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Mal de pierres
de Milena Agus

Catégorie(s) : Littérature => Européenne non-francophone

critiqué par Sahkti, le 12 mars 2007
(Genève - Inscrite le 17 avril 2004, 2008 contributions)

La note:
Moyenne des notes: (basée sur 13 avis)

Histoire d'une malédiction

Nous sommes en Sardaigne. C'est par la voix de sa petite-fille que nous parvient le touchant récit de Grand-Mère, amoureuse de la vie et de l'amour. Une femme qui effraie ceux qu'elle aime et qui finit par épouser, en 1943, un veuf gentil qui la laisse tranquille et continue de fréquenter les maisons closes, jusqu'au jour où par souci d'économie, elle lui propose de faire elle-même ce que lui font ses femmes. La vie pourrait être belle si des enfants naissaient mais le mal des pierres est là, tapi dans l'ombre, interrompant toute grossesse. Alors la jeune femme part en cure thermale et c'est là qu'elle rencontre le Rescapé, à l'automne 1950. Le début d'une histoire belle et compliquée. Un enfant voit finalement le jour, il sera le père de la narratrice qui nous conte cette histoire d'amour sur fond de souffrance et d'espoirs sans fin, telle que lui a livrée sa grand-mère. C'est tendre et cruel à la fois, très sensible. L'histoire se poursuit dans le temps pour parvenir jusqu'à aujourd'hui et révéler d'autres histoires.

Un livre qui prend tout son sens une fois refermé, parce qu'il surprend et permet de considérer l'histoire avec un regard très différent, grâce aux dernières lignes.
L'écriture de Milena Agus est belle et élégante. Le lecteur se sent rapidement proche des personnages qui s'esquissent de page en page, c'est tout un décor et une vie qui prennent forme sous nos yeux. J'ai été séduite par ce procédé de construction par petites touches qui permet de s'immiscer en douceur, mais complètement, dans le récit. Un petit bijou de livre!



   Voir la fiche version imprimable
   Volume  Editeur/Collection  Pages  ISBN/ASIN  Parution  Amazon
Mal de pierres Liana Levi
LITTERATUR
123 2867464331 2007-01-04  go
Il y a 12 critiques éclairs sur ce livre
Egalement disponible en livre audio

et vraiment superbe à écouter, une magnifique découverte, tant pour le livre, l'écriture et l'histoire, que pour le plaisir d'entendre la voix posée et mélodieuse de Sandrine Willems

ISBN : 2356410023

Agnes - Marbaix-la-Tour - Inscrite le 19 février 2002, 59 contributions - 28 juin 2008


Révélations sur la Sardaigne profonde

Milena Agus est sarde. On n’en est que davantage convaincu à la lecture de ce livre. Elle a obtenu le Prix Relay du roman d’évasion délivré à la Maison de l’Amérique latine à Paris.
La narratrice est la petite fille du personnage central du roman, une Sarde hors des réalités, hors normes. Comme elle voit peu ses parents, son attachement se tourne vers sa grand-mère qu’elle fait revivre dans toutes les phases de sa vie : une vie tumultueuse en recherche d’un absolu jamais atteint, incompris. Autour de sa grand-mère gravitent son père, un pianiste renommé, sa mère, qui suit fidèlement son mari dans ses tournées, son grand-père aux mœurs plutôt particulières et « le rescapé » son véritable amour plutôt platonique. Le décor vaut également le détour : Milena Agus nous fait découvrir la Sardaigne, si loin de notre vie citadine, un environnement rêvé pour les vacances mais qui ne doit pas être drôle quand on y passe sa vie !
Le roman défile dans un espace temps éclaté : au fil des souvenirs les personnages apparaissent à des moments différents de leur existence dans une chronologie bousculée. Un peu comme nos souvenirs vagabondent de l’avant-hier à l’enfance en passant par le troisième âge tout en sautant à l’âge adulte. La manière d’écrire est également surprenante : le niveau de langue est plutôt enfantin mais non dénué de fraîcheur ; ce qui rend ce roman original et exceptionnel.

