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Le passage de la nuit
de Haruki Murakami, Hélène Morita (Traduction)
Catégorie(s) : Littérature => Asiatique
critiqué par Jules, le 19 février 2007
(Bruxelles - 64 ans)
La note: Moyenne des notes: (basée sur 5 avis)
L'univers de la nuit
Toute cette histoire va se passer sur une seule nuit. Elle commence à minuit moins dix et se termine à sept heures moins dix.
Une jeune fille de dix-sept ans environ, jeune étudiante, est installée dans un « Dennys », sorte de bar restaurant ouvert la nuit, plongée dans un gros livre. Elle s’appelle Mari. Entre un garçon, Takahashi un rien plus âgé avec un gros étui à musique à l’épaule. Son regard parcourt la salle et il s’installe d’autorité face à Mari qu’il reconnaît comme étant la sœur d’une certaine Eri.
Une conversation assez difficile s’installe entre eux. Elle est difficile, car Mari n’est pas causante à l’inverse de Takahashi. Celui-ci connaît surtout Eri et Mari insiste sur la merveilleuse beauté de sa sœur par rapport à elle qui, à l’écouter, serait une sorte de laideron.
Takahashi attend de se rendre à sa répétition de musique qui prendra toute la nuit et se tiendra dans une cave assez proche. Il s’étonne de la différence globale qu’il peut y avoir entre les deux sœurs. Il se demande bien comment, ayant les mêmes parents, ayant été élevées de la même façon, elles peuvent être aussi différente. Son verre bu et son sandwich mangé, il quitte le Dénnys. Il espère qu’il reverra Mari, vers cinq heures du matin, pendant sa pose.
Pendant ce temps l’auteur nous montre une jeune femme superbe, Eri, dormant profondément dans sa chambre. Elle est totalement immobile…
Takahashi parti, quelques minutes plus tard, entre une grande et forte femme dans le Dennys. Elle marche vers Mari et lui demande de l’aide. C’est Takahashi qui lui a conseillé de s’adresser à elle. Kaoru est gérante d’un « Love Palace », immeuble qui loue des chambres à l’heure, et elle a un gros souci. Une jeune chinoise est entrée avec un homme et ils ont pris une chambre. Mais l’homme est parti, sans payer, laissant la jeune chinoise de dix-neuf ans seule et rouée de coups. Elle ne comprend pas le japonais. Takahashi savait que Mari étudiait cette langue et c’est pourquoi il a conseillé à Kaoru d’aller la trouver.
Mari suit Kaoru et va découvrir le monde de la prostitution ainsi que le rôle de la mafia chinoise au Japon. Elle a une certaine tendance à s’identifier à la chinoise vu qu’elles ont le même âge. Un motard va venir chercher celle-ci et la ramènera à son « propriétaire » où elle risquera bien de recevoir de nouveaux coups. Quant à l’homme qui l’a quittée après l’avoir battue, il sera identifié et nous le retrouverons même quelques heures plus tard travaillant à son bureau.
La nuit passe et nous ferons de nouvelles incursions dans cette chambre où dort profondément Eri. Au petit matin Takahashi va retrouver Mira et parlera encore longtemps avec elle….
Un livre qui nous entraîne, curieux que nous sommes de savoir qui sont des gens comme Mari, Takahashi, Kaoru, Shirakawa et quelques autres.
Il ne se passe pas grand-chose, mais nous sommes malgré tout accrochés.
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Volume |
Editeur/Collection |
Pages |
ISBN/ASIN |
Parution |
Amazon |
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Le passage de la nuit |
Belfond
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229 |
2714442145 |
2007-01-04 |
go
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| Il y a 4 critiques éclairs sur ce livre |
| passable |
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Plus digeste que Kafka sur le rivage, mais pas beaucoup plus intéressant.
Les héroïnes se débattent contre elles-mêmes dans un univers sombre (la nuit, forcément).
Les personnages secondaires sont peu attachants, sauf la gérante du love hôtel, qui est plutôt farce.
