette sur un personnage qui forcément vous ignore... Il ne vous connaît pas. Le poète vit dans sa bulle !

Pieronnelle

avatar 19/04/2017 @ 17:57:26
Je viens de m'apercevoir que ton envoi tardif a laissé échapper ton texte de mon attention...
Et cela aurait été bien dommage que je n'en profite pas ! Très original ! Comme le souligne Tistou cela aurait pu faire l'objet d'un exo tous ces titres ; vraiment bravo, j'ai dû moi aussi relire pour les trouver ces chansons, un jeu de piste, des œufs de Pâques cachés :-) et j'ai bien peur de ne pas les avoir toutes trouvées. L'âge ? J'en ai en tout cas retrouver des que j'aime comme "Avec le temps..." ; "Il n'y a plus rien" ; "l'aigle noir"...
Merci pour cette belle originalité et du coup , la solitude au centre du texte, passe avec moins de tristesse...

Cyclo
avatar 19/04/2017 @ 20:46:58
Idem pour moi qui le découvre tout soudain. Les réminiscences de chansons sont bien venues, j'ai bien senti la tonalité nostalgique (ou triste) de l'histoire... Continue, mon gars (si t'es un garçon, avec vos pseudos et vos images, on ne sait pas !)

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