Ddh - Mouscron - Inscrit le 16 octobre 2005, 72 contributions - 24 juin 2008


Quand l'amour ne s'appelle pas amour

"Les romans d'amour ne sont jamais aussi prenants que lorsqu'ils nous parlent du malheur d'aimer, ou, variante, de comment une vie aimante ne peut être admise qu'au prix de sa dénégation la plus obstinée. Parce que l'amour, justement, est si important (sûrement la chose la plus belle du monde) qu'il ne pourra jamais être celui que l'on vit soi-même. Ce sont les délices et les tourments d'un tel amour que nous donne à goûter Mal de pierres, un petit bijou de roman, poli comme une pierre précieuse et délicieux, pour ne pas dire entêtant, comme certains gâteaux sardes, tout miel et tout anis."
(La revue de presse Jean-Baptiste Marongiu - Libération du 4 janvier 2007)

Je trouve dommage que le livre ait été présenté comme étant la véritable histoire de la grand-mère de l'auteur. Je n'y crois pas. Je préfère l'idée d'un roman construit de façon magistrale même si ça et là, il peut y avoir des éléments réels. De plus, il serait amusant de penser que c'est (ou ce n'est) suivant les goûts, qu'une fiction, ce serait bien dans l'idée de la construction même du roman.
Ce roman n'a vraiment pas besoin de cette accroche pour plaire. Sa construction tortueuse, surprenante, sensible, m'a enchantée. C'est un petit (par son épaisseur) roman beau et cruel, fin et sensible.
Encore une fois, je trouve que la photo de couverture de l'édition française ne correspond pas du tout à son contenu. Elle est bien trop sophistiquée, bien trop "léchée". Je préfère la couverture de l'édition italienne qui laisse bien plus de place à l'imagination. J'imagine plutôt une femme à la beauté pas vraiment décelable au tout premier abord, qui ressemblerait à une Irène Papas jeune, farouche, passionnée, charnelle plutôt que sensuelle, incontrôlable. Elle est imprévisible et forcément considérée comme folle par son entourage, trop différente pour être acceptée dans le milieu fermé et rustique qui est le sien, milieu régi par des codes et par une connaissance précise de la façon dont il convient qu'une fille se conduise.
Un des personnages qui m'a le plus touchée est sans conteste le grand-père, une espèce de marionnettiste de l'ombre, qui a probablement tout compris, qui a les pieds bien ancrés dans la réalité et qui a la faculté d'aimer, tout simplement, sans vouloir changer celle qu'il aime.
Je l'ai lu en italien en savourant chaque ligne de chaque page.

Maria-rosa - Liège - Inscrite le 18 mai 2004, 60 contributions - 13 mai 2008


Hommage

Milena Agus vient de sortir un nouveau roman, je compte le lire puisque celui-ci m'a ravie.
Quel hommage émouvant que celui rendu par cette petite-fille à sa grand-mère, dans une langue attachante et chargée d'amour. Chaque personnage prend de plus en plus de place au fur et à mesure que l'histoire évolue, jusqu'à la toute fin. J'ai relu le livre (!!) pour considérer l'histoire autrement, à la lumière de ce que la fin apporte. Je vous le conseille!

Solange - - Inscrite le 28 avril 2005, 4 contributions - 16 mars 2008


Un bel hommage

Ce portrait de femme qui mûrit dans les contrariétés de coeur, la générosité et la maladie est très émouvant. Il nous est ici dressé le portrait d'une femme vive et dynamique, emportée par son temps et les circonstances, et il est étonnant de voir combien elle est à la fois actrice et victime.
Malgré la tristesse de cette histoire, elle m'a ému. J'ai trouvé ce roman rès beau.

Veneziano - Paris - Inscrit le 4 mai 2005, 559 contributions - 15 mars 2008


Un tendre hommage

J'ai lu, avec un certain plaisir, cet hommage d'une petite-fille à sa grand-mère...hommage plein de tendresse, de compréhension et de compassion...
En outre, il faut ajouter que la construction et l'écriture de ce témoignage sont originales et légères...on se laisse prendre par la main, guider, à travers la vie d'une femme (la grand-mère en question), pleine de rêves et d'angoisses et, dont les souffrances, les sacrifices et la folie, nous émeuvent au plus haut point. A lire!

Pepe - - Inscrite le 18 février 2008, 14 contributions - 21 février 2008


Bijou, perle, cadeau précieux, à lire absolument !

Celle qui raconte, c’est la petite-fille. Son père aimait le piano plus que tout, sa mère aimait son père plus que tout, alors elle était souvent laissée chez sa grand-mère, qu’elle a aimé « comme il faut » et dont elle nous raconte ici l’histoire.
Sardaigne, seconde guerre mondiale, une beauté étrange et déjà trentenaire épouse par raison un veuf quarantenaire ; l’amour n’est pas là, et ne viendra jamais. Ce qui n’empêchera personne de vivre sa vie, lorsque les portes sont closes on ne connait jamais l’intimité profonde des foyers.