Le principe des deux sœurs opposées est traité de façon caricaturale : la belle endormie, et le vilain petit canard qui s'ouvre à l'amour.
Bref, un peu soporifique.
Happy - - 35 ans - 22 novembre 2007 |
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| A tatons dans l'obscurité : une transition plus qu'un passage, peut-être |
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Un roman non dénué de qualités mais qui, force de rester une photo énigmatique sur la nuit (au sens et au figuré), manque cruellement d'intérêt et de consistance.
On retrouve certes ici la plupart des thèmes et procédés de l'auteur : poétique urbaine hyperréaliste, solitude et mélancolie, tentatives de réparation des blessures de l'abandon, interdépendances de personnages aux destinées qui se croisent sans se rencontrer, essai de percer (sans les expliquer) les mystères de l'ombre et de l'obscurité en mettant en dialectique réalité et imaginaire, et des personnages toujours attachants et "épais" dont la profondeur séduit plus que leur apparence.
Une nouveauté : le lecteur est pris à témoin avec l'auteur ou avec les autres lecteurs peut-être ? nul n'en saura rien si ce n'est que notre conscience et notre regard sont invités dans l'oeil de cet "oiseau de nuit" ou de cette caméra qui observent l'histoire en plans larges ou serrés, dans le réel autant que dans l'imaginaire.
"Ce paysage urbain, nous l'observons à travers les yeux d'un oiseau de nuit"..."nous nous confondons avec un oeil qui regarde (...) regard caché qui vole l'image". Et cet oeil pluriel observe l'histoire, avec une injonction de neutralité ("nous n'avons pas le droit d'intervenir") malgré une vaine trangression : "fuis !", "nous oublions la règle selon laquelle nous devons rester neutre".
Et c'est peut-être une frustration suplémentaire et inutile qu'occasionne cette intrusion du lecteur dans le roman car on se meurt effectivemet d'envie d'intervenir pour donner plus de sens à cette histoire qui en manque terriblement. Nous sommes là, témoins d'une "inquiétante étrangeté", à vouloir interroger l'écran de télévison ou le miroir qui dérobent leurs spectateurs. Mais dans ce roman comme dans la vie nous cherchons une proposition, un sens mais n'en trouvons finalement pas vraiment de substantiel ou de définitif. Et nous arrivons ainsi à la fin (à la mort ou la renaissance), avec un sentiment d'inachevé et de manque d'accomplissement.
Pour la première fois avec Haruki Murakami, me voilà resté sur ma faim, frustré comme un oiseau affamé bec ouvert, avec le sentiment d'avoir été entraîné dans un "passage" vide et illusoire et se retrouvant du coup sans ressort : peut-être - espérons-le - parce que l'auteur, force d'avoir déjà tant écrit, se cherche une nouvelle voie, un nouvel accès, un second souffle. Car les romans précédents rendent le lecteur exigeant et on sent bien en lisant "Le passage de la nuit" qu'haruki Murakami a peut-être bouclé la quadrature du cercle avec "Kafka sur le rivage" et écrit ici plus par habitude que par véritable inspiration.
L'écriture est belle certes et l'univers nocturne de Tokyo, glauque et anonyme mais très vibrant, exerce une certaine fascination, du coeur de la nuit jusqu'au petit matin, sous un ciel légèrement voilé par la pollution et "les roches de lune blanche" imprégnant un nouveau jour naissant, témoins de destinées urbaines, à la fois anonymes et singulières, abritées dans les rames des trains et sous ces toits qui se ressemblent. Mais cette écriture ne se suffit pas à elle-même et nous sommes bien loin de la profondeur des quêtes identitaires des "Chroniques de l'oiseau à ressort" ou de "Kafka sur le rivage", loin de la paranoïaque profondeur de l'esprit de "La fin des temps", de la "course au mouton sauvage" ou de "Danse, danse, danse", loin de la mélancolie et du jeu des fusions et distances amoureuses de "Au sud de la frontière, à l'ouest du soleil', "de la ballade de l'impossible" ou de "Les amants du Spoutnik".
"Le passage de la nuit" est pour moi, sans aucun doute, 3 crans au-dessous de ses autres romans et n'émerge plus avec autant de brio de l'énorme masse de romans insignifiants publiés chaque année. Si je l'avais lu en premier, je n'aurais certainement pas eu envie de "dévorer" les écrits de l'auteur, comme j'en ai eu envie après la lecture de "Kafka sur le rivage". Et si je l'avais lu en second, sans doute m'en serais-je tenu là.
Et voilà que de la nuit, étonnament, surgit un roman signé Haruki Murakami, dont la lecture n'est pas indispensable.
La question est désormais de savoir si l'auteur tourne en rond et s'épuise dans une quête personnelle, se servant du roman comme d'un miroir, ou si sa créativité s'adresse aussi à ce lecteur qu'il interpelle sans lui laisser le droit d'intervenir et se montre à nouveau plus généreuse .
Et tant pis si je n'en ai pas l'autorisation et viole la règle selon laquelle je devrais rester enthousiaste... Depuis l'oeil de l'oiseau de nuit, je dis aux autres possibles lecteurs : "fuyez Le passage de la nuit ! il ne s'y passe rien et on tourne en rond", afin que l'auteur puisse à travers notre immobilité soudaine, contempler la vacuité de ce roman et trouver une nouvelle source, un nouveau regard sur son univers, pour nous redonner envie de l'accompagner encore et encore dans sa quête de l'insondable.
Djidji - Neuilly sur Seine - 50 ans - 27 octobre 2007 |
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| Moyen |
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Amoureux de la nuit et sa faune éclectique, c’est avec de grandes attentes que j’ai entrepris la lecture de ce Murakami, espérant effacer cette opinion sournoise qui sommeille en moi, selon laquelle la réputation de cet écrivain serait surfaite. Ce sera peut-être pour la prochaine fois!
Après le mythique ‘Kafka sur le rivage’, les extravagances de l’univers Murakamien sont bien fades dans cet opus, d’autant plus que nombreux autres fabricants d’histoires ont déjà tenté l’exercice du lapse de temps limité, avec plus de succès. Je ne peux pas dire qu’un personnage se démarque par rapport à l’autre. Même si ceux-ci sont en interaction, je n’ai pas ressenti de connexion entre eux. Sans la présence d’émotions véritables et d’une trame romanesque solide, il ne reste que l’atmosphère mystérieuse à se mettre sous la dent. Dans le cas présent, ce n’est pas assez.
Aaro-Benjamin G. - Montréal - 38 ans - 27 juillet 2007 |
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| Opaque et dense comme la nuit |
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Atypique de Murakami. Un roman...que j'irai jusqu'a dire quelque peu glauque. Est-ce intéressant? Absolument. Murakami offre ici une nouveauté saisissante...son héros est...une femme! La jeune Mari Assaï, les autres personnages malgré une importance plus ou moins grande sont les satellites de l'univers de Mari.
Murakami, pendant une nuit nous fera faire le tour du cosmos symbolique de la jeune Japonaise, qui devra mettre un nom sur le mal qui l'abîme avant de pouvoir accéder à la plénitude intérieure.
Une belle ode à des questions aussi pragmatiques que le language dans l'approche du bonheur. Un roman placé de manière très intéressante face à une époque ou on s'occupe seulement de soi-même, en dépit des autres.
Pas son meilleur roman, mais extrêmement bien situé face à son oeuvre. Avec "Le passage de la nuit" Murakami se détache du courant d'auteurs "qui promettent le bonheur et la recherche spirituelle" avec sa lecture (I.E. Coelho...oui, j'ai déja vu la comparaison dans des journaux culturels...malheureusement). Bref, une autre raison de l'adorer
FightingIntellectual - Montréal - 25 ans - 9 mars 2007 |
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