Et je n’en dis pas plus ! Dès les premières lignes, de toute façon, vous êtes piégés, il vous faudra tout lire, tout aimer, et relire encore et encore la lettre finale qui offre un éclairage –finalement très logique, mais – différent à ce que vous venez de lire.
Il y a tant dans ce roman, que je serais bien infoutue de mettre quoi que ce soit en lumière. On se laisse guider par l’atmosphère grisante, on aborde de front plusieurs sujets allant du grave au futile, tout a sa place, tout est juste et extraordinairement bien écrit.

C’est un coup de cœur, une petite merveille, et c’est si court, en plus, le temps d’une soirée à l’italienne : faites-moi confiance.

Cuné - Cabourg - Inscrite le 16 février 2004, 646 contributions - 31 août 2007


Ces quelques pages venues de Sardaigne pèsent beaucoup plus que leur poids !

Wwoouhf ! Quelle écriture, que ce petit bouquin sarde d'une centaine de pages.
La narratrice nous relate l'histoire de sa grand-mère, mariée à la fin de la guerre, lorsque les allemands quittent la Sardaigne.
L'histoire ordinaire d'une grand-mère peu ordinaire.

[...]«Bonjour princesse.»
Et ma grand-mère riait, émue et heureuse :
«Princesse de quoi ?»
[...]«Une princesse. Vous vous comportez comme une princesse. Vous ne vous souciez pas du monde autour de vous, c'est le monde qui doit se soucier de vous. Votre seule tâche est d'exister. C'est bien ça ?»

On découvre au fil des pages des personnages de plus en plus riches, de plus en plus complexes : celui-ci ou celle-là que l'on avait catalogué comme ci ou comme ça, se découvre finalement bien plus subtil, bien plus humain et ainsi de suite jusqu'à la pirouette finale.
Tous ces êtres embarqués dans la vie sont dépeints avec une profonde humanité : l'auteure aime véritablement ses personnages et ça se lit à chaque page.

BMR & MAM - Paris - Inscrit le 27 avril 2007, 125 contributions - 8 août 2007


Mal de pierres

Les grands-mères sont des écrivaines incomprises.

Antiphon77 - Hainaut - Inscrit le 11 janvier 2006, 11 contributions - 31 mars 2007


Histoire de familles !

Beau livre, certes, qui traite aussi de la fratrie des 2 grands mères... Comment se faire et garder sa place ? garder des relations avec leurs soeurs sereines, apaisées, etc... ? Quelle place donne t on au quand dira t on ? C'est aussi l'âge des charnières : âge où la narratrice, dont on ne sait rien, se marie, âge où ses grands mères ont fait des choix de leur époque, avec des conséquences que la moralité disait sans retour...

C'est très bien écrit, plus dans la suggestion que dans l'excès !
Très bel hommage.

Idelette - - Inscrite le 11 mars 2005, 44 contributions - 25 mars 2007


Deux femmes en marge au destin attachant

Deux histoires de femmes touchantes et cruelles ......
Non seulement celle de la grand mère paternelle de la narratrice, personnage central du récit, mais aussi celle de la grand mère maternelle , personnage en creux, moins romanesque, mais tout aussi attachant car représentant d'une catégorie de femmes qui toute leur vie ont expié leur "faute" en silence et dans la dignité et dont on peut regretter le trop peu de place qui lui est accordé dans l'ouvrage .

Alma - - Inscrite le 22 novembre 2006, 65 contributions - 18 mars 2007


à découvrir, pour la beauté de l'écriture, et pour la chute !

C’est l’histoire d’une grand-mère racontée par sa petite-fille. A l’automne 1950, sa grand-mère avait presque 40 ans : elle quitte alors pour la première fois son village sarde de Cagliari pour aller en cure thermale sur le continent : souffrant du mal de pierres (les calculs rénaux), elle ne parvient pas à mener à terme une grossesse. Là, elle rencontre le Rescapé, un homme qui lui offre écoute et attention. 9 mois après la cure naît un petit garçon : le père de la narratrice. On tombe vite sous le charme de cette histoire un brin désuète et intrigante : la grand-mère s’est mariée sur le tard, en 1943, alors qu’elle avait plus de 30 ans, elle entretient avec son époux une relation curieuse, généreuse pourvoyeuse de prestations de maisons closes, tout le monde l’a toujours considérée comme un peu folle, alors ce mariage venait à point nommé. On avance sereinement dans l’histoire, jusqu’à la dernière page qui offre un nouveau point de vue et nous fait reconsidérer totalement le récit !

Laure256 - - Inscrite le 23 mai 2004, 287 contributions - 13 mars 2007